Le changements de supports et de mode de diffusion des contenus audiovisuels modifient le nom des choses, et appellent à l’invention. Quand on tente d’imaginer ce que pourra être la vidéo en ligne à terme, c’est-à-dire autre chose qu’une image de télévision plaquée sur un écran d’ordinateur ou sur tout écran mobile, les mots sont vite dépassés. Car enfin : “vidéo”, c’est déjà limitatif. Tout comme “émission”, “documentaire”, “fiction”… Il manque toujours la dimension de navigation, d’ergonomie, de portabilité qui devrait se faire entendre, et marquer la différence. Car ces dimensions changent l’oeuvre/ la production, l’implication du regardeur.

Un interlocuteur parlait l’autre jour d’”images qui bougent”. Et il a raison, il n’y a guère que ce vocabulaire, indéterminé, qui permette de saisir toutes les possibilités offertes et l’incertitude qui l’accompagne.

Sur le front de la radio, si l’idée d’”essaimage” sonore est portée au plus loin, la question du format (forcément régulier sur une antenne) saute. Si l’on radicalise cette logique : une production dure ce qu’elle “doit” durer, puisque l’auditeur choisit le moment où il est disponible pour écouter (tout ça n’est pas d’un bloc, évidemment). La frontière entre les genres - reportages/ documentaire notamment - est alors plus ténue. Encore une question de classification et d’invention de termes. Mais la question de la navigation et de l’ergonomie est moins forte, moins déterminante.

A moins qu’en réalité, cela nous mette devant un impératif encore plus grand d’innovation. Inventer la navigation web “dans” le son, comme il en existe une “dans” l’image… Des liens, des “interfaces” qui se passeraient de tout graphisme pour entrer directement dans nos oreilles. Mmmh… faut que je me repose, moi ;-)