Hypothèse/ synthèse d’un soir, lancée au hasard de twitter, qui a déclenché un petit échange avec François Bon il y a quelque temps.
Voilà le constat de départ : sur twitter, je suis un “follower” de Ellen DeGeneres*. Ou plus exactement du fil twitter du Ellen DeGeneres Show. Pourquoi, comment ? Je ne sais plus. Je n’ai, je crois, jamais vu cette émission, et pas plus depuis que je suis ce fil. Pourtant, je reste abonné. Elle y envoie, ou fait envoyer, quelques blagues, teasing d’émissions à venir… Cette existence sur twitter, ce n’est pas le show mais c’est l’émission quand même.
Plaçons-nous alors du côté du “récepteur”, internaute-télespectateur. Il ne regarde pas le “show”, mais il connaît une réception de la production de Ellen DeGeneres. Et je proposais le mot de “réception faible”, par analogie avec les fameux “liens faibles” développés dans les réseaux sociaux entre les acteurs.
Sur le long terme, l’internaute ira peut-être voir le show. Mais il suit déjà l’émission. C’est ce que les broadcasters de tous les pays doivent comprendre en installant une vraie présence, et de l’échange “qualifiée” et pas simplement du marketing, sur les réseaux sociaux. Bref, penser leurs émissions à l’âge du RSS et du partage constant. Et en conséquence, envisager la sacro-sainte audience avec des mesures intégrant cette diversité d’attention.
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Tiens, puisqu’on en est aux questions de vocabulaire… Un contenu web qui passe sur papier, on appelle ça le “reverse publishing”. Et un contenu radio ou télé, qui passe d’abord par la case web, on appelle ça comment ? Du “reverse broadcasting” ?
*ça marche aussi avec Des Chiffres et des lettres, mais je n’ai pas trouvé leur fil twitter.
[Ajout de 23h14. Lors une conversation postérieure à la rédaction de ce billet, avec un producteur de documentaires old media qui veut penser sa bascule vers le nouvelles formes de diffusion, nous sommes arrivés à la conclusion suivante : la transition sera réussie quand un documentaire commencera, par exemple, avec le premier message twitter envoyé depuis le terrain. Le documentaire comme un ensemble de moments, eux-mêmes composés d’une multitude de signaux plus ou moins denses].



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3 juin 2009 à 18:03
Excusez-moi mais cela fait deux billets où je ne vous comprends pas très bien. D’abord, vous vous étonnez et vous réjouissez en même temps qu’en rencontrant par hasard le sujet d’un podcast, la vie vous mette joliment en abyme. Puis vous dissertez sur la façon dont un certain “réel” se documentariserait par Twitter.
Si je puis me permettre, vous habitez des réalités particulières, celle des réseaux sociaux et celle des mondanités (sans vouloir être péjoratif - je ne trouve pas d’autre mot), que peu de gens mixent autant que vous.
8 juin 2009 à 16:41
Cher Etienne,
Si je mixe, c’est une déformation professionnelle. Cela dit, on n’est pas ici sur le site de la vérité absolue et définitive. Mais du côté du petit bout de la lorgnette. Infiniment subjectice, la lorgnette.
C’est marqué en haut : “Propos de passage”.
Certes, j’habite des réalités particulières. Comme tout un chacun, d’ailleurs, je l’espère. Alors celle des réseaux sociaux, ou une autre. D’ailleurs ce n’est qu’un des mes centres d’intérêts. Je collectionne aussi les Tours Eiffel en liège. Mais j’en parle moins.
Je parlais de twitter et du documentaire dans la logique suivante : la diffusion des oeuvres, notamment audiovisuelles, change. Il y a une fragmentation de l’audience, une fragmentation de la “consommation” audiovisuelle, et en parallèle une multiplication des formes d’expression, elles aussi fragmentées.
Par conséquent, imaginons l’évolution des formes de création. Et si un documentariste ouvrait un fil sur twitter, en amont du tournage d’un documentaire par exemple ? Pour donner des indices, pour maintenir une tension en attendant la diffusion du documentaire en question par des canaux plus pratiques ? Ca existe déjà , des programmes accompagnés sur des réseaux sociaux. Ce qui existe moins, c’est la tournure d’esprit (chez les producteurs, chez les diffuseurs, chez les artistes…) qui autorise à se dire que ce type de communication, c’est DEJA l’oeuvre, le film, le documentaitre… Voilà ce que je voulais dire.
Quant à ma supposée mondanité, je disais encore hier à Louise de Vilmorin que j’avais trouvé Cocteau un peu vif avec Darius Milhaud. Elle en a convenu tout à fait. Eh bien ça, je n’en ai absolument pas parlé sur ce blog.
Vous l’aurez noté.