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Tous les billets de janvier 2008

VIDEOS MINUIT/DIX Café Costes Etienne Marcel avec Gaspard YURKIEVICH et COCOSUMA

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30 jan 2008

Emission « CREAM PASSIONNEL » en DIRECT et en PUBLIC du café Costes Etienne Marcel.
Avec Gaspard YURKIEVICH et Guido VOSS, stylistes au lendemain de leur collection homme hiver 2008-2009, UNTITLED, black, une procession noire sur la musique de WAGNER.

Chronique BIJOUX ET BICEPS, pour Paquita PAQUIN qui défile au rythme des collections haute couture hiver 2008-2009. Arrêts sur image avec CHANEL qui monumentalise au Grand Palais, et Christian LACROIX qui centre « pompidouïse » ses peintures sur soie.

SĂ©quence LIVE avant-première : Deux garçons, une fille, et autant de possibilitĂ©s pop pour le nouvel album de COCOSUMA, We’ll Drive Home Backwards (sortie la semaine prochaine). Voix nouvelle, texte demi-teinte et orchestrations lĂ©gères, bref l’idĂ©al du « son qui fait sens » pour reprendre la devise du label Third Side Records.

Partie 1 : GĂ©nĂ©rique, C’est parti ! MINUI/DIX et 2 minutes…

Partie 2 : Paquita PAQUIN entre en scène

Partie 3 : Séquence LIVE COCOSUMA

50 ans de lego pour une révolution cognitive de la pensée analogique au numérique

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30 jan 2008

Par : Jean-Baptiste Soufron

Écoutez l’Ă©mission ici : en ram ou en mp3

Retrouvons nous aujourd’hui pour dĂ©crypter les enjeux d’une rĂ©volution conceptuelle qui a probablement plus marquĂ© que ce que l’on imaginerait au premier abord.

Quelque chose de consubstantiel de des gĂ©nĂ©rations de digital native qui nous envahissent depuis les annĂ©es 70, transformant la sociĂ©tĂ© et en laissant les jeunes de mai 68 jouer avec les jouets qu’ils ont cassĂ©. Retrouvons nous pour parler des briques LEGO dont nous fĂŞtons aujourd’hui les 50 ans. L’histoire de la marque commence en 1932 quand Ole Kirik Christiansen crĂ©e le Lego Group qui fabrique d’abord des jouets en bois. Quant Ă  la première brique lego, c’est en 1958 qu’elle apparait.

Mais il importe de bien se les reprĂ©senter : des briques de tailles identiques, interchangeables et inusables. Des Ă©lĂ©ments finis simples qui prennent un sens dès qu’on les assemble, soit un sens vertical, soit un sens horizontal, puis qui forment des structures complexes aux sens plus compliquĂ©s, variĂ©s et diffĂ©rents. En assemblant ces briques de valeurs simples, les utilisateurs peuvent dĂ©sormais crĂ©er des assemblages complexes qui sont rĂ©gies par des normes diffĂ©rentes de celles qui rĂ©gissent leurs Ă©lĂ©ments de dĂ©part. En langage scientifique, on dirait que les briques lego sont des Ă©lĂ©ments d’informations discrets discontinus qui sont utilisĂ©s pour reprĂ©senter des informations. Ce principe, c’est bien sur c’est le mĂŞme que du numĂ©rique qui utilise des 0 et des 1 pour reprĂ©senter des informations qui seront ensuite utilisĂ©es pour construire des ensembles fonctionnels : soit des programmes qui seront lus et compris par un ordinateur, des fichiers de donnĂ©es qui seront lus et compris par des programmes, etc. Est-ce un hasard si les langages de programmation pour intelligence artificielle sont inventĂ© aux mĂŞme moment ?

Le FORTRAN est inventĂ© en 1957 et le LISP en 1958 ? C’est donc assez naturellement que les LEGO se rĂ©vĂ©leront avec le temps les jouets les plus geeks qui soient. Ils fonctionnent sur des bases cognitives similaires.

Comme les ordinateurs se sont complexifiĂ©s, les LEGO se sont dĂ©clinĂ©s en LEGO Technics, en LEGO bioware, en LEGO Mindstorms. Ils ont permis de vulgariser des principes informationnels fondamentaux qui ont Ă©tĂ© assimilĂ©s par les enfants de l’Ă©poque et par les Ă©udiants petit Ă  petit. Et cette proximitĂ© cognitive conduit naturellement les digital natives Ă  se les approprier : ils les utilisent pour faire de petits films d’animation reconstruisant par exemple des niveaux de super mario, ils se filment construisant des boites de 5 ou 6h dans des accĂ©lĂ©rĂ©s de 2 minutes, ils montrent des constructions imaginaires et colossales reproduisant des vaisseaux de star wars qui peuvent atteindre jusqu’Ă  plusieurs mètres, etc. Et bien sur jusqu’Ă  Google qui affichait hier un “logo en forme de lego,” et non pas sans raison puisque les fondateurs de la sociĂ©tĂ© s’Ă©taient sont appropriĂ©s le jouet Danois pour construire les racks de leur premier ordinateur dans leur garage. Viennent Ă©galement les LEGO pirates, les LEGO de l’espace, etc. On se demande forcĂ©ment ce qui fait la diffĂ©rence entre ces petites briques colorĂ©es et leurs concurrentes. La rĂ©ponse tient justement en ce qu’elles traduisent dans l’univers du jouet la mĂŞme rĂ©volution conceptuelle qui a transformĂ© les machines Ă  Ă©crire en ordinateurs.

Alors pour conclure sur un mauvais jeu de mot, disons que je ne sais pas quand aura lieu la prochaine de ces rĂ©volutions cognitives, mais gageons qu’il sera difficile d’ĂŞtre l’Ă©gal des lego.

Je joue donc je bosse

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17 jan 2008

Tout le monde parlé de Second life en 2007, notamment parce qu’il avait marqué l’irruption du l’argent réel dans le monde du virtuel. Eh bien en 2008 on va surement voir apparaitre l’effet inverse , c’est à dire l’apparition de mécaniques issues des jeux-vidéo dans des logiciels tout ce qu’il de plus sérieux.

Comment cela se présente t-il ? Prenez un logiciel très très sérieux, par exemple un logiciel professionnel destiné à gérer la clientèle de votre société (dans le métier ça s’appelle le CRM, customer relationship management). Typiquement ce logiciel est très embêtant parce qu’il contient beaucoup de chiffres et des données très rigides. Et comme tous les logiciels professionnels, il est aussi assez moche, soit gris, soit bleu foncé avec caractères en général, soit bleus foncés, soit très gris… Donc rien de très rigolo, et évidemment, tout ce qui est embêtant est susceptible de faire baisser la productivité de vos employés. Eh bien pour combler ce déficit de productivité, une société américaine qui s’appelle Entellium a eu l’idée d’ajouter à ce logiciel une dose de…jeux-vidéo.

Concrètement cela donne un logiciel complètement ré-agencé, où chacun de vos clients possède une fiche bien à lui, avec ses forces et ses faiblesses -vous aurez noté la touche très jeu de rôle, limite Donjons&Dragons. A coté de ça les clients se voient attribués un score relatif à leur propension à acheter un produit -hum. De l’autre coté, les joueurs, pardon, les vendeurs, sont eux aussi notés via un score, calculé en fonction de leurs performance et qui est affiché sur le réseau intranet de l’entreprise… Exactement comme les consoles actuelles affichent sur Internet les scores des meilleurs joueurs.

On pourrait se dire que c’est super, que les logiciels de gestion de clientèle sont devenus beaucoup plus funs, beaucoup plus agréables à utiliser et que le travail en entreprise deviendra vraiment plus agréable. On pourrait effectivement penser ça… Mais on ne serait pas très avancé.
La mise en concurrence des salariés, “les employés du mois”, ce n’est pas nouveau, OK.
Mais avec ces logiciels, on passe à un autre niveau. La différence principale vient du fait que ces outils une influence sur la façon dont les employés perçoivent la réalité de leur travail. Si on reprend l’exemple du logiciel de gestion de relation clientèle, on se rend compte que :

1.  les clients sont présentés comme des personnages (et pas comme des clients pures et simples, ce qu’ils sont dans la réalité), ce qui consiste en une sorte de déformation de la réalité de l’activité de l’entreprise (”Ces personnes que tu traites comme des objets, ne t’inquiète pas, ce sont les personnages d’un univers fictif…”)
2. le score de ces clients dépend de leur capacité à effectuer des achats. Or le score est un indice de performance qui n’est pas neutre… et qui déforme la façon dont l’employé aurait perçu les clients sans le prisme “glamorisé” du logiciel.

Avec tout cela je suis encore en train de me demander si je dois gagner plus pour gagner plus comme nous le recommandait notre “très cher” président il y a peu, travailler moins pour gagner moins, comme le recommandent certains… Ou jouer plus, pour beaucoup perdre.

Boite Noire

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7 jan 2008

©MCL’après Fêtes dans mon corps et son esprit, c’est : digérer et passer à autre chose, que ca m’ait plu ou non. La Black Box, la petite boite noire éditée par Radio Nova que m’a offert un ami passe et repasse sur la platine CD, impossible à digérer. Non que ce soit écœurant, mais difficile de s’en passer quand on commence à l’avaler, si possible dans le désordre.
1956 – 1980 : vingt-cinq galettes joliment décorées comme des vinyles, pochettes extras et rainures noires, rondelle au centre pour les puristes. On commence avec le séminal Rocket 88 de Ike Turner jusqu’à Suicide, Diamonds, Furcoat, Champagne. Toute la cartographie des mouvements que Jean-François Bizot dessinait tout à trac sur une feuille blanche saturée de feutres et de couleurs, là, dans une tentative de compil. Le branché infatigable (le mot résiste à l’usure concernant Bizot) a mixé joyeusement vaudou du XVIIIème, blues, rock noir, pop, funk, swing, chanson sans jamais rien déconnecter des mouvements de pensées qui les accompagnent. Il y a plus qu’une blague type Dr Folamour dans The Fin du monde de Soundforce (bande son idéale d’un jour de l’An), et la ressemblance frappante du lettriste Isidore Isou (photographié en 1947 dans l’image à laquelle je pense) avec Elvis d’avant Presley signifie elle aussi quelque chose d’un mouvement d’idées avec la musique, pas toujours là où on l’attend.
Alors quand se côtoient à quelques minutes d’intervalle un reggae démentiel, lourd et poétique des Meditations, «I’d rather be with you » de Bootsy Collins et Pretty Ballerina de Left Banke (en 72 ? tiens bizarre…) mon cerveau surchauffe et pourtant tout est bien & équilibre en mon for intérieur.

Que dire sur la folie graphique qui illustre chaque CD, des couv’ d’Actuel, les dessins de Crumb ou encore les unes de John Wilcock pour Other Scenes (choisie pour le disque de 1969) et la liberté rarement prise ailleurs de mettre en compile un Mingus dans sa version de 12 minutes ou le Olé de Coltrane sur plus d’un quart d’heure. Rien sinon que ca permet de s’occuper l’esprit un bon moment, et d’ouvrir sur tellement de choses, ce qui n’est pas rien pour un produit sous plastique.

Voilà sans doute l’occasion d’écouter sur France Culture la série sur Actuel ou une spéciale Bizot, mais j’ai tout raté, heureusement il y a la « baladodiffusion ». Un geste bien corporate pour le premier billet sur ce blog me direz-vous. J’en choisis finalement un autre, plus facile encore (il faut bien céder sur tout, quand on s’impose de bonnes résolutions), celui du namedropping frénétique pour inciter à se procurer ou voler le précieux coffret : Fred Astaire, Pierre Barouh, The Yardbirds, Kool & The Gang, Mahmoud Hahmed, les Sparks, Albert Marcoeur (!) Funkadelic, Peggy Lee, Fela, Boris Vian, Lizzy Mercier Descloux, Sarah Vaughan, Pablo Moses, les Heptones, MC5, Franck Zappa, Kraftwerk…
Oui tout a déjà été dit, entendu ailleurs… tout compte fait, non.