Rémo Forlani, homme de radio. Il faisait partie de cette génération qui s’était rêvée autre - écrivain surréaliste, peintre, peut-être. Et qui, enrichi de son parcours et de cet horizon, s’était retrouvée derrière un micro pour faire autre chose. De la radio.
J’avais parlé deux fois avec Rémo Forlani. Il se baladait souvent dans le coin des Gobelins, à Paris. Je me souviens de lui, sortant à toutes bombes du marchand de journaux, ou assis tranquillement sur un banc, une grande jambe sur une autre, ou au café - l’Interlude ou le Canon des Gobelins… C’est à cette dernière table que je l’ai aperçu une dernière fois, en septembre je crois, à l’orée du boulevard Arago, qui fut aussi celui de Tardieu et de Crémieux, autres voix de radio…
Rémo Forlani m’avait dit quelques mots sur Gérard Sire, dont il fut le collaborateur dans sa maison de production “Pilote productions” dans les années 60 : une ruche créatrice où se retrouvaient aussi Jean Yanne, Jacques Martin, Claude Lelouch… Dans son autobiographie “Toujours vif et joyeux”, il donnait l’impression d’un slalomeur dans la vie artistique. Cinéma, théâtre, dessin, radio… Compagnon de route de Resnais, scénariste pour un Tintin de cinéma, travaillant à la télé, à la radio. Et connaissant son premier grand succès au théâtre.
Ses lignes donnent l’impression qu’il n’était pas peu fier de ce slalom et en même temps, comme souvent, le regret d’un manque de reconnaissance par manque de “spécialité”. Voix parlant de cinéma sur RTL, Rémo Forlani a eu la vie d’un pionnier de la pop culture, et du mélange artistique qui l’accompagne. Pop, Rémo, pop !





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