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Tous les billets de janvier 2009

Phonothèque

Son, Technologie 0 commentaire »
28 jan 2009

Découverte du soir : comment étais-je passé à côté de ce site-ressource/ blog ? Mystère ! C’est celui des carnets de la Phonothèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH)… Riche. Vu par un lien trouvé sur le blog d’homo-numericus, le site animé par Pierre Mounier, qui était l’un des invités de la dernière Place de la Toile.

Arts-relais & podcast : au début de “quelque chose”…

Histoire, Son, Technologie 2 commentaires »
22 jan 2009

Dans un post précédent, j’avais envisagé d’aborder la question des “arts-relais” à l’âge du podcast. Sinon, aussi, je pouvais me dire que j’allais faire l’Everest en 24h, réconcilier les deux Corées, ou faire une bataille navale avec Barack Obama. Ce genre de choses simples à organiser. Innocent que je suis, je passais, depuis, mon temps à repousser le moment de mettre l’ouvrage sur le métier.

Le sujet est revenu par le biais d’une question, entendue à Metz, dans la bouche de Pierre Morelli, lors d’une petite conférence la semaine dernière. Où justement, il était question d’information et de web. Et tout à coup, le nom de Pierre Schaeffer jaillit dans la conversation. Et la question des arts-relais : le web a-t-il connu l’âge de l’expérimentation adaptée ?

Selon la définition de Schaeffer, l’art-relais est un forme d’expression qui comprend une part artistique, où l’on peut parler d’oeuvre, et une part de message à transmettre. (Tout cela étant présentement vite dit). Le cinéma, la photo, la radio, la télévision sont des arts-relais selon cette terminologie. Et dans les âges de développement des arts-relais, il y a la période d’expérimentation. Sur les matériaux, sur les structures, sur les messages… Concernant la radio, Pierre Schaeffer a conduit cette expérimentation, à travers le Studio d’essai, qu’il dirigeait, puis Le Club d’essai, auquel il participait. Il a translaté ce questionnement pratique sur la télévision par la suite au Service de la recherche de l’ORTF. Avec, dans chaque cas, un contact des productions avec le public.

Appliquons l’idée au podcast sonore. Aujourd’hui, ce mode de diffusion reste très largement un miroir des médias “broadcasts”, traditionnels et de flux. Simplement, on découpe la production : en émissions, en reportages, en “éléments”. Même les productions spécifiquement web, non émises sur les ondes auparavant, restent encore très liées aux formes initiales. Des expériences existent… Mais l’étape de questionnement systématique, décrite par Schaeffer, reste encore à aborder. Pour le moment, ça se passe de manière diffuse. Et ça le restera, évidemment, mais on peut imaginer des lieux destinés à essayer, à tenter, à goûter. Et aboutir, au final, à une vraie connaissance de la production “délinéarisée”, du point de vue artistique et technique (art & relais). Une grammaire reste à construire, et elle n’existera en temps que telle que si quelques individus s’immergent dans cette forme d’expression.

“La radio n’en est encore qu’à ses débuts. Elle est souvent ventriloque, elle se contente d’adapter des genres qu’elle emprunte aux autres arts”. Cette citation de Blaise Cendrars, dont je n’ai malheureusement pas retrouvé l’année (je crois 1938, de mémoire incertaine), peut s’appliquer au podcast, au son essaimé dans le réseau.

Ne serait-on pas au début de “quelque chose” ? Joie, non ?

L’info façon puzzle, Josh Cohen dans Libération

Journalisme 1 commentaire »
13 jan 2009

Retour timide. Suscité par la lecture d’un entretien dans un journal en papier, oui oui ! Josh Cohen, sur toute une page dans Libération aujourd’hui, questionné par Frédérique Roussel. Josh Cohen est le patron de Google News. Et autant dire qu’aux yeux de pas mal d’éditeurs de presse, en ligne ou en papier ou mixtes, il n’est pas le meilleur ami de la famille. Propos et réactions.

“Nous voulons continuer à croître, à gagner des utilisateurs et à engranger plus de publicité. C’est la nature du business”. Face au reproche de position dominante, voire “d’aspirateur” à publicité, ou encore de désintermédiateur dans le domaine de la pub et du placement de pub en ligne, Josh Cohen ne dit pas non. Il rappelle au passage la “volatilité” du succès d’un site. Et poursuit son chemin sur l’air de : “Tant que je gagne, je joue”.

“[Pour aider la presse] il existe trois niveaux sur lesquels jouer : gagner plus d’utilisateurs, avoir un meilleur contenu, ou gagner plus d’argent avec plus de publicité”. Sur ce dernier point, Josh Cohen est plutôt optimiste, il parle de “période de transition”, et ajoute que “les dollars vont suivre”. Pas un mot sur la crise financière, ça change. Voilà qui devrait rassurer, à défaut de les nourrir tout de suite, les nouveaux entrants comme Slate.fr, qui se lance aussi sur un modèle gratuit/ publicitaire. Sur la question du contenu, Josh Cohen sert le discours habituel de la firme de Mountain View : Google n’est qu’un outil, ce n’est pas un producteur de contenu. “Nous sommes une entreprise de technologie”, dit-il. Le discours tient un temps, mais la frontière est parfois ténue entre la technologie et le contenu (cf. Google Maps, par exemple). Et derrière le propos, il y a la question de la neutralité de la technologie (et cette manière de faire entendre : “nous ne sommes qu’un moteur de recherche”), qui peut être à bien des égards discutable…

Et le futur, Mr. Cohen ? “Les changements poussent les éditeurs à explorer de nouvelles pistes de journalisme. (…) Internet est un autre média, ­l’information en ligne peut raconter des histoires sans être le décalque du papier sur un écran d’ordinateur.” Voilà qui rejoint une préoccupation personnelle. Dans les rédactions, aujourd’hui et demain, le lien devra être constant et étroit entre le technicien et le journaliste. Technicien éditorial/ journaliste informaticien : c’est cette hybridation, dégagée de la forme de méfiance ou de mépris qu’on trouve parfois chez les journalistes à l’égard de la technique, qui fait/ fera d’une publication un acteur majeur et innovant. Le propos et sa forme (dynamique, nouvelle, adaptée) iront ensemble, du fait de cette collaboration de plain pied. Après, est-on obligé de “raconter des histoires”, comme le dit Josh Cohen ? Question de culture journalistique, sans doute, de part et d’autre de l’Atlantique…

Une question qui n’est pas abordée dans cette interview, c’est l’éclatement du contenu journalistique du fait des moteurs de recherche d’information, et de Google News en premier lieu évidemment. On ne cherche quasiment jamais un journal, mais plutôt un sujet qui nous fait arriver sur un article/ un son/ une vidéo. Le fonctionnement décrit par Josh Cohen remet en cause la cohérence de la publication en ligne. A tout le moins la visibilité de cette cohérence. Dans le monde de Google News, une publication qui existe est une publication éclatée, ventilée façon puzzle en autant d’unités que d’articles. Mais, dès lors, le futur de l’information sur internet passe-t-il par des journaux ou magazine en ligne ?