Avant qu’il n’existe le journal, la radio, la tĂ©lĂ© et le net, les monastères se communiquaient entre eux les nouvelles des dĂ©cès des uns et des autres par l’obituaire, lequel passait de cloĂ®tre en cloĂ®tre. Ces temps-ci, c’est un peu la fonction que tient France-Culture. Le Père Calvez , l’ancien directeur d’Etudes, et le trotskiste Daniel BensaĂŻd, lui aussi fidèle entre les fidèle, meurent le mĂŞme jour. Nous essayons de tenir la balance Ă©gale entre l’un et l’autre. De mĂŞme que nous faisons, Ă©videmment, Ă Eric Rohmer un cortège aussi important au moins qu’Ă Philippe SĂ©guin.
Pour en revenir Ă feu Philippe le Gros, qu’on ne compte pas sur moi pour entrer dans la discussion oiseuse selon laquelle il y aurait des hommes de culture dignes des obsĂ©ques de notre station et d’autres qui ne seraient que des politiques. Churchill, qu’aimait tant SĂ©guin, Ă©tait aussi Nobel de littĂ©rature et Rohmer passait pour l’un des meilleurs archĂ©ologues de la sociĂ©tĂ© française. Je voulais juste indiquer ma perplexitĂ© Ă la lecture des compte-rendus de la cĂ©rĂ©monie des Invalides par la presse Ă©crite nationale. J’Ă©tais en rĂ©union lundi Ă 15 heures quand elle commenca sous un ciel bas par un temps gris. Je lis qu’une longue thĂ©orie de manteaux noirs se dĂ©ploya dans la cour d’honneur et qu’auparavant, dans la nef, VGE et Chirac se retrouvèrent cĂ´te Ă cĂ´te sans se saluer d’un mot. J’aperçois sur les photos les silhouettes malvenues de TibĂ©ri et de Millon qui se glissent devant les objectifs. Mais personne, pas mĂŞme Pascale Robert-Diard dans son beau papier du “Monde”, n’indique s’il y avait, hors du personnel politque, beaucoup de monde ou peu de monde Ă se joindre Ă l’ultime hommage. C’est Ă©trange, on nous rĂ©pète que toute la RĂ©publique ou quasi Ă©tait lĂ et personne ne parle des citoyens.
Et personne ne m’avait annoncĂ© non plus la disparition de Coin-Coin Ă Avignon. Je remercie vraiment un internaute de l’avoir fait: ce blog a donc une utilitĂ©. Coin-Coin’Ă©tait une figure de la place des Carmes; ancien SDF il s’Ă©tait refait lĂ -bas une santĂ© et je suis fier que, plus d’une fois, Travaux Publics lui ait donnĂ© la parole. Les humbles y ont droit, c’est la leçon commune de Camus et de SĂ©guin que nous saluions la semaine passĂ©e d’un mĂŞme mouvement. “Après vous, les pauvres et les petit Chose…”
Dernière remarque. La migration des blogs de France Culture, que nous annoncions, a en effet Ă©tĂ© reportĂ©e. Cela permettra aux petits malins qui prennent l’espace public pour une cour de rĂ©crĂ©ation de continuer leur partie de colin-maillard, que j’arbitre de loin, ne pouvant y passer, voyez-vous, tout mon temps, et sifflant seulement ceux qui pratiquent l’injure. On ne peut se consacrer entièrement Ă un quarteron de censeurs en goguette quand, par ailleurs, il faut essayer de satisfaire des auditeurs de plus en plus nombreux.
jan 12



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