Ce blog n’est aucunement un thermomètre, juste un protestomètre, dont les posts sont (comment dit Roselyne Bachelot de la grippe A?)…”contaminants” et prennent plus souvent qu’à leur tour des “formes fulminantes”. Ainsi  celles et ceu (zut, il me manque toujours la même lettre) qui s’y plaignent du programme “Berlin” n’hésitent pas à affirmer qu’il s’agit d’”une grosse m…”. J’abrège leurs contributions en notant seulment au passage que, dorénavant, dans la mesure où j’ai du temps à perdre, je  purge le fil des cacas nerveu (m… il me manque cette satanée lettre) et des interventions intempestives de tous les touche-pipis.
    Pour parler sérieusement, je répondrai comme notre président bien-aimé ce matin à 0 heure, quand il répondait à Marc Voinchet: “L’importance de l’évènement nous a sollicités mais si c’est la première fois, c’est aussi la dernière fois”. Que tous soient rassurés: au retour de Berlin, chacun rentrera dans sa chacunière et Radio-France ne remettra plus toutes ses chaînes dans le même panier.
   Mais c’est de la presse écrite que je voudrais parler. La multiplicité était aussi sa force. Voyez le traitement qu’elle a fait , en ce 9 novembre, de la même photo figurant la chute du Mur. En “une” de “L’Huma”, apparaissent en second plan, en retrait par rapport au démolisseurs, trois “vopos” de RDA : ils ont l’air grave de qui regrette déjà le temps qui s’enfuit; dans “Le Figaro”, en page 5, les mêmes sont isolés et ils sont… souriants. Précieuse pluralité des journau . Deamain, qu’adviendra-t-il quand “L’Huma” aura sombré et que “Le Figaro” ne sera plus qu’une marque et non plus un journal d’opinion?
    Je me livre souvent à un petit jeu. Contrairement à ce que certains pensent, je prends souvent le métro et, sur les sièges de la station où je descends, je laisse un journal. Pendant quelques instants, je guette ensuite les réactions. Eh bien, le plus souvent, personne ne se saisit de l’e emplaire.Certes “Le Canard”, parfois trouve preneur mais il est bien le seul. lL’autre soir, j’avais posé “Politis”, j’ai vu quelqu’un venir rapidement dans sa direction mais celui que je prenais pour un amateur visait en fait la corbeille voisine qu’il fouilla méthodiquement pour en tirer à grand’ peine…”20 minutes”!
    Depuis que le bon Dieu m’a accordé une place à la direction de France Culture, j’ai appris à moins me fier au  leçons très particulières que je tire de mes petites e périences personnelles. Les tendances lourdes sont autrement importantes. E emple: je dois bien convenir que les enquêtes que nous pouvons faire sont plus intéressantes, à bien des égards, que les échanges d’épithètes malsonnantes que s’échangent les blogueurs de “Quai de Seine” qui ferraillent ici à n’en plus finir et qui ne sont pas vraiment représentatifs de notre auditoire. Pareillement en matière de presse. Dans la ligne des Etats générau qui se sont tenus l’an passé, le ministère de la Culture vient d’offrir au jeunes de 18-24 qui le souhaitaient un abonnement au titres de leur choi . Eh bien, en l’espace d’une semaine, 150000 demandes seraient parvenues au organisateurs: 30000 pour “Le Monde”, 18000 pour “Libération”, 9000 pour le “Herald Tribune” etc… Mon petit manège dans le métro ne m’aurait jamais fait imaginer cela.
    Ma micro-offre artisanale sur le réseau métropolitain est pourtant gratuite elle aussi. Mais elle n’atteint pas sa cible parce que celle-ci n’est ni définie ni même recherchée. Mon kiosquier me le dit bien, qui observe les comportements des clients qui achètent encore la presse: “Les gens, aujourd’hui, savent parfaitement ce qu’ils veulent, ils ne me demandent jamais conseil”. Gratuité oui pas, la tendance lourde est à la singularité des demandes et des comportements. C’est bien pour cela qu’il fallait goûter à sa juste mesure l’ e périence de Radio France aujourd’hui. Avec panache, elle évoquait un temps révolu. Jean-Luc Hees l’a bien dit: “Elle ne pourra pas se reproduire”.



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