Par : Jean-Baptiste Soufron
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Retrouvons nous aujourd’hui pour décrypter les enjeux d’une révolution conceptuelle qui a probablement plus marqué que ce que l’on imaginerait au premier abord.
Quelque chose de consubstantiel de des générations de digital native qui nous envahissent depuis les années 70, transformant la société et en laissant les jeunes de mai 68 jouer avec les jouets qu’ils ont cassé. Retrouvons nous pour parler des briques LEGO dont nous fêtons aujourd’hui les 50 ans. L’histoire de la marque commence en 1932 quand Ole Kirik Christiansen crée le Lego Group qui fabrique d’abord des jouets en bois. Quant à la première brique lego, c’est en 1958 qu’elle apparait.
Mais il importe de bien se les représenter : des briques de tailles identiques, interchangeables et inusables. Des éléments finis simples qui prennent un sens dès qu’on les assemble, soit un sens vertical, soit un sens horizontal, puis qui forment des structures complexes aux sens plus compliqués, variés et différents. En assemblant ces briques de valeurs simples, les utilisateurs peuvent désormais créer des assemblages complexes qui sont régies par des normes différentes de celles qui régissent leurs éléments de départ. En langage scientifique, on dirait que les briques lego sont des éléments d’informations discrets discontinus qui sont utilisés pour représenter des informations. Ce principe, c’est bien sur c’est le même que du numérique qui utilise des 0 et des 1 pour représenter des informations qui seront ensuite utilisées pour construire des ensembles fonctionnels : soit des programmes qui seront lus et compris par un ordinateur, des fichiers de données qui seront lus et compris par des programmes, etc. Est-ce un hasard si les langages de programmation pour intelligence artificielle sont inventé aux même moment ?
Le FORTRAN est inventé en 1957 et le LISP en 1958 ? C’est donc assez naturellement que les LEGO se révéleront avec le temps les jouets les plus geeks qui soient. Ils fonctionnent sur des bases cognitives similaires.
Comme les ordinateurs se sont complexifiés, les LEGO se sont déclinés en LEGO Technics, en LEGO bioware, en LEGO Mindstorms. Ils ont permis de vulgariser des principes informationnels fondamentaux qui ont été assimilés par les enfants de l’époque et par les éudiants petit à petit. Et cette proximité cognitive conduit naturellement les digital natives à se les approprier : ils les utilisent pour faire de petits films d’animation reconstruisant par exemple des niveaux de super mario, ils se filment construisant des boites de 5 ou 6h dans des accélérés de 2 minutes, ils montrent des constructions imaginaires et colossales reproduisant des vaisseaux de star wars qui peuvent atteindre jusqu’à plusieurs mètres, etc. Et bien sur jusqu’à Google qui affichait hier un “logo en forme de lego,” et non pas sans raison puisque les fondateurs de la société s’étaient sont appropriés le jouet Danois pour construire les racks de leur premier ordinateur dans leur garage. Viennent également les LEGO pirates, les LEGO de l’espace, etc. On se demande forcément ce qui fait la différence entre ces petites briques colorées et leurs concurrentes. La réponse tient justement en ce qu’elles traduisent dans l’univers du jouet la même révolution conceptuelle qui a transformé les machines à écrire en ordinateurs.
Alors pour conclure sur un mauvais jeu de mot, disons que je ne sais pas quand aura lieu la prochaine de ces révolutions cognitives, mais gageons qu’il sera difficile d’être l’égal des lego.


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