Vous connaissez la fable:
   “Un pauvre bucheron tout couvert de ramĂ©e
     Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
    Gémissant et courbé marchait à pas pesants
    Et tâchait de gagner de gagner sa chaumine enfumée.
    Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur,
    Il met bas son fagot, il songe Ă son malheur…”
   ” La Mort et le BĂ»cheron “me venait en mĂ©moire ce matin quand , avec le service multimedias, nous rĂ©flĂ©chissions au sort Ă rĂ©server à la charge de propos inutiles voire inconvenants qui alourdit depuis des semaines ce blog.
   Comment faire pour Ă©viter l’intervention du FMI -Front MultipliĂ© des insultĂ©s?  Tout lisser, post après post, facture après facture pour que nous restions au-dessous du seuil fatidique des 3% du PIB -Produit des Injures Brutes? Finalement nous avons peut-ĂŞtre couru un peu trop vite jusqu’Ă la morale de la fable: “Le trĂ©pas vient tout guĂ©rir”. De ce qui s’entassait sur le quai, nous n’avons rien gardĂ©, pas mĂŞme les tout derniers commentaires relatifs au malheureux Marseille. D’un geste, d’un seul, tout est passĂ© Ă la baille.
    A l’approche du printemps, commence un nouveau calendrier: nous sommes presque en prairial de l’an 1. Il faut boter aussi que c’est la mi-carĂŞme, on abandonne un instant la haire et la discipline. Chacun interprètera ce grand dĂ©rangement comme il voudra. En tout cas, le bĂ»cheron en est fort aise:
     Il met bas son fagot, il songe à son malheur
    Quel plaisir a-t-il eu depuis que ce blog est au monde?
    En Ă©tait-il un plus pauvre dans la Maison ronde?”
    Quant aux promeneurs et aux habituĂ©s, ils ne s’en trouveront pas plus mal. De temps Ă autre, il faut bien Ă©claircir les taillis.
    Â
   Â
   Â



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10 mars 2010 à 18:02
Cher Jean,
Sans doute trappĂ©e ce matin, ma rescousse de la part de Chateaubriand -oui,parce que les insultes au(x) malouin(s), ça va un moment… trappĂ©e, donc, dans cette masse qui disparaissait Ă vue d’oeil, moment de blog assez fascinant Ă vivre:
“Comparez ce silence de mort aux dĂ©tonations Ă©pouvantables qui Ă©branlaient ces mĂŞmes lieux lorsque le volcan vomissait le feu de ses entrailles et couvrait la terre de tĂ©nèbres.”
Mais ce “reset”, au printemps d’une annĂ©e en zĂ©ro, nous ramène finalement Ă l’Ă©phĂ©mère de nos Ă©crits, voire leur vanitĂ©… LOC et REC au lieu de PLAY, et voilĂ tout effacĂ© depuis le dĂ©but: plaisante humilitĂ©!
10 mars 2010 à 18:38
Comme souvent, ce fil a Ă©tĂ© ouvert sur une impulsion de mĂ©contentement : les interruptions de Sylvain Kahn, qui brise parfois 3 ou 4 fois de suite le propos de l’invitĂ©. Comme ce producteur est peu suspect de nombre des dĂ©fauts endĂ©miques Ă France Culture (de toutes façons il a les siens), c’est sans trop de scrupules que je commence ce fil par lui. Certainement est-ce par volontĂ© pĂ©dagogique qu’il ne cesse d’interrompre l’invitĂ©, sans se rendre compte que ce faisant, il brise un Ă©lan. En gĂ©nĂ©ral l’invitĂ© parvient Ă reprendre le fil de son explication, par chance c’est souvent un propos technique, qui se soutient de lui-mĂŞme. N’empĂŞche, quand on en arrive Ă comptabiliser 3 ou 4 interventions dans une seule prise de parole, et quand il n’y a mĂŞme pas une phrase complète de l’invitĂ© entre deux interruptions du producteur, ça commence Ă gaver et on a une furieuse envie de lui envoyer un SMS au gars pour lui demander de nous laisser entendre l’invitĂ©.
Parmi les autres grands interrupteurs incohérents de la chaine, citons :
- Jean Lebrun qui dans les dernières annĂ©es sabotait presque chaque jour son propre dĂ©bat, pour placer un coup la vanne foireuse, un coup le morceau de musique qui donnait envie de dĂ©taler, ou bien le morceau d’archive parfaitement anecdotique. Si chez certains producteurs, les interruptions sont le signe que l’Ă©mission (ou l’invitĂ©) Ă©tait insuffisamment prĂ©parĂ©e, avec Lebrun c’est le contraire : elle est tellement prĂ©parĂ©e que tout est prĂ©vu et on n’en sortira pas. Il faut avoir vu Jeannot, ses fiches Ă la bouche et la pipe Ă la main, lancer le compte Ă rebours au rĂ©alisateur tout en s’apprĂŞtant au coup de sabre sur la personne de son invitĂ©. Lebrun en interview hors-studio (cĂ d après 1999) c’Ă©tait l’art redoutable de casser la discussion. On parlera une autre fois de son art de l’interview aux temps de Culture Matin, puisqu’on en a quelques-uns en archives. Cette mutation radiophonique qui a menĂ© Jean d’un style quasi-veinsteinien Ă un style d’histrion de super-marchĂ©, n’est pas la moindre surprise des auditeurs qui Ă©coutèrent Lebrun disons entre 1995 et 2005. Après cette date, dĂ©couragĂ©e, ils se carapatèrent pour laisser la place Ă un auditoire de fans fraichement recrutĂ©s et moins exigeants.
- Et puis gardons pour plus tard une liste de rĂ©criminations qui s’annonce nourrie. Car contrairement Ă Lebrun qui reprĂ©sente le passĂ© d’une radio dont il dit lui-mĂŞme qu’elle n’a jamais existĂ©,c’est dans le prĂ©sent de FC qu’on, trouve Catherine ClĂ©ment, Sylvie Andreu, Raphy Enthoven, HĂ©lène HazĂ©ra, Munier, aussi de tous ces producteurs maniant gĂ©nĂ©reusement le hachoir en direct + de quelques autres, on reparlera au fur et Ă mesure de l’avancĂ©e du fil. Les occasions ne manqueront pas, hĂ©las.
A part ça, il y a le problème douloureux mais nĂ©cessaire des journalistes : on n’imagine pas d’interviewer un responsable sans le mettre au moins un peu sur le grill. Mais voila : un peu, ou systĂ©matiquement ? Et puis dans certains cas, on voit que de l’entretien au harcèlement il n’y a qu’un pas. On aura l’occasion d’en reparler.
A part ça, il y a aussi des intervieweurs nullissimes qui n’interrompent quasi jamais (pas de nom pour cette fois). La aussi, on a tout le fil pour en parler.
A part ça, il y a aussi de l’interview intelligente, oĂą l’interlocuteur n’est pas conviĂ© pour faire du remplissage ou pour servir de faire-valoir au producteur. Il y a mĂŞme chez certains producteurs un art de la discussion avec de l’interruption aussi rare que sobre et bien venue, tiens par exemple en ce moment mĂŞme Vincent Charpentier montre ce qu’est une discussion oĂą le producteur ne s’interpose pas entre l’invitĂ© et le public, mais au contraire sert d’intermĂ©diaire entre un dĂ©tenteur de savoir et des auditeurs demandeurs. AĂŻe aĂŻe quel dommage que Sylvain Kahn soit Ă la cafète en train de rĂ©cupĂ©rer… Oui quel dommage, car Ă©couter le Salon Noir serait peut-ĂŞtre la meilleure façon de dĂ©brieffer “Planète terre”…
10 mars 2010 à 18:53
Et on ne peut que se rĂ©jouir en imaginant la colère des petits agresseurs du QdS qui n’ont pas de prise ici, et ne peuvent rien contre les discussions libres qui se dĂ©roulent ici.
Allez, Ă table, il est bon de se remettre en mĂ©moire ce prĂ©cepte de Brillat-Savarin « Convier quelqu’un, c’est se charger de son bonheur pendant tout le temps qu’il est sous notre toit »: cervelas ketchup pour tout le monde, c’est l’atelier 114 qui rĂ©gale !
10 mars 2010 à 19:01
il ne faut pas songer au malheur, c’est une très bonne dĂ©cision, Ă quoi tu t’attendais, le seuil de tolĂ©rance avait Ă©tĂ© largement dĂ©passĂ© depuis longtemps, et ce n’est pas ton rĂ´le de jouer avec le SAV, certains n’ont encore pas compris le rĂ´le du mĂ©diateur, qu’ils s’expriment la bas, bon courage de toute façon on continue a Ă©couter tes productions et FC c’est bien la le principal, pour le reste porte toi bien.
11 mars 2010 à 15:05
Bonne idée cet effacement radical. Un nouveau départ. Il semble que le service multimedia ait bien mesuré le risque juridique des injures qui visaient nominativement des producteurs ou des auditeurs.
Il n’y a plus qu’Ă attendre le retour des utilisateurs conviviaux de ce blog. En effet, Ă quoi bon s’ennuyer Ă entretenir un blog s’il n’attire que des râleurs?
11 mars 2010 à 21:11
Nuance, il n’attire pas que des râleurs, les râleurs se sont appropriĂ© ce blog, pour Ă©mettre des considĂ©rations qui intĂ©ressent que ces derniers, fumeux thĂ©oriciens de la Vème de l’apostolat “new contest” avec de vieux principes de types agit prop empruntĂ©es Ă la gauche, on rigole doucement devant les mĂ©thodes plus souvent digne d’un amphi que d’une rĂ©alitĂ© probante. Que le meilleur sorte de cette expĂ©rience, gageons que la team FC va nous faire des blogs sur mesure ou la mĂ©diocritĂ© sera bannie, au profit de l’originalitĂ©, tout en tenant compte de la libertĂ© d’expression et de l’anonymat.Bon courage Jean Lebrun,
11 mars 2010 à 22:23
HĂ©las, il n’y a malheureusement pas de “nouveau dĂ©part” puisque les messages usurpĂ©s sur un autre forum subsistent (2 et 3). Et donc les petites manipes sans autre intĂ©rĂŞt que celui du brouillage que ne sait pas reconnaĂ®tre le modĂ©rateur. “Perseverare diabolicum est.
Pour la qualitĂ© et la vivacitĂ© de la discussion, vous repasserez, car en effet, il n’y en a plus ! CĂ©tait sans doute le but recherchĂ©.
Selon triangle, il faudrait sans doute fermer tous les mĂ©dias oĂą l’on s’avise de faire de la critique d’une Ă©mission tĂ©lĂ©, ou radio, ou d’un film, ou d’un livre et qui citent “nominativement” ces auteurs.
12 mars 2010 à 0:36
“on rigole doucement devant les mĂ©thodes plus souvent digne d’un amphi que d’une rĂ©alitĂ© probante”
On vous attend de pied ferme, le pseudo Ă trois lettres, pour nous faire la dĂ©monstration de la rĂ©alitĂ© probante (en langage un peu moins pĂ©dant que le vĂ´tre, svp. il s’agit de comprendre);
Et surtout, n’oubliez pas de relever le niveau et de “bannir la mĂ©diocritĂ©” ! FC n’attend que vous ! On se demande d’ailleurs, comment vous, un adorateur de la libertĂ© d’entreprendre, attendez Ă ce point tout de FC… Quel manque d’initiative, ces zĂ©lotes;
12 mars 2010 à 9:16
Pendant ce temps, les Matins de France Culture sont Ă science-po. Home Sweet Home… Pourquoi ne pas dĂ©localiser la rĂ©daction dans cette vĂ©nĂ©rable institution, sans matĂ©riel de diffusion, entre eux, ce qui permettrait Ă France Culture de respirer et de retrouver sa vocation culturelle sans cet espèce d’entichement perpĂ©tuellement politicart et science-poteux.
12 mars 2010 à 15:13
Un exemple de blog radio sérieux de service public, respectueux, informatif et approfondi :
http://www.bbc.co.uk/blogs/radio4/
15 mars 2010 à 18:24
Houlla, dĂ©localiser la rĂ©daction Ă Science-Po, mais vous voulez la tuer, la rĂ©dac !! Suffit d’Ă©couter le journal de FC sur une journĂ©e pour comprendre que le groupe de la RĂ©dac se trouverait, plongĂ© dans du savoir Ă prĂ©tention d’objectivitĂ© et dans de l’info non biaisĂ©e, comme une bactĂ©rie anaĂ©robie qu’on mettrait subitement Ă l’air libre : c’est la mort immĂ©diate.
Vu sa couleur corporatiste Ă courte vue, (pas une seule Ă©dition des journaux de FC sans monter en Ă©pingle les news des mouvements sociaux) elle ne survivra pas 5 minutes dans le bocal de Sciences-Po, oĂą l’idĂ©ologie dominante est plutĂ´t celle de l’Ă©conomisme Ă©clairĂ©. Bref l’inverse des journaux de FC, qui sont lourdement Ă©conophobes et tiers-mondistes, et projettent sur les nouvelles du monde entier le mĂŞme regard tordu qu’ils posent sur la France : lire et activer au maximim la grogne, la frousse, le mĂ©contentement, la rĂ©crimination, et dans le mĂŞme temps accuser l’ennemi idĂ©ologique de susciter grogne frousse et mĂ©contentement, bref exactement ce qu’on fait soi-mĂŞme. Le procĂ©dĂ© est vieux comme le monde et ça rend les journaux de FC comiques malgrĂ© leur ton de sĂ©rieux surjouĂ©. On se demande qui peut y croire Ă part les indĂ©crottables militants. Pour s’informer correctement sur FC il faut Ă©viter les journaux et Ă©couter les magazines qui on envahi le programme.
Non non, croyez-m’en : Science-Po est au contraire un excellent bocal de savoir pour rĂ©sorber l’Ignorance-Po que devient la rĂ©daction de FC. Voyez comment Science-Po est venu Ă bout de la culture sur FC : out ! Beau rĂ©sultat, non ?
16 mars 2010 à 9:03
Pour reprendre la discute culturelle sur Pink Floyd, il me reste quelques souvenirs de leur concert The Wall Ă Earls Court Ă Londres en 1980. Le son m’avait marquĂ©, avec une sorte d’hexaphonie par laquelle les solos de guitare (Confortably numb, Another Brick in the wall,…) faisaient le tour de la salle. Je me souviens aussi qu’à la fin du premier morceau, un avion traverse la salle et s’écrase contre le mur en construction. Ambiance…
A l’époque, juste après les punks, The Wall est un des derniers feux d’artifice (assez pompeux) du rock planant avant qu’on bascule dans les musiques plus directes des annĂ©es 80 (Let’s Dance , 1983, David Bowie)
Lors du concert, le 1er morceau, « In the flesh », faisait l’objet d’un canular, liĂ© au thème de l’album, le repli sur soi (derrière un mur) et la communication faussĂ©e. A la fin du morceau, on se rend compte en effet, après le crash de l’avion, que le groupe sur scène qu’on applaudissait Ă©tait une doublure… Donc pendant les 5 premières minutes, la foule en dĂ©lire applaudissait un faux Pink Floyd.
La copie et l’usurpation n’ont donc pas autant d’importance que ça quand le message passe: à méditer sur ce blog
16 mars 2010 à 16:19
IntĂ©ressante votre histoire, mais de mon point de vue la conclusion est un peu rapide et le lien est discutable. On se demande ce que vous voulez dĂ©montrer ? Peut-ĂŞtre, qu’on peut abuser le public d’un concert rock (art qui n’a jamais prĂ©cisĂ©ment poussĂ© Ă l’affinement de la conscience). Qu’on peut abuser une foule fervente (la ferveur n’est pas le dĂ©lire) parce que les foules rassemblĂ©es sont aisĂ©ment manipulables ? Merci, merci. Mais quel rapport avec la vie d’un blog ? Bien sĂ»r, qu’il y a un rapport…
Les fake n’auraient pas autant d’importance que ça, dites vous. Vous avez raison sur certains points, notamment quand les messages retranscrits se dĂ©fendent suffisamment bien, et que les recopier leur donne un Ă©cho supplĂ©mentaire. Reste Ă savoir aussi avec quel but, et dans quel esprit les recopies sont faites, et avec quels effets non souhaitĂ©s ni des bloggueurs initiaux des textes recopiĂ©s, ni par l’auteur du fake.
Par exemple, reprendre un post et une signature, c’est donner Ă croire que l’auteur du texte ou le dĂ©tenteur informel de la signature sont d’accord pour la manoeuvre. Comme le Pink Floyd Ă©tait l’organisateur du “fake”, en quelque sorte. Mais dans les cas oĂą cela n’est pas ? Il aurait peut-ĂŞtre fallu se poser la question. Sauf bien sur, si l’intention est de semer un dĂ©sordre. Or en matière de dĂ©sordre, ce blog a eu son compte. Quand le but d’une opĂ©ration demeure obscur, du fait de l’obscuritĂ© assumĂ©e de la manoeuvre, le rĂ©sultat en est l’ambivalence et l’ambiguĂŻtĂ©. Ce blog a-t-il vraiment besoin de dĂ©sordres et de coups fourrĂ©s ? On a vu oĂą ça l’a menĂ©. Maintenant Lebrun est Ă©coeurĂ© ou rigolard, ça on ne sait pas car il n’a pas la franchise de le dire. Mais du cĂ´tĂ© de ses lecteurs, c’est certain que vu l’évolution (la rĂ©gression) de la situation, ceux-lĂ sont flouĂ©s et mĂ©contents.
Je voudrais revenir à mon premier point : a-t-on vraiment besoin de l’exemple du concert rock comme phénomène d’authenticité douteuse, pour savoir que les foules sont manipulables ? Cela, c’est toute la vie politique qui nous le montre déjà , dans ses répercussions sur les ignorants : il suffit de lire les mots enflammés des partisans d’un parti et des adversaires de l’autre. Il faut les lire ces billets pleins de foi pour sa petite cause ou plein de hargne pour l’adversaire détesté. En ce moment même ce genre de discute redémarre dans le fil « Jacques Marseille ». Mais à part les naïfs, qui donc peut croire que ces échanges passionnés ont quelque rapport avec ce que font et veulent les responsables politiques ? Quant à ce qui se passe vraiment dans une société, pardon mais c’est pas dans des propos militants déposés en blog qu’on trouvera la vérité. Qu’on se comprenne bien : je ne cherche pas à diaboliser ni à justifier les actes cachés des puissants dans le même temps que je chercherais à ridiculiser les propos enflammés des impuissants : je dis que le rapport entre les deux est tellement ténu, que les discussions qui se croient « citoyennes » (lire : militantes) en perdent tout sens.
Pourquoi ce détour : pour dire qu’un blog qu’on transforme en espace de combat, combat militant ou guerre aux propos critiques, c’est brouiller la vocation du blog. En faire un espace de critique sans tenir compte de la volonté de son fondateur, c’est peut-être bien aussi le dévoyer, le blog. Maintenant, si le fondateur considère ce blog comme jadis son émission radio, c’est-à -dire un pot-au-feu dont l’os à moelle est apporté par l’auditeur, alors notre Bloggueur Lebrun aurait intérêt à préciser sa commande au traiteur, car après une période de contributions tous azimut, ce blog s’est limité à trois discours hargneux : les critiqueurs de la radio, les intolérants à la critique, et la pincée d’intellect du militantisme. Des trois, seul le premier pouvait être recyclé en discussion calme et posée. Ca a été soigneusement empêché par les tenants du second, tandis que les troisièmes ressassent ici ce qu’on lit partout (comme la rédaction de FC, tiens).
Je sais que ceux qui n’ont rien à dire et ne cessent de s’en torturer comme ceux qui voudraient exprimer quelque idée mais ne savent le faire autrement que de façon hargneuse, biaisée, et lapidaire, tous ceux là jugeront ce post long et confus. Ce faisant ils ne feront que signaler leur faiblesse de concentration. Je ne dis pas cela en réponse au post de 9h03 mais pour anticiper sur les jeux malsains qui se donnent cours ici. Si on juge que ce post dit faux, qu’on le dise clairement et qu’on dise pourquoi. C’est à ça que sert un espace de discussion : à développer des avis, des commentaires, des critiques, et non à défouler ses pulsions de dénigrement et de manipulation. Jusqu’à preuve du contraire, je continue à penser que les attaques personnelles sont du premier, tandis que les pompages de posts et les vols de pseudo sont de la seconde.
17 mars 2010 à 6:43
un terme, dans la calligraphie chinoise, dont la traduction est: pas à pas, veut dire en réalité en chinois: demi pas à demi pas,,,
17 mars 2010 à 8:18
Ma mĂ´me, ell’ joue pas les starlettes
Ell’ met pas des lunettes
De soleil
Ell’ pos’ pas pour les magazines
Ell’ travaille en usine
A Créteil
Dans une banlieue surpeuplée
On habite un meublé
Elle et moi
La fenĂŞtre n’a qu’un carreau
Qui donne sur l’entrepĂ´t
Et les toits
On va pas Ă Saint-Paul-de-Vence
On pass’ tout’s nos vacances
A Saint-Ouen
Comme famille on n’a qu’une marraine
Quelque part en Lorraine
Et c’est loin
Mais ma mĂ´me elle a vingt-cinq berges
Et j’crois bien qu’la Saint’Vierge
Des églises
N’a pas plus d’amour dans les yeux
Et ne sourit pas mieux
Quoi qu’on dise
L’Ă©tĂ© quand la vill’ s’ensommeille
Chez nous y a du soleil
Qui s’attarde
Je pose ma tĂŞte sur ses reins
Je prends douc’ment sa main
Et j’la garde
On s’dit toutes les choses qui nous viennent
C’est beau comm’ du Verlaine
On dirait
On regarde tomber le jour
Et puis on fait l’amour
En secret
Jean Ferrat dans “Vivre sa vie” de Godard
http://www.youtube.com/watch?v=wQIWmfgCoGI
17 mars 2010 à 11:02
Auriez-vous une recette miracle pour briser le cycle de ressassement thĂ©matique dont France Culture est affligĂ©e (revendications sociales, mĂ©moriel, sauvons la planète, causes obligĂ©es, marronniers en tous genres)? Ce serait merveilleux d’allumer la station et d’ĂŞtre surpris par ce qu’on y entend… Imaginons, rĂŞvons-un peu!
17 mars 2010 à 12:22
Pour la tournĂ©e “A momentary lapse of reason”, c’Ă©tait un plumard gĂ©ant qui traversait la salle au dessus du public de Pink Floyd.
17 mars 2010 à 19:25
voila encore autre chose, la discussion enflammĂ©e selon Nessie 16 mars 2010 Ă 16:19, non il n’en est rien, il s’agit de vouloir dominer ce blog par une invasion de type flooding permanent sous lequel on essaie de faire croire a une critique.
“Des trois, seul le premier pouvait ĂŞtre recyclĂ© en discussion calme et posĂ©e.”
Encore un jugement de valeur Ă l’arrache, prĂ©conisant une approche fondĂ©e seulement sur l’angle de vue de l’Ă©metteur, et bien sur ne tenant pas compte de la prĂ©sence d’Ă©ventuels surfeurs autres que ceux nommĂ©s.Ce blog n’est pas la propriĂ©tĂ© d’une critique, il est simplement un blog, rien de plus, donc affirmer que c’est un lieu critique n’est pas recevable .
http://www.youtube.com/watch?v=FCMHmDnfD6I
18 mars 2010 à 7:35
A la fin du DĂ©cibels sur les Beatles, on entend un des invitĂ©s dire que les Beatles avaient planquĂ© des morceaux dans leurs disques, notamment sur Abbey road en fin de seconde face, après “the end”, il y avait un pousse-cafĂ© que personne, parait-il, ne pouvait Ă©couter, parce que les platines de l’Ă©poque s’arrĂ©taient avant : le bras dĂ©clenchait la fin de l’Ă©coute et le retour Ă la base. Et bien sĂ»r le truc Ă©tait pas sur la pochette du disque. Ouais. Sauf que je l’ai tellement entendu ce truc , que je m’en souviens encore alors que je n’ai jamais Ă©coutĂ© Abbey Road en CD.
Aux fautes de mĂ©moire ou d’Ă©coute près, c’est
Her majesty’s a pretty nice girl But she doesn’t have a lot to say
Her majesty’s a pretty nice girl But she change from day to day
I wanna tell her that I love her a lot But a gotta get a belly full o’wine
Her majesty’s a pretty nice girl Some day I’m gonna maker her mine
Oh yer Some day I’m gonna make her mine (shlong - ça s’arrète brusque, non ?)
Est-ce que d’autres ont le mĂŞme souvenir ? Est-ce que vous aviez dĂ©rĂ©glĂ© l’auto-stop de votre platine pour ça? Ets-ce que je réécris après coup mes 70’s ?
Par ailleurs il parle de sillon fermĂ©, et on dĂ©plore qu’avec les CD il n’y ait plus de possibilitĂ© de sillon fermĂ© ?
Euh est-ce qu’on a jamais fait du sillon fermĂ© sur des disques en vente dans le commerce ?
Et le sampling, c’est pas un peu comme du sillon fermĂ© ?
Bref je me demande si l’invitĂ© est bien sĂ©rieux.?
Cela dit ils Ă©taient 2 ou 3. Je ne sais pas si c’est Castanet ou Abromont ou encore quelqu’un d’autre…
Ah j’oubliais : on a entendu des tas de versions dont Cathy Berberian (et mĂŞme un extrait d’interview), et aussi la version Odeurs de “I wanna hold your hand”. Marrant. Comme le disait Costric 1er : Odeurs frĂ´le le bon goĂ»t sans jamais y tomber…
Ce serait intéressant que Décibels fasse une émission sur le piratage et les dispositifs de protection inefficaces. La facilité de copie offerte par le numérique pose une vraie question
18 mars 2010 à 12:20
Bonne nouvelle cette semaine pour ceux qui aiment et regrettent une série un peu délaissée depuis quelque temps : la Matinée des autres. Jeudi et Vendredi, 2 numéros inédits pour les collectionneurs. 2 numéros venus des premiers temps ou presque : en 1980, alors que l’émission hésitait encore entre sa précédente mouture dans L’autre scène, et sa forme future de documentaire artistique. De ces premières années, les quelques numéros qu’on connaît sont encore plutôt sérieux, et plus documentaires savants qu’élaboration poétique. Vu la qualité de la série, il est permis d’aimer les deux. Au programme de ces deux nuits sahéliennes : Griots mandingues du Sénégal, et Cités du désert par Marie-Hélène Baconnet qu’on retrouvera dans la série quelques années plus tard, à partir de 1984, avant qu’elle ne s’installe durablement dans une autre émission hebdomadaire (Fréquence buissonnière).
Signalons un autre cadeau, c’est un numéro de La musique et les hommes, daté du jour de Noël 1968. 4 séquences dues à Joëlle Vitold, dont les 2 premières directement sur la musique de cinéma : Jacques Tati ; Georges Delerue ; un dialogue sur l’art lyrique entre un critique et deux amateurs, Jacques Bourgeois accueille Jean Poiret et Jacques Martin ; et la dernière séquence, sur la musique de cirque ou mieux : la musique des clowns.
Signalons encore deux lectures par Claude Mettra puisées dans le fonds de l’Arche de la nuit, petits chemins de la connaissance, chemins de la double face nuit/jour, dans les contes et légendes. Mercredi un conte chinois : « Le tailleur de Pierre » ; samedi un conte de chez les indiens Micmac : « La femme en bois ».
Pour le reste, on note cette semaine dans les nuits :
- un numéro d’Agora en 1979 en première rediff tout comme la conférence ci-après :
- une conférence de Thierry Maulnier, donc un moment historique, la parole enregistrée d’un intellectuel officiel. Certains croient que les archives c’est seulement ça. Disons que pour les auditeurs des Nuits, les archives c’est ça aussi.
- un entretien de Francesca Isidori dans les Affinités électives, donc récent me dira-t-on. Mais ça vaut la peine de le signaler quand même car il est daté de 2004, soit en ces temps confus d’avant le podcast, où la plupart d’entre nous commençaient seulement à s’entraîner au MP3 tout en continuant d’accumuler les cassettes audio. Et Henri Meschonnic, c’est pas un jeune auteur branché comme on en trouve de plus en plus au micro de Francesca. Meschonnic c’est une pointure et comme Maulnier, ça vaut le coup de l’entendre au moins une fois dans sa vie.
- un numéro de la série « 70 ans de machines parlantes », plutôt désuète autant par son style que par son indicatif musical qui est une version un peu savonnante de Coppélia. Dans cette série de l’été 47, on attire notre attention sur l’histoire des techniques du son ou plutôt des enregistrements, ainsi que sur leurs usages. Pour cette fois on nous parle des usages du disque dans la vie quotidienne. L’auditeur y apprendra que grâce au phonographe les faucheurs peuvent chanter du Wagner, et aussi qu’ils peuvent chanter mieux qu’avant, et puis qu’il y a des juke-box dans les cafés en 1947, et encore que dans les foires les piqueupes commencent à remplacer les limonaires.
- enfin on ne ratera pas la seconde rediff d’un documentaire de RenĂ©e ElkaĂŻm-Bollinger, notre productrice de « Bouche Ă oreille » qui en ces temps-lĂ n’était encore qu’une Ă©mission de la grille d’étĂ©. REB quant Ă elle, s’illustrait alors dans les grandes sĂ©ries documentaires du FC de Jean-Marie Borzeix : Une vie une oeuvre, Mardis du cinĂ©ma, MatinĂ©e des autres, ici c’est un Lieu de mĂ©moire de dĂ©cembre 1996 : La khâgne. On le dĂ©conseille aux allergiques des rĂ©seaux parisiens. On le recommande plus que chaudement aux amateurs de documentaires fignolĂ©s. Si vous ĂŞtes dans les deux cas, vous ĂŞtes perdu…
18 mars 2010 à 13:40
Cette semaine Raphy re-dĂ©couvre l’art radiophonique. Et c’est plutĂ´t pas mal : on rĂ©introduit un peu de fond sonore non plus seulement derrière les lectures mais derrière la discute. Ce matin la 1ère Gnossienne pour Ă©voquer le dĂ©tail chez Proust. On peut critiquer la cohĂ©rence du choix et puis c’est pas un sommet d’originalitĂ© mais enfin pour la couleur radio, franchement ça marche assez bien. Dans 10 ans on aura dans les NouvĂ´Chemins une ambiance radio qui rappellera celle des 1990’s, quel rĂ©sultat bravo !
Par ailleurs et toujours pour l’Ă©mission qui s’achève Ă l’instant, dans la sĂ©quence finale (Journal d’Adèle), signalons un bref Ă©change avec Pascal Sanchez sur son Que-Sais-je “Les croyances collectives”. A l’entendre, Sanchez me semble bien plus sĂ©rieux que l’autre proprio du sujet, G. Bronner qu’on a rĂ©cemment entendu chez Munier. Bronner est Ă la fois plus imaginatif et nettement moins scientifique d’ailleurs on ne le retrouve mĂŞme pas dans la biblio du livre de Sanchez. A condition que ça ne rĂ©sulte pas d’un oubli ou d’une erreur d’Ă©dition (les PuF ne roulent pas sur l’or), cette absence d’un confrère dans la biblio est selon moi un gage de discernement, et pour qui sait lire c’est Ă coup sĂ»r le signe d’une concurrence dans le sujet considĂ©rĂ©.
18 mars 2010 à 15:10
On a eu plusieurs rediffs d’émissions de Pierre Sipriot ces derniers temps. Profitons-en pour recycler ici une notice inspirée par le Dictionnaire de la Radio de Robert Prot
Pierre Sipriot : ce nom est connu des auditeurs de nuit. SpĂ©cialiste officiel de Montherlant et c’est Ă -peu-près tout ce que dit la notice de Wikipedia, qui en la matière se trouve assez short. Mieux vaut chercher ailleurs un peu partout oĂą l’on peut chercher. A ce prix on apprend que Sipriot est nĂ© en 1921. Ancien de chez Plon oĂą il dirige quelques collections en mĂŞme temps que la revue “La Table Ronde”. A la radio, Sipriot est fortement prĂ©sent dans Connaissance de l’homme, puis dans l’Analyse spectrale de l’occident (57-68), et juste avant, comme les Nuits nous l’ont rappelĂ© depuis 2 semaines, il produit « Parler en prose et le savoir » oĂą il reçoit entre autres Claudel Bernanos Supervielle Jouhandeau Caillois GuĂ©henno et Albert BĂ©ghin. C’est qu’il y a un art du dialogue chez Sipriot. On a pu entendre ces derniers jours que c’est un peu vieillot certes mais pas tant que ça, et du coup c’est mĂŞme assez intemporel. La parole de Sipriot donne immĂ©diatement une grande impression d’intelligence et de maitrise du sujet. Par exemple les dialogues avec Albert BĂ©ghin alors directeur de la revue Esprit, font preuve d’une profondeur qu’on trouve rarement dans les actuelles Ă©missions littĂ©raires de FC. Après 1968, Sipriot est directeur des Ă©missions littĂ©raires et artistiques Ă FC, il fondera le RĂ©pertoire Dramatique Contemporain qu’il confie Ă Lucien Attoun. Noter qu’en 1996 on l’entendait encore dans les Lundis de l’histoire.
19 mars 2010 à 7:51
On vous laisse causer, Nessie …
Mais JL n’avait pas Ă choisir d’ĂŞtre le portefaix de toutes les critiques concernant les productions de Radio France, ni le relais de trop de malveillances ou autres perfidies.
Les blogs sont des champs publics, accessibles Ă tous. Et donc, piratage ou pas, si vous voulez cogner sur l’un ou l’autre, le conseil opportun est de le faire plus discrètement, en mails privĂ©s Ă©videmment. Personne ne viendra vous y contrarier …
Après ce ‘tabula rasa’ vigoureux, j’attends le prochain billet de JL. C’est comme après un cyclone, il faut du temps pour retrouver coeur et choeur Ă partager du positif. Vous vous plaignez beaucoup de la morbiditĂ© ambiante de France Culture. Reflets de la vie qui nous entoure ? Un bon vieux dicton propose de changer de lunettes pour la regarder diffĂ©remment. Je souhaite que les vĂ´tres vous aident Ă la lire de façon moins pessimiste. Puisque cela enclenche le pire des maux Ă partager actuellement.
Bonne journée aux habitués et aux promeneurs du blog.
Ch.
22 mars 2010 à 8:13
Est-ce qu’il existe une petite chance pour que France Culture prenne un jour conscience de l’inutilitĂ© de ses Ă©missions politiques et Ă©lectorales?
Bon sang, mais pourquoi détester à ce point la culture dans le 7-9?
23 mars 2010 à 15:49
Mais pourquoi toujours nier que le travail de l’Ă©quipe de Marc Voinchet, c’est aussi de la “Culture” ?
Un dĂ©faut de courte vue …
Ch.
24 mars 2010 à 7:51
” pourquoi toujours nier que le travail de l’équipe de Marc Voinchet, c’est aussi de la “Culture”?Un dĂ©faut de courte vue”
Courte vue? Je pense plutôt qu’à long terme le 7-9 est une émission qui, par son contenu politico-médiatique, répand une pensée unique mollassonne dans la société. Qui se souvient des Régionales 2004? Et pourtant elles ont encombré l’antenne comme les Regionales 2010. La culture, c’est tout à fait autre chose : ce sont les idées qui restent, qui surprennent, qui dérangent, comme de prendre une claque en écoutant une interview de Pasolini
Par ailleurs, sur la forme, le 7-9 est devenu un show chronométré dans lequel même Mozart, Einstein ou Dieu le Père se feraient interrompre imperturbablement par des chroniquettes, des dring-dring et des flashotis d’actutu
24 mars 2010 à 10:14
Qu’est-ce que la “Culture”? On “apprend” des “choses”? Selon ce que j’entends, la “Culture” aux Matins, c’est ce qu’on Ă©voque quand l’actualitĂ© politique et Ă©conomique s’Ă©puise un peu. Pas mal pour une radio “Culturelle”!
25 mars 2010 à 10:00
“le 7-9 est devenu un show chronomĂ©trĂ© dans lequel mĂŞme Mozart, Einstein ou Dieu le Père se feraient interrompre imperturbablement par des chroniquettes, des dring-dring et des flashotis d’actutu”
Excellent ! Sur ce point, je suis d’accord !
29 mars 2010 à 8:09
Ah bon les Matins rĂ©pandent une “pensĂ©e unique mollassonne” ? On trouve de tout dans les commentaires des blogs, mais parfois la volontĂ© de faire court (Ă moins que ce ne soit simple dĂ©mission devant le travail de rĂ©flexion) autorise un art du raccourci qui masque Ă peine un art du faux…
Peut-on dire clairement en quoi la pensĂ©e que diffuserait le 7-9 serait une pensĂ©e unique ? Alors que nombre d’auditeurs disposant d’oreilles pour entendre viennent au contraire lui reprocher, qui son pluralisme systĂ©matique, qui de trop donner la voix au gens de l’autre camp ? RĂ©sultat : les rĂ©acs y entendent du gauchisme et les gauchos le jugent une Ă©mission rĂ©actionnaire. En effet il y a des chroniqueurs de gauche + des chroniqueurs gauchistes (c’est pas la mĂŞme chose) + des chroniqueurs de droite + des gens neutres (qui seront toujours placĂ©s par les uns et par les autres dans le camp d’en face) + une revue de presse au ton vocal Ă©motionnel inspirĂ© de Claire Chazal. Et le tout est animĂ© par quelqu’un qui ne prend jamais parti sauf de façon feinte pour relancer le dĂ©bat sur un ton enjouĂ© ce qui parfois fait plus que friser la faute de goĂ»t mais passons. Quoi d’unique la-dedans ? Les matins sont un espace de pluralisme et de neutralitĂ© tolĂ©rante.
Peut-on dire en quoi la pensĂ©e du 7-9 de FC serait « mollassonne » ? Eh bien par cette tolĂ©rance, prĂ©cisĂ©ment. Mais voila pour les rĂ©volutionnaires mĂŞme quand ils sont en chaussons, la tolĂ©rance c’est un truc de fiottes hein c’est bien connu. Cela dit elle n’est pas si facile Ă entretenir la tolĂ©rance, et qui en doute pourra s’en convaincre en parcourant les Ă©crits de rĂ©dacteurs amateurs dans les forums militants qui fleurissent sur l’internet. Alors n’importe quel enragĂ© de bistrot peut se draper dans la posture facile qui consiste Ă vomir les tièdes, n’empĂŞche que dans une Ă©mission d’actu, puisqu’hĂ©las avec les Matins c’est le cas, eh bien la raison et l’équilibre valent mieux que les extrĂ©mismes qui, eux, sont toujours musclĂ©s. Alors de quoi d’autre faudrait-il rĂŞver ? Faut-il vouloir que France Culture devienne encore plus militante Ă l’image de Radio-Libertaire ou Radio-Courtoisie, ou mieux de vienne la radio du NPA qui diffuserait une pensĂ©e Ă oeillères, encore plus unique et celle-lĂ musclĂ©e, pour le coup ?
Mais quel rapport, au fait, avec le calibrage chronomĂ©trĂ©-saucissonnĂ© du 7-9 ? RĂ©ponse : il n’y a aucun rapport, et le fait de rassembler les deux dans une critique lapidaire est un bon exemple d’amalgame par juxtaposition, oĂą malgrĂ© la cheville « par ailleurs » qui ne trompe personne, sont rapprochĂ©s la forme et le fond alors qu’il n’y a entre eux aucun rapport. Le principe de la chronique est peut-ĂŞtre critiquable, et peut-ĂŞtre mĂŞme est-il surexploitĂ© dans les Matins, mais prĂ©cisĂ©ment il assure le pluralisme et la tolĂ©rance. Vendredi matin la chronique de Duhamel Ă©tait exemplaire, et on peut parier qu’à certains elle paraitra mollassonne et promotionnelle d’une « pensĂ©e unique », puisque le chroniqueur y dĂ©fendait dans le mĂŞme temps le droit Ă la parole d’un Ă©ditorialiste qu’il qualifiait de rĂ©actionnaire, et le droit Ă la caricature d’un satiriste de l’ultra-gauche que pour le coup Duhamel assimilait aux officines nĂ©o-fascistes. Ce Duhamel on peut le critiquer et mĂŞme y voir un dangereux activiste ou un « mollasson de la pensĂ©e unique » (cf 7h51). N’empĂŞche qu’il a fait vendredi un de ses meilleurs papiers, qui Ă©tait un Ă©loge de la raison et de la tolĂ©rance, oĂą donc les extrĂ©mistes ne verront, on peut que parier, que de la « pensĂ©e unique mollassonne ». Alors justement les chroniques ici qualifiĂ©es sans justification de « chroniquettes », il serait peut-ĂŞtre temps de leur accorder une oreille moins mĂ©prisante. Vous savez c’est pas si Ă©vident d’avoir une idĂ©e par jour ou une idĂ©e par semaine ! Il y a mĂŞme des gens qui Ă©crivent des livres oĂą ils ne mettent pas tout Ă fait une idĂ©e par chapitre, alors qu’il arrivent Ă y glisser Ă chaque page une erreur ou Ă -peu-près …
Maintenant on peut rĂ©pondre : le 7-9 de Voinchet a ceci d’unique qu’il est Ă©quilibrĂ© et que l’équilibre ça dĂ©range les militants. La vĂ©ritĂ© est que l’expression « pensĂ©e unique » est un de ces clichĂ©s sans fondement, qui n’a aucun sens utile. Que l’émission semble “mollassonne” parce qu’elle n’est pas militante, c’est bien ça qui la rend supportable. Que la place de la culture y soit la portion congrue (une Ă©mission par semaine Ă condition d’être hors de pĂ©riode Ă©lecrorale) est un autre problème, qui n’a rien Ă voir avec la pensĂ©e unique, mais que le post de 7h51 amalgame en recourant Ă un procĂ©dĂ© connu et Ă©ventĂ©.
Finissons sur la culture : ne t’en dĂ©plaise, elle ne se dĂ©finit pas comme “ce qui dĂ©range” l’esprit, mais comme ce qui le cultive. Des claques idĂ©ologiques, on en reçoit dans les officines militants et que France Culture ne soit pas de ce nombre est tout Ă son honneur. C’est dĂ©jĂ bien assez pĂ©nible que ses journaux soient aussi peu factuels et aussi chargĂ©s en jugements, et c’est dĂ©jĂ bien assez pĂ©nible que le reste de la journĂ©e FC participe aussi activement aux hystĂ©ries des temps ambiants. Mais c’est un autre sujet et pour ça il y a un autre billet dans ce blog, qui appelle lui aussi du commentaire.
29 mars 2010 à 19:29
C’est effrayant la violence du commentaire de 8h09!!!
29 mars 2010 à 20:26
Si quelqu’un vous dit :
« Ma voiture est confortable.
Par ailleurs elle est rapide »
Attention, gardez votre sens critique car c’est tout simplement de L’AMALGAME PAR JUXTAPOSITION !
Etonnant, non ?
30 mars 2010 à 0:02
Le message 29 est juste et argumentĂ©. Pas comme les rĂ©ponses indignes qui lui succèdent… Pourquoi Ă ce point se moquer quand on est pas capable de pondre un seul argument. L’Ă©poque est au sarcasme, au ricanement. Le blog de JL en porte la trace.
30 mars 2010 à 7:55
RĂ©pondre Ă une seule remarque de Chantal (qui arguait que les Matins font de la culture) au moyen d’un double argument d’abord sur le contenu par une critique idĂ©ologique au militantisme sous-jacent, ensuite sur la forme de l’Ă©mission, c’est en effet un cas d’amalgame, en ceci que si la première rĂ©ponse donne une conception de la culture (mĂ©diocre certes, et mĂ©prisante, mais une conception de la culture tout de mĂŞme), au contraire la seconde partie traite d’autre chose et saisit l’occasion pour jouer du pamphlet facile (le ton est tout aussi outrancier et mĂ©prisant).
Conseil Ă 20h26 : si vous voulez analyser ou critiquer un morceau de dialogue, tâchez de le replacer dans son contexte, au lieu de maladroitement le dĂ©fendre en prenant un exemple biaisĂ©. “Par ailleurs” si vous voulez dĂ©fendre un style de propagandiste, vous gagneriez Ă mieux choisir vos exemples.
Illustration : “ma voiture est confortable et en plus elle est rapide” serait en effet une rĂ©ponse absurde et amalgamante si elle rĂ©pondait Ă une remarque “moi dans ta bagnole je me sens mal”.
30 mars 2010 à 20:31
Franchement, c’est complètement n’importe quoi votre sur-interprĂ©tation du “par ailleurs”.
Depuis quand est-il interdit de mettre 2 critiques à la suite, indépendantes, en changeant de paragraphe et en sautant une ligne?
31 mars 2010 à 14:19
“ma voiture est confortable et en plus elle est rapide” serait en effet une réponse absurde et amalgamante si elle répondait à une remarque “moi dans ta bagnole je me sens mal”.
Ben c’est clair non ?
non?
Ouaf
LRDB
31 mars 2010 à 22:28
- Moi dans ta bagnole je me sens mal [affirmation]
- Pourtant, elle est confortable [contradiction]
- Par ailleurs, elle est rapide [changement de sujet]
Pas d’amalgame lĂ dedans.
1 avril 2010 à 9:46
Pour ceux qui suivent un peu l’actualité politique, il apparaît qu’on peut caractériser le 7-9 de France Culture comme propageant inlassablement dans ses matinales politiques l’idéologie unique du Oui au Traité de Lisbonne, en étouffant (ou diabolisant selon les cas) la pensée majoritaire du Non. Petit rappel : en 2012, les français pourront éventuellement renvoyer monsieur Sarkozy (démocratie de façade) mais ne pourront en aucun cas revenir sur le Traité de Lisbonne qu’on leur a imposé via le parlement.
Dans ce 7-9, les escarmouches entre la gauche libérale (PS, Verts) et la droite libérale (UMP, Modem) dissimulent donc mal leur accord sur l’essentiel : convaincre chaque matin les citoyens qu’il n’y a aucune autre alternative que de se laisser dicter son agenda par le Marché.
Du coup, ça restreint énormément la vie des idées si on s’interdit, ne serait-ce que d’étudier, des choix politiques comme la nationalisation des banques et de l’énergie, la faisabilité de la retraite à 58 ans, etc., la liste est longue des sujets qu’on ne veut même pas aborder.
2 avril 2010 à 10:52
Vous avez essayĂ© Radio Libertaire? C’est une radio qui correspond bien Ă vos revendications. Et cela nous permettra de nous souvenir que le principal dĂ©faut de France Culture, ce n’est pas de ne pas reflĂ©ter vos opinions, mais bien de faire passer le mot “culture” Ă la trappe du journalisme engagĂ©.
2 avril 2010 à 18:47
Eloge vibrant du livre de Martel, par Nicolas Demorand, sur France-Inter, suivi hier (je crois) d’une invitation du mĂŞme Martel Ă l’antenne. Ă€ en croire Demorand, c’est le chef-d’Ĺ“uvre du siècle et les Ă©pithètes flatteuses ne suffisent pas Ă encenser cet immense travail. Il faut Ă©couter Martel raconter comment il a voyagĂ©, comment il a eu face Ă lui des “millions” de gens (”vous avez face Ă vous des millions de gens qui vous disent….” ), comment il incarne Ă lui la seul la comprĂ©hension de ce phĂ©nomène mondialissime, qu’Ă©videmment en Europe nous ne comprenons pas. D’ailleurs en Europe, nous ratons le coche avec notre culture rabougrie alors qu’on ferait mieux de passer directement Ă l’entertainment abrutissant Ă grande Ă©chelle, car lĂ est l’avenir. C’ets donc une belle occasion de taper un peu sur l’Europe et de vanter les vertus de ces pays Ă©mergents qui savent tenir tĂŞte au gĂ©ant amĂ©ricain en servant la mĂŞme soupe que lui. MArtel au micro de Demorand, est toujours aussi tĂŞte Ă claques (il me rappelle BĂ©gaudeau, je ne sais pas pourquoi) et se rĂ©vèle une vraie langue de p… Ă€ un certain moment, alors qu’il commentait son face Ă face planĂ©taire avec les masses de ce monde, il dĂ©clare “alors lĂ , quand vous ĂŞtes face Ă des millions d e gens qui vous disent que…. vous faites moins le malin, comme un Eric Zemmour….” ???? Quel rapport avec la choucroute ? Aucun. Juste pour dire du mal, et faire, justement, le malin Ă peu de frais, le donneur de leçons, se la jouant complice avec Demorand. On fait partie du “camp du bien”, non mais. MArtel est insupportable de fatuitĂ© et d’arrogance. Ă€ l’Ă©couter, on en vient Ă se demander , avec la publication de son bouquin, si son Ă©mission n’avait d’autre finalitĂ© que de lui servir de travaux pratiques pour rencontrer ces fameux “gens” qui lui permettent ensuite de nourrir son enquĂŞte perso. Aux frais de la princesse Culture. Mais il y a après tout, une cohĂ©rence, puisque FC s’applique Ă dĂ©truire la culture dite Ă©litiste qu’elle vomit. Pendant ce temps, on s’extasie donc de la culture au rabais vendue comme un produit d’avenir, en tĂŞte de gondole (dom, meilleur client de Martel, c’est dire l’avenir radieux de la culture) et la chaĂ®ne Culture offre une audience en or Ă ce qui la dĂ©truit. Il faut vraiment que les gens de Culture (pas tous) soient complètement aveuglĂ©s par ces charmeurs de serpents. Dans tous les cas, c’est ce que l’on a dĂ©jĂ Ă “Le rendez-vous”, brave petit soldat quotidien de maĂ®tre Martel, communiquant avec ferveur son exaltation niaise des sĂ©ries tĂ©lĂ©s. On se la joue peuple et mainstream tout en Ă©voluant dans le XVIeme ou dans les quartiers bobos de la capitale
4 avril 2010 à 7:49
“revenir sur le TraitĂ© de Lisbonne qu’on leur a imposĂ© via le parlement.”
La nature mĂŞme de la diplomatie est de renĂ©gocier de manière a conclure de nouveaux traitĂ©s. Cette lecture de la dĂ©mocratie version militante, quasi dictatoriale, est toujours amusante,quant a nationaliser les banques, il suffisait de les laisser s’Ă©crouler plutĂ´t que de les laisser recrĂ©er leurs bulles financieres.
A part ça les matins ne parlent pas que de politique, et heureusement, ils feraient rapidement concurrence a rire et chansons, a force recevoir des despotes permanents gonfler a la professionnalisation du mĂ©tier de la politique, on peut toutefois se demander si ce n’est qu’une vitrine de chalandise ou l’on fait la promotion de la vente du moment, ‘est entre autre par ce type de stratagème que l’on a essayer de nous vendre une taxe Ă©cologique pour continuer de financer un Ă©tat sur-endettĂ©, donc les politiques viennent se vendre sur FC comme n’importe quel fond de commerce, comme vous venez vendre votre retraite a 58 ans…
chacun son support.
6 avril 2010 à 9:43
Lorsque l’Etat prend la dĂ©cision politique de sauver certaines banques, c’est parce que leur faillite serait une catastrophe encore plus grande pour l’Ă©conomie et les citoyens. Donc, une fois la dĂ©cision prise de sauver une banque, se prĂ©sente l’alternative suivante :
1/ la sauver sans contrepartie
2/ la sauver en la nationalisant ou en entrant dans son capital, histoire que l’Etat et les citoyens profitent de la gigantesque plus value rĂ©alisĂ©e quand les actions d’une banque remontent en flèche suite Ă son sauvetage
Les gogos aiment beaucoup la solution 1 qui leur a Ă©tĂ© vendue par la plupart des medias, dont les gens du 7-9, sur le thème “Les banques ont remboursĂ© en versant des intĂ©rĂŞts”. Les mĂŞmes gogos sont en gĂ©nĂ©ral impatients de payer leur Ă©lectricitĂ© 25% plus chère après privatisation.
La solution 2, on ne l’a pas entendue dans le 7-9 de France Culture car cette matinale est très loin d’être neutre politiquement et économiquement
6 avril 2010 à 12:09
Si Ă©voquer la retraite Ă 58 ans c’est militant, alors que dire des super-militants de la retraite Ă 67 ans qui militent rĂ©gulièrement sur France Culture? (Slama, Casanova, etc)
9 avril 2010 à 12:06
Dans son dernier livre, Le triomphe de la cupiditĂ©, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Ă©conomie, affirme que, depuis deux ans, sous prĂ©texte de « sauver les banques », on a consacrĂ© des centaines de milliards Ă sauver les actionnaires des banques.
Une autre stratĂ©gie, totalement diffĂ©rente, Ă©tait possible pour sauver les banques, mais Stiglitz montre que Obama et la plupart des chefs d’Etat ont pliĂ© devant les pressions des banquiers et du « big business ».