Tout le monde parlé de Second life en 2007, notamment parce qu’il avait marqué l’irruption du l’argent réel dans le monde du virtuel. Eh bien en 2008 on va surement voir apparaitre l’effet inverse , c’est à dire l’apparition de mécaniques issues des jeux-vidéo dans des logiciels tout ce qu’il de plus sérieux.
Comment cela se présente t-il ? Prenez un logiciel très très sérieux, par exemple un logiciel professionnel destiné à gérer la clientèle de votre société (dans le métier ça s’appelle le CRM, customer relationship management). Typiquement ce logiciel est très embêtant parce qu’il contient beaucoup de chiffres et des données très rigides. Et comme tous les logiciels professionnels, il est aussi assez moche, soit gris, soit bleu foncé avec caractères en général, soit bleus foncés, soit très gris… Donc rien de très rigolo, et évidemment, tout ce qui est embêtant est susceptible de faire baisser la productivité de vos employés. Eh bien pour combler ce déficit de productivité, une société américaine qui s’appelle Entellium a eu l’idée d’ajouter à ce logiciel une dose de…jeux-vidéo.
Concrètement cela donne un logiciel complètement ré-agencé, où chacun de vos clients possède une fiche bien à lui, avec ses forces et ses faiblesses -vous aurez noté la touche très jeu de rôle, limite Donjons&Dragons. A coté de ça les clients se voient attribués un score relatif à leur propension à acheter un produit -hum. De l’autre coté, les joueurs, pardon, les vendeurs, sont eux aussi notés via un score, calculé en fonction de leurs performance et qui est affiché sur le réseau intranet de l’entreprise… Exactement comme les consoles actuelles affichent sur Internet les scores des meilleurs joueurs.
On pourrait se dire que c’est super, que les logiciels de gestion de clientèle sont devenus beaucoup plus funs, beaucoup plus agréables à utiliser et que le travail en entreprise deviendra vraiment plus agréable. On pourrait effectivement penser ça… Mais on ne serait pas très avancé.
La mise en concurrence des salariés, “les employés du mois”, ce n’est pas nouveau, OK.
Mais avec ces logiciels, on passe à un autre niveau. La différence principale vient du fait que ces outils une influence sur la façon dont les employés perçoivent la réalité de leur travail. Si on reprend l’exemple du logiciel de gestion de relation clientèle, on se rend compte que :
1. les clients sont présentés comme des personnages (et pas comme des clients pures et simples, ce qu’ils sont dans la réalité), ce qui consiste en une sorte de déformation de la réalité de l’activité de l’entreprise (”Ces personnes que tu traites comme des objets, ne t’inquiète pas, ce sont les personnages d’un univers fictif…”)
2. le score de ces clients dépend de leur capacité à effectuer des achats. Or le score est un indice de performance qui n’est pas neutre… et qui déforme la façon dont l’employé aurait perçu les clients sans le prisme “glamorisé” du logiciel.
Avec tout cela je suis encore en train de me demander si je dois gagner plus pour gagner plus comme nous le recommandait notre “très cher” président il y a peu, travailler moins pour gagner moins, comme le recommandent certains… Ou jouer plus, pour beaucoup perdre.


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17 janvier 2008 à 22:29
pourquoi pas..
mĂŞme si tout cela me semble très Ă©loignĂ© pour moi…mais jouer plutot que travailler alors oui
il est drole de constater que le ot travail, de son étymologie tripalium désigne un instrument de torture,
Ă mon tour j’affirme que je ne travaille pas, je joue donc je suis
31 janvier 2008 à 21:40
j’ai 64 ANS, et je vous adore, votre ambiance joyeuse et dĂ©tendue me donne du plaisir. j’aime le rire de Laurent gouma il m’ouvre une nuit bienveillante. j’apprĂ©cie la diversitĂ© de vos thèmes d’Ă©mission et de vos invitĂ©s. je me demande parfois ou mathieu va chercher ses questions!vous ĂŞtes branchĂ©s, moi pas, mais c’est un univers qui s’ouvre Ă moi. Vous avez tous une grande culture et votre impertinence me repose; Je vous imagine jeunes. Alors continuez c’est une Ă©mission d’une grande qualitĂ© malgrĂ© votre dĂ©contraction.