Mais bien sûr que c’est une honte d’appeler ça un blog. Effectivement. Pas un post en presqu’un mois. Je pourrais plaider l’emploi du temps, ce qui ne serait que vérité pure ; ou alors évoquer la fin du phénomène blog tu sais maintenant pffh depuis twitter, mais ce serait mauvaise foi crasse ; ou encore mentir effrontément en prétextant un bug je te jure j’avais trois beaux billets en mémoire et puis scratch, je sais pas ce qui s’est passé…
Mais finalement, je préfère tout bonnement battre une coulpe (la mienne), et passer vite à un autre sujet. Début 2005, j’avais été frappé par la découverte du blog de Jean-Luc Bitton, écrivain, autour d’un livre en cours : la biographie du dadaïste Jacques Rigaut. Depuis, Bitton maintient le rythme et poursuit son travail. Ce qui non seulement prépare le lecteur de la future bio, mais crée une forme artistique de références et de propos sur Jacques Rigaut, qui existeront sans et après le livre.
D’autres se sont prêtés à l’exercice. Frantz Vaillant, notamment, qui a fait de son blog un vrai bonus de sa biographie de Roland Topor. Vidéos, dessins, photos. Là , le livre est sorti, en l’occurrence chez Buchet-Chastel (pas mal du tout, au passage, riche).
Et là , je viens de tomber sur “Monsieur Bob”, par Olivier Bailly. C’est une biographie de Robert Giraud, écrivain méconnu, compagnon de bistrots de Prévert et Doisneau, et “dernier arpenteur de Paris, la ville-poème. Ce travail avait aussi fait l’objet d’un blog, un peu énigmatique je trouve (du fait aussi du côté homme de l’ombre de son héros), sorte de long teasing pour le livre. Qui vient donc de paraître. Je l’ai seulement entre les mains, vais l’attaquer. Mais de voir l’objet, cela donne toute sa valeur au blog, la démarche est complète. Beau geste, donc.
Mais pourquoi le blog est-il un format qui a séduit particulièrement ces biographes ? Solitude de l’enquête à contrer, désir d’échange en cours de travail, volonté de séduire par son sujet… Tout ça sans doute. Et ça marche, au moins sur moi, puisque j’ai lu le Topor de Vaillant, j’ai remarqué le Monsieur Bob de Bailly, et j’attends impatiemment le Rigaut de Bitton.



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18 avril 2009 à 11:25
“Pourquoi le blog est-il un format qui a séduit particulièrement ces biographes ?”, demandez-vous.
Déjà , je ne me considère pas comme un biographe. Le bouquin que vous avez entre les mains, je ne voulais pas qu’il s’apparente à ce genre de travail.
Même si j’ai emprunté les mêmes chemins que le biographes : recherches longues et parfois fastidieuses dans les bibliothèques (Bilipo, Bnf, etc.), dans les archives de magazines, auprès de témoins nombreux (la partie la plus plaisante).
Mais je voulais que la forme de ce livre corresponde à la démarche “sinueuse” de Robert Giraud. La forme doit rejoindre le fond et il me fallait me promener en sa compagnie ddans le Paris nocturne. Bob n’est pour moi un objet ni un sujet, mais un compagnon.
S’il n’avait pas existé il aurait été un personnage. D’où le terme de récit. Même comme il a existé, il faut citer ses sources ! D’où le terme “biographique”.
C’est un entre deux. Et ça me plaît.
Pourquoi le blog ?
Dans ce cas précis, parce qu’il me permettait de manière tout à fait pragmatique de “lancer” l’idée dans le vaste monde ! Bob Giraud est un inconnu célèbre. Connu des artistes, des écrivains et des amateurs éclairés des bistrots parisiens, mais inconnu du public.
Il me fallait me faire une idée de sa “notoriété”. Le blog m’a permis de mesurer que le personnage de Bob Giraud suscitait un intérêt (relatif, certes), une curiosité chaleureuse. Beaucoup de gens ont découvert ce “drôle de bonhomme”, anarchiste et solitaire, libre. Beaucoup aussi qui l’ont connu sont venus à moi. Le blog a rempli sa fonction en ce qui concerne mon travail d’enquête. Il m’a permis de rencontrer des témoins.
Et puis, tenir ce blog chaque semaine m’a permis d’ordonner mes idées et de constituer une sorte de plan de travail pour le livre.
Les statistiques du blog m’ont confirmé certaines directions que je devais prendre et d’autres que je devais abandonner.
Enfin le blog m’a permis de montrer de nombreux documents (photos, dessins et même films, parfois) impossibles à publier dans mon petit livre.
J’espère n’avoir pas été trop long (et suffisamment clair). Merci en tous les cas pour votre commentaire et votre lecture attentive.
Olivier Bailly
28 mai 2009 à 8:33
C’est grâce au blog d’Olivier Bailly que j’ai découvert Robert Giraud. Je n’ai lu son livre - excellent - il y a seulement quelques jours, et j’en ai parlé… sur mon blog :
http://dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/2009/05/26/%C2%AB-le-copain-de-doisneau-%C2%BB-sort-du-rade/