Répondre point par point? Vient un moment où la répétition des mêmes arguments provoque, chez qui écoute… l’érosion.

   La “france-interisation” , la “science-potisation” et, quand ce n’est pas la “science-potisation” et que nous faisons appel à de jeunes producteurs sans souci de leurs diplômes, la “compassion”…

    Mais, bon sang de bois, ce que nous vivons, c’est la contradiction. La tension entre notre  vocation de transmission et notre  envie de création. La polarisation entre les générations. L’éloignement tragique de la culture humaniste, de la culture de masse et de la culture scientifique alors que nous devons rendre compte des trois.

   La seule issue, plutôt que de faire abstraction de ce qui ne nous convient pas, c’est de tirer le meilleur parti de cette contradiction.

   Emmanuel Laurentin ( qui, soit dit en passant, est le fondateur de La fabrique et a donc droit de fêter son anniversaire comme bon lui semble), Emmanuel Laurentin donc dit que nous courrions un risque mortel à pratiquer l’agriculture en silos. Ici le patrimonial, là l’e perimental. Ici les vedettes de Paris, là les producteurs-maison. Ici, les sons de la vie, là les paroles des professeurs. 

   Plutôt que l’agriculture en silos, tentons l’apiculture. Les abeilles vont de la ruche au dehors, elles butinent, je sais que certains vont mal apprécier le mot, j’ajoute donc:  elles essaiment.

    Je sais aussi ce qu’on va ajouter: les abeilles filent présentement un mauvais coton, elles sont même menacées de mort par les pesticides. Oui ,mais si elles supportent mal l’atmosphère qui se raréfie dans leurs territoires traditionnels, l’air de la ville les rend libres. Des ruches sont installées là où on les imaginerait pas, sur les toits de l’Opéra, du Grand Palais mais aussi de la mairie de Saint-Denis.

    C’est la possibilité de rebondir d’un territoire à l’autre qui permet à FC de voler encore et de produire des miels au goûts inattendus.