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Tous les billets de novembre 2008

Le clip qui fait peur

Non classé 1 commentaire »
26 nov 2008

Nadine Morano l’avait dit peu de temps après avoir pris ses marques au secrétariat d’Etat à la famille : l’internet, c’est le danger dans la maison. Après avoir publié une plaquette avec Xavier Darcos sur le sujet en septembre, elle présente cette fois un petit film dont le but est de sensibiliser enfants, adultes et tous les utilisateurs innocents et naïfs du réseau. Il sera diffusé à la télé au moment de la période de Noël, entre les pubs pour les téléphones mobiles, et celles pour les consoles de jeu. Le voici ci-dessous.

Paraît-il qu’il aurait déjà reçu des prix. Parmi lesquels, sans doute, celui du clip le plus anxiogène. Après avoir lu ce post, vous êtes prié de quitter ce site, couper votre accès web, jeter votre unité centrale, brûler votre écran, écraser votre mobile, manger vos cartes sim. Et d’exiger la carte d’identité à l’entrée de votre immeuble.

Au passage, on a l’impression d’une pub américaine, doublée en Français (non ?).

Si vous trouvez mon Ipod, merci d’écrire à France Culture, qui transmettra

Histoire, Son, Technologie 2 commentaires »
13 nov 2008

J’ai perdu mon Ipod. Quelque part, dans le train ou dans une salle de cinéma de Pessac (1). On se méfie des virus, on se méfie des malwares, des cookies, des intrusions de toute sorte dans son système, on se barde de pare-feux. Mais rien ne vaut la bonne vieille faille humaine, la poche ouverte au mauvais moment, le manteau qui glisse. Expression vestimentaire du social engineering. 

Mes deux derniers souvenirs ipodesques sont les suivants (sans nostalgie, parce qu’il faut pas non plus hein bon). Il s’agit d’abord du long et douloureux processus par lequel il faut passer pour changer de poste de référence pour l’Ipod, sans effacer ce qui a déjà été téléchargé depuis des mois. Oh le bel exercice. Oh le beau cas d’école pour expliquer la différence entre système libre et système propriétaire. Car la souplesse n’est pas la caractéristique de l’Ipod (litote). Il faut jongler entre les fichiers, downloader, uploader, tenter sa chance, faire des hypothèses, prendre des risques, aller faire un tour sur les forums de vos frères ipodeurs à la dérive… Bref, sortir des automatismes Itunes/ Ipod est fortement déconseillé par Itunes/ Ipod.

L’autre souvenir, c’est celui d’une réécoute. L’ai-je déjà écrit ici ? Je milite pour l’idée suivante : la cinéphilie est née de la possibilité pour le grand public de voir et revoir des oeuvres fugitives. A savoir des films, d’abord en salle de cinéma, puis en VHS, puis en DVD. Chaque support renforçant la souplesse de la re-vision. Dans la même logique, le podcast permet l’écoute et la réécoute de masse d’émissions fugitives… De là (re)naîtra la radiophilie.

Bref. Le second souvenir de cet Ipod et de ce qu’il contenait est donc celui d’une réécoute : un épisode de la “grande traversée” Truffaut, diffusée cet été sur France Culture, signée Serge Toubiana et Manoushak Fashahi. Précisément, une archive des Après-midis de France Culture (circa 1975), trouvée par MF. On y entend un Truffaut calme, pas du tout dans l’énergie nerveuse/ passionnée qu’on ressent souvent chez lui. Il est étonnament posé. Et puis il parle seul. Les questions de son interlocuteur ont été coupées, mais de telle manière qu’on les devine quand même. On ne les entend pas mais, d’une certaine manière, elles n’ont pas disparu. Etonnant, non ? Une fois de retour au direct, au studio 168, on comprend que cet entretien, signé Michel Gonzalès, a été mené dans le noir, à la demande de Truffaut. Voilà pourquoi ce ton/ son inhabituel.

Tout cela pour dire d’une part que c’est seulement l’analyse, la réécoute, la deuxième lecture qui permet de se dire tout ça. La première écoute étant celle de la surprise et du questionnement. Et d’autre part que l’innovation en radio reste simple, à portée de main. Une interview dans le noir, et l’absence de question. Rien ne très sophistiqué là-dedans. Et pourtant, ça marque. Tentons, tentons, il en restera forcément quelque chose.

(1) J’ai fait un passage éclair, trop éclair, à Pessac (33), hier. Dans le cadre du Festival international du film d’histoire, j’ai rencontré quelques élèves journalistes de l’IJBA, qui ont produit des reportages multimédias sur le thème “2008 : mémoires de la guerre”. Allez-y donc voir, c’est en ligne. Bel exercice que de savoir quel média choisir en fonction du sujet, comment articuler chaque forme d’expression (vidéo, son, texte) dans un propos global…

Braffort, comme ça

Son 2 commentaires »
8 nov 2008

“Adieu la maison et ses verticales/
sa toiture mauve et ses volets gris/
sa radio béante et dominicale/
Adieu la maison dont je suis parti/ (…)
Adieu cette ville où meurt ma mémoire”

Paul Braffort.

Un petit vélo dans la foule

Technologie 1 commentaire »
3 nov 2008

 

 © Crowdspirit

 

Les plus hypermnésiques d’entres les auditeurs de Place de la Toile se souviennent sans doute de Lionel David et de Crowdspirit. Lionel David était l’invité de l’émission que nous avons faite en direct de la MC2 de Grenoble, le 19 septembre. Le principe de cette start-up (grenobloise géographiquement, mondiale dans son principe), c’est d’externaliser la conception d’objets industriels vers la foule (électronique, forcément, uh uh). 

Au départ, la foule devait être l’initiatrice de l’objet. Douce utopie. Lionel David nous l’expliquait : le centre de décision a aujourd’hui glissé, et c’est l’entreprise qui a la main. Un coup de canif dans le participatif pur et parfait. Realpolitik, quand tu nous tiens. N’empêche que, malgré tout, Crowdspirit continue et ne mérite pas encore complètement de changer de nom. Lionel David et son équipe viennent de lancer un nouveau chantier, qui se résume en un slogan : “Imaginez le vélo urbain de demain”. 

L’opération se déroule en plusieurs étapes, avec un calendrier précis. On va voir, au final, à quoi l’effet “plateau de réflexions” du réseau va aboutir, quand il est organisé avec méthode. Déjà 22 propositions au moment où j’écris ces lignes. Il y a de l’argent à gagner, qui plus est. Je ne suis pas assez cycliste urbain pour avoir des idées ad hoc. Mais vous ?