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Comme une petite insistance

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Voilà ce que serait le nuage de tags de ce blog, s’il en avait un. Découvert Wordle aujourd’hui, qui permet de fabriquer ce type d’image en quelques clics. Beau travail de typographie (à ce point, c’est rare). A souligner, comme ça, en passant. C’est une autre manière d’analyser le contenu d’un site. Et là, je me rends compte que sur les derniers billets, peut-être que j’ai un peu insisté sur un certain moteur de recherche…

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(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Invention, son, navigation

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Le changements de supports et de mode de diffusion des contenus audiovisuels modifient le nom des choses, et appellent à l’invention. Quand on tente d’imaginer ce que pourra être la vidéo en ligne à terme, c’est-à-dire autre chose qu’une image de télévision plaquée sur un écran d’ordinateur ou sur tout écran mobile, les mots sont vite dépassés. Car enfin : “vidéo”, c’est déjà limitatif. Tout comme “émission”, “documentaire”, “fiction”… Il manque toujours la dimension de navigation, d’ergonomie, de portabilité qui devrait se faire entendre, et marquer la différence. Car ces dimensions changent l’oeuvre/ la production, l’implication du regardeur.

Un interlocuteur parlait l’autre jour d’”images qui bougent”. Et il a raison, il n’y a guère que ce vocabulaire, indéterminé, qui permette de saisir toutes les possibilités offertes et l’incertitude qui l’accompagne.

Sur le front de la radio, si l’idée d’”essaimage” sonore est portée au plus loin, la question du format (forcément régulier sur une antenne) saute. Si l’on radicalise cette logique : une production dure ce qu’elle “doit” durer, puisque l’auditeur choisit le moment où il est disponible pour écouter (tout ça n’est pas d’un bloc, évidemment). La frontière entre les genres - reportages/ documentaire notamment - est alors plus ténue. Encore une question de classification et d’invention de termes. Mais la question de la navigation et de l’ergonomie est moins forte, moins déterminante.

A moins qu’en réalité, cela nous mette devant un impératif encore plus grand d’innovation. Inventer la navigation web “dans” le son, comme il en existe une “dans” l’image… Des liens, des “interfaces” qui se passeraient de tout graphisme pour entrer directement dans nos oreilles. Mmmh… faut que je me repose, moi ;-)

Allô, la radio ?

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On a de temps en temps ce sentiment, celui de l’évidence, de la simplicité… allié à celui de la nouveauté. C’est ce qui s’est passé lors de la préparation de l’émission diffusée le 17 avril qui nous a permis d’interroger Robert Spier, directeur des activités numérique de NPR, la radio publique américaine. Parmi toutes les initiatives en ligne de NPR (dont le partenariat avec l’excellente opération StoryCorps, really exciting ! - - mais qui fait en ce moment un appel aux dons pour pouvoir maintenir ses studios mobiles), un tout petit rien ne cesse de me trotter dans la tête. Cliquez donc là (ou regardez l’image ci-dessous).

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C’est l’interface du site mobile de NPR. Qu’y voit-on ? Qu’y voit-on d’étonnant ? Aux côtés du nom de l’émission, et du mot “stream”… il y a le mot “call”. Qui signifie qu’on peut écouter le podcast en “appelant”. Le support de cette offre de contenu étant a priori un smartphone du type Iphone, NPR propose, pour entendre ses productions, d’utiliser le téléphone comme… un téléphone ! Et effectivement, en cliquant sur call, un numéro est composé. La voilà, la simplicité de l’évidence.

En ça, NPR revient même sur les premiers rapports entre productions sonores et téléphone. Les premières retransmissions de spectacles à distance se faisaient par téléphone (en filaire), alors que les conversations de personne à personne se faisaient par les appareils de radiodiffusion.

   

Les blogographes

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Mais bien sûr que c’est une honte d’appeler ça un blog. Effectivement. Pas un post en presqu’un mois. Je pourrais plaider l’emploi du temps, ce qui ne serait que vérité pure ; ou alors évoquer la fin du phénomène blog tu sais maintenant pffh depuis twitter, mais ce serait mauvaise foi crasse ; ou encore mentir effrontément en prétextant un bug je te jure j’avais trois beaux billets en mémoire et puis scratch, je sais pas ce qui s’est passé…

Mais finalement, je préfère tout bonnement battre une coulpe (la mienne), et passer vite à un autre sujet. Début 2005, j’avais été frappé par la découverte du blog de Jean-Luc Bitton, écrivain, autour d’un livre en cours : la biographie du dadaïste Jacques Rigaut. Depuis, Bitton maintient le rythme et poursuit son travail. Ce qui non seulement prépare le lecteur de la future bio, mais crée une forme artistique de références et de propos sur Jacques Rigaut, qui existeront sans et après le livre.

D’autres se sont prêtés à l’exercice. Frantz Vaillant, notamment, qui a fait de son blog un vrai bonus de sa biographie de Roland Topor. Vidéos, dessins, photos. Là, le livre est sorti, en l’occurrence chez Buchet-Chastel (pas mal du tout, au passage, riche).

Et là, je viens de tomber sur “Monsieur Bob”, par Olivier Bailly. C’est une biographie de Robert Giraud, écrivain méconnu, compagnon de bistrots de Prévert et Doisneau, et “dernier arpenteur de Paris, la ville-poème. Ce travail avait aussi fait l’objet d’un blog, un peu énigmatique je trouve (du fait aussi du côté homme de l’ombre de son héros), sorte de long teasing pour le livre. Qui vient donc de paraître. Je l’ai seulement entre les mains, vais l’attaquer. Mais de voir l’objet, cela donne toute sa valeur au blog, la démarche est complète. Beau geste, donc.

Mais pourquoi le blog est-il un format qui a séduit particulièrement ces biographes ? Solitude de l’enquête à contrer, désir d’échange en cours de travail, volonté de séduire par son sujet… Tout ça sans doute. Et ça marche, au moins sur moi, puisque j’ai lu le Topor de Vaillant, j’ai remarqué le Monsieur Bob de Bailly, et j’attends impatiemment le Rigaut de Bitton.

Démanteler Google ?

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Il y a comme qui dirait des faisceaux. Des faisceaux qui vont dans le sens d’une nette fragilisation de l’image de Google. Vous savez, le moteur de rech… Ah non, le webmail… Ah non, le fournisseur de cartes géogr… Ah non, le bureau à distance… Naon ! le fabricant de téléphon… Non, non, non, le navigat… Non plus.

Bref. Plusieurs épisodes récents ont fait quelque bruit, voire inquiété les utilisateurs (dans ce cas-là, d’ailleurs, twitter est une magnifique chambre d’écho de ces angoisses, en temps réel) :
> L’incident sur le moteur de recherches (Le 31 janvier, les sites trouvés étaient tous signalés comme dangereux par le moteur).
> la panne de Gmail
> la (légère) instabilité de Google Docs.
> la prise de parole publique de Peter Fleischer, le responsable de la protection des données personnelles chez Google, qui s’est fendu d’une tribune dans Libération le 3 mars pour expliquer que afficher la chose suivante : “Le service Street View respecte-t-il la vie privée ? La question est tout à fait légitime. Et la réponse est oui.” Mais si la nécessité d’une prise de parole publique googlienne, relativement rare, se fait sentir, son effet est toujours à double tranchant.
> … Manière de répondre à la “révolte” contre Google Street view qu’on a vu par exemple en Allemagne.
> Le navigateur Chrome qui connaît un succès très relatif.
> Google pointé du doigt lors des EGPE comme magnifique désintermédiateur en matière de publicité en ligne. Qui chagrine les régies d’un côté, et qui pressure les tarifs de l’autre.
> La crise de la pub (même si en la matière, le leader est toujours moins touché que son dauphin, et ainsi de suite)

Le questionnement sur Google n’est pas neuf, évidemment. Mais là, on dépasse la simple question habituelle du type ”que fait Google de nos données personnelles ?” - bien qu’elle reste dans doute l’interrogation majeure et qu’elle grossira encore dans les années à venir.

Car enfin, en filigrane de ces incidents objectifs, grandit une critique : celle de l’omnipotence, l’omniprésence de Google. Verra-t-on un jour un autorité demander le démantèlement de Google ? Quand Mats Carduner, DG de Google France, avait répondu aux questions de Place de la toile en novembre, il avait insisté, affirmant en substance : “Nous ne sommes pas une entreprise de contenus, mais nous permettons à nos utilisateurs d’atteindre ce qu’ils cherchent le plus rapidement et le plus justement possible”. Certes, mais quand on va sur Google Earth, on trouve bien du contenu estampillé Google. La frontière est fine entre “trouver” et “trouver quelque chose” ! Alors que comprendre dans ces propos rapportés par Mats Carduner ? Peut-être justement faut-il y lire cette crainte de la position objectivement incontournable et monopolistique. Alors, pour y faire face, Google dit : “Je ne suis qu’un maillon de la chaîne”… (C’est une simple hypothèse).

Google reste aujourd’hui l’inventeur du pagerank, l’algorythme secret et assez magique (en perpétuelle évolution) qui est à la base du moteur de recherche. L’autre invention majeure, c’est Google AdSense, qui a permis à Google d’intégrer la longue traîne des blogs et sites amateurs dans la logique publicitaire. Mais tout ça reste fragile, à la merci d’une prochaine “killer application” fabriquée dans un autre garage.

Facettes de Google qui montrent quelques signes d’instabilité (micro), structure googlienne se défendant d’une position incontournable (macro)… Quelle que soit la focale, apparaît sous nos yeux une forme de Google aux pieds d’argile. Qui reste malgré tout impressionnant.

[Billet mis à jour / forme & liens / le 23 mars]

[Actualisation 11h12 : un article signalé par Eric Scherer sur Mediawatch : “Les géants des médias US font pression sur Google pour faire remonter leurs contenus“]

Culture geek, la revanche

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“Je l’ai pas lu, je l’ai pas vu, mais j’en ai entendu causer”, titrait Cavanna dans Charlie Hebdo, a long time ago. Je dirai la même chose de Cyprien, le film de David Charhon, avec Elie Semoun dans le rôle titre. Pas vu, mais on connaît l’histoire. Celle de Cyprien, un geek asocial, qui drague en tentant des approches maladroites, comme cette phrase à l’adresse d’une de ses collègues, qui appelle pourtant tant de développements : “Est-ce que tu rebootes en mode sans échec ?” (si je n’ai pas encore vu le film, j’ai vu les bandes-annonces).

Et puis le geek en question, moqué, repoussé, souffre-douleur, se transforme magiquement en « beau gosse » sûr de lui (ça aussi, on le comprend dans les bandes-annonces). Outre les résonances intimes que cette histoire connaîtra dans les cours de récréations des collèges,  elle est le reflet d’un phénomène qui s’accentue avec les années : celui du geek héros enfin socialisé et reconnu.

Dans Die Hard IV, qui est sorti il y a quelques mois (excusez-moi, j’ai eu quelques jours de congés, j’ai vu des films), le brave et courageux John McLane (Bruce W.) est dépassé par les armes et les arguments des forces en présence, en l’occurrence une armée de hackers qui tentent une “liquidation” (la prise de contrôle de toutes les formes de réseaux). Il est aidé, pour la traduction pratique des manipulations de code, par un jeune as des réseaux et surtout, un court moment, par un gros barbu qui vit reclus dans son “QG”, à savoir la cave de la maison de sa mère. Se méfiant de la société, de la police et tout ce qui représente l’ordre social (tout en étant ultra connecté à l’actualité connue ou souterraine), fils numérique de Thoreau, cet individu est surnommé “le Sorcier”. Et évidemment, il est celui qui permet au brave et généreux John McLane (qualifié un moment de « montre à remontoir dans un monde numérique ») de repérer la cachette des méchants. Celui-ci cessera alors d’être décalé, il retrouvera ses repères anciens et la maîtrise des choses (il gagne à la fin). Merci les geeks, chapeau « le Sorcier ».

Die Hard IV et Cyprien : la culture populaire fait du geek pur et dur son héros, ou l’adjuvant décisif de son héros. Dans le premier cas, elle en fait le complice de l’ordre social (un policier), et le ramène ainsi dans une norme admise. Dans l’autre, elle rend visible cette transformation symbolique, et en fait une transformation physique.

Bill Gates avait été le premier geek à intégrer la culture populaire. Avec le chemin suivant : il était le geek devenu milliardaire, et en ça figurait une exception – une marge officielle et reconnue. Aujourd’hui, le geek est totalement intégré à la société, qui a besoin de lui. Je suis tombé il y a quelques jours sur une annonce d’emploi qui se terminait par : « profil geek apprécié ». La sous-culture (dans le sens souterraine) du geek nourrit la culture. Ses connaissances nourrissent l’économie. Et sa figurine de Dr. Spock en latex format 1/5e qui est sur son étagère fait envie à tout le monde… Euh, ah non, ça non.

RSS is going to kill the front page stars

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Bon oui, ce titre de billet est affreux, se voulant une référence (pas du tout transparente, en fait) à Video killed the Radio Star, l’hymne de la transition médiatique ;-)

Utilisateur quasi quotidien de Google Reader, j’ai un petit quelque chose qui me trotte dans la tête depuis quelque temps, à propos du RSS.  On constate deux mouvements concomitants : la simplification du RSS (j’utilise Reader et je “syndique” sans manipuler aucun code, sans même chercher autre chose que les sites dont je veux des nouvelles régulières) et la multiplication des terminaux portables.

Le RSS (Real Simple Syndication ou Rich Site Summary), inventé par Dave Winer en 1997, comme le rappelle Philippe Couve dans son synthétique portfolio “Une brève histoire d’internet”, permet d’exporter un contenu web sous forme d’un fil (comme un fil d’agence de presse) sous un format simple, reconnu par tous les terminaux. Et si le RSS devenait  explicitement l’outil (ancien, finalement) de la (prochaine) évolution marquante de l’internet, qui serait celle de la marginalisation de la page, du site classique ? On consulte de plus en plus l’information en ligne dans un cadre mobile et sans fioriture graphique. Reader, c’est déjà ça. Mais, il y a un peu plus longtemps déjà, Delicious, le marque-pages en ligne, avait par exemple aussi montré la voie de la sobriété.

Paradoxalement, c’est peut-être dans cette sobriété forcée (du fait de la taille et de la multimodalité des terminaux portable) que se trouvera un style graphique réellement numérique, qui se détachera enfin de la référence au papier…

Si on se met dans une petite perspective historique, ce serait l’aboutissement (sans doute pas définitif) d’un mode de présentation du contenu en ligne de plus en plus fragmenté. Il y a 15 ans, le mot clé, c’était le “portail”. Aujourd’hui, on consomme l’article, l’émission, le reportage, le post… Et la diffusion fragmentée est facilitée par le RSS.

[Ajout-lien du 24 fév 23:44 => By 2012, “people will be browsing the Web more on their phones than on PCs or laptops””, signalé par Francis Pisani sur le TumblR de Transnets]

The Firefox and Internet Explorer 7 RSS Feed icon.

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Sinon, depuis trois semaines, Place de la Toile se dédouble sur twitter. En direct, tous les vendredis à 11h, chaque auditeur/ internaute peut réagir, commenter, et poser des questions sur l’émission en train de se faire. Pour ça, il faut être inscrit sur twitter et poster des messages qui comprennent la balise #pdlt. Ce qui permet de voir la contribution apparaître sur cette page. Qui devient un lieu de débat parallèle et qui nourrit, le cas échéant, la discussion à l’antenne.

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Et, puisqu’on parle ici de radio et de web, petit annonce : vous avez jusqu’au 5 mars pour dire ce que vous imaginez pour la radio de demain sur le forum DemainRadioFrance.

L’écho de la déconnexion

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Hubert Guillaud a réalisé une belle synthèse de Place de la toile il y a 10 jours, pour l’excellent InternetActu, quand nous avons abordé la “déconnexion”. Cette synthèse a été reprise hier par Rue89 (en colonne centrale !, les habitués apprécieront). La voilà en lien…

“Les initiatives pour nous amener à décrocher de nos écrans se multiplient. Que ce soit l’opération 10 jours sans écrans, menée auprès de 250 élèves d’une école alsacienne, le ShutDownDay qui consiste à passer une journée sans ordinateur, le zero e-mail Friday où des ingénieurs d’Intel avaient lancé en 2007 une journée hebdomadaire sans mails…

>>> Lire la suite sur Rue89…

Phonothèque

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Découverte du soir : comment étais-je passé à côté de ce site-ressource/ blog ? Mystère ! C’est celui des carnets de la Phonothèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (MMSH)… Riche. Vu par un lien trouvé sur le blog d’homo-numericus, le site animé par Pierre Mounier, qui était l’un des invités de la dernière Place de la Toile.

Arts-relais & podcast : au début de “quelque chose”…

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Dans un post précédent, j’avais envisagé d’aborder la question des “arts-relais” à l’âge du podcast. Sinon, aussi, je pouvais me dire que j’allais faire l’Everest en 24h, réconcilier les deux Corées, ou faire une bataille navale avec Barack Obama. Ce genre de choses simples à organiser. Innocent que je suis, je passais, depuis, mon temps à repousser le moment de mettre l’ouvrage sur le métier.

Le sujet est revenu par le biais d’une question, entendue à Metz, dans la bouche de Pierre Morelli, lors d’une petite conférence la semaine dernière. Où justement, il était question d’information et de web. Et tout à coup, le nom de Pierre Schaeffer jaillit dans la conversation. Et la question des arts-relais : le web a-t-il connu l’âge de l’expérimentation adaptée ?

Selon la définition de Schaeffer, l’art-relais est un forme d’expression qui comprend une part artistique, où l’on peut parler d’oeuvre, et une part de message à transmettre. (Tout cela étant présentement vite dit). Le cinéma, la photo, la radio, la télévision sont des arts-relais selon cette terminologie. Et dans les âges de développement des arts-relais, il y a la période d’expérimentation. Sur les matériaux, sur les structures, sur les messages… Concernant la radio, Pierre Schaeffer a conduit cette expérimentation, à travers le Studio d’essai, qu’il dirigeait, puis Le Club d’essai, auquel il participait. Il a translaté ce questionnement pratique sur la télévision par la suite au Service de la recherche de l’ORTF. Avec, dans chaque cas, un contact des productions avec le public.

Appliquons l’idée au podcast sonore. Aujourd’hui, ce mode de diffusion reste très largement un miroir des médias “broadcasts”, traditionnels et de flux. Simplement, on découpe la production : en émissions, en reportages, en “éléments”. Même les productions spécifiquement web, non émises sur les ondes auparavant, restent encore très liées aux formes initiales. Des expériences existent… Mais l’étape de questionnement systématique, décrite par Schaeffer, reste encore à aborder. Pour le moment, ça se passe de manière diffuse. Et ça le restera, évidemment, mais on peut imaginer des lieux destinés à essayer, à tenter, à goûter. Et aboutir, au final, à une vraie connaissance de la production “délinéarisée”, du point de vue artistique et technique (art & relais). Une grammaire reste à construire, et elle n’existera en temps que telle que si quelques individus s’immergent dans cette forme d’expression.

“La radio n’en est encore qu’à ses débuts. Elle est souvent ventriloque, elle se contente d’adapter des genres qu’elle emprunte aux autres arts”. Cette citation de Blaise Cendrars, dont je n’ai malheureusement pas retrouvé l’année (je crois 1938, de mémoire incertaine), peut s’appliquer au podcast, au son essaimé dans le réseau.

Ne serait-on pas au début de “quelque chose” ? Joie, non ?