J’ai assisté la semaine dernière, mercredi 15 octobre, à une conférence autour des Creative Commons à La Cantine, Paris 2e. C’était en réalité le premier salon CC en France. On trouvait là entre autres Mélanie Dulong de Rosnay, Matthieu Pasquini (éditeur avec In Libro Veritas), Silvain Gire d’ARTE Radio, que je connais bien (je travaille avec lui depuis lurette !)… Et puis aussi le dynamique Michel Briand, élu à Brest et directeur de la formation de Télécom Bretagne (ex-ENST Bretagne).

Petit zoom sur son intervention. Il a tenu des propos très intéressants, et frappés au coin du bon sens, résumés dans une question : pourquoi les administrations en France n’ouvrent-elles en ligne pas leurs documents de travail, leurs archives, leurs productions ? « Les Anglais le font déjà », me disait-il avant la conférence. « On les dit plus libéraux que nous, mais ils valorisent mieux que nous les travaux de leurs services publics ». Et pourquoi ne pas les ouvrir - donc - en Creative Commons, ce qui autoriserait et encouragerait la circulation de ces productions publiques (puisqu’il s’agit bien de propriété intellectuelle et de diffusion de contenu. Explication wikipédienne ici). Voilà qui bousculerait la bonne vieille Cada, camarade de classe de bien des anciens étudiants en sciences politiques !

A l’appui de cette réflexion, il prenait l’exemple d’une ville ou d’une région qui commanderait une étude à un cabinet d’expert, l’utiliserait comme prévu, puis la mettrait « au pot commun » : en ligne, à disposition. Et en particulier à disposition d’autres villes ou d’autres régions, qui pourraient ainsi éventuellement faire l’économie de l’étude en question. Ou qui pourraient l’adapter à leur cas propre. L’idée ne doit pas faire plaisir aux consultants, mais sans aucun doute au contribuable.

Ce soir, Caroline Broué et moi avons enregistré le numéro de Place de la Toile qui sera diffusée demain, autour du plan « France numérique 2012 », présenté en début de semaine par Eric Besson, qui est précisément notre invité pendant une heure.

Un des axes de ce plan (il y en a tellement que celui-ci est resté noir sur blanc sur ma feuille, pas pu en causer !), c’est justement l’administration à l’heure du numérique. L’accès aux administrations par le réseau, interopérabilité entre les administrations, échanges en ligne… Et finalement, cela dessine quelque chose qui pourrait être le préalable à l’« administration opensource » telle qu’elle est imaginée par Michel Briand. Alors pourquoi pas un cran plus loin ?