
PPDA aurait reçu 45 000 messages lui disant kenavo, Travaux Publics en est encore loin du compte. Il est vrai que l’antenne quitte PPDA avant qu’il ne la quitte. Il faut toujours savoir  partir à temps. Un merci particulier à ceux qui l’ont compris et le disent dans leurs courriels. Dans les médias le renouvellement générationnel des audiences, si difficile, passe notamment par le renouvellement générationnel des producteurs et des animateurs. Dans mes nouvelles fonctions, j’aiderai les nouveaux venus, c’est ce qui m’a toujours le plus passionné dans ce métier, et, rassurez-vous, je veillerai, dans la mesure de mes forces à ce qu’ils restent fidèles à ce qui fonde la légitimité de France Culture.
Juste une remarque à celui qui, fidèlement et régulièrement, signe Sexus Empiricus. C’est vrai, naguère, au temps ancien de Culture Matin, je prenais peu de vacances et il fallait “presque l’intervention des forces de l’ordre” pour me contraindre à m’éloigner du studio. Les formes changent mais les habitudes restent : cet été, je m’éloignerai … De mon stylo, je compte rassembler quelques réflexions issues de notre expérience commune d’auditeurs et de journalistes. Cela fera l’objet d’un nouveau petit livre aux vaillantes et discrètes éditions Bleu Autour : ce sera ma modeste contribution aux états généraux de la presse de cet automne, convoqué par Nicolas Sarkozy, ça y est j’ai encore prononcé son nom, il est temps que je m’arrête.
Certains auditeurs souhaitaient en savoir un peu plus sur Blumerey, c’est pourquoi au travers de quelques photos je vous ferai découvrir ce petit village de Haute Marne.
Un petit village de Haute Marne

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Depuis deux ans, je me prépare à l’échéance. On m’a d’abord laissé entendre qu’il me fallait expier de quelques années de responsabilité, dans l’équipe de direction de France Culture, les vingt deux années de liberté qu’on m’avait généreusement octroyées à l’antenne. Je me suis peu à peu convaincu. N’ai-je pas tenté tous les exercices possibles et imaginables: au petit matin, l’escalade par la terrasse du Conseil d’Etat, du bureau du ministre de la Culture et le soir, en plein hiver, l’accès en raquettes jusqu’à un studio improvisé dans un refuge du Haut Jura ? Il ne me resterait qu’à faire une émission pendu au plafond et la tête en bas mais n’est-ce dangereux pour un monument historique de France Culture?
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Un jour, Claude-Jean Philippe m’a questionné: “Vous passez tellement de temps à préparer vos émissions, les questions que vous posez aux invités comme leurs réponses que vous ne leur laissez pas le loisir de seulement commencer, qu’on se demande quelle vie vous menez.” Sur le moment, je n’ai pas su que dire et voilà , quatre ans plus tard, je réagis: j’arrête. La radio telle que je la pratique exige un tel engagement physique que le bonhomme risque de s’user. Surtout, avec l’âge, le vieil acrobate que je suis devenu ne peut plus prétendre provoquer l’admiration ou l’identification chez les jeunes générations: bien malin est celui qui sait aujourd’hui sauter du trapèze des classiques à celui des adolescents et tendre son fil entre des univers culturels éclatés, atomisés, individualisés. Mieux vaut retrouver cet anonymat que j’ai toujours désiré. Lire la suite »

 A l’occasion de la dernière émission que Jean Lebrun vient d’animer depuis El Sur avant de prendre la route des festivals et de mettre un terme à l’aventure Travaux Publics, il m’est difficile d’écrire quoi que ce soit … l’émotion, sans doute … Alors, comme souvent, lorsque l’émission a lieu, je suis, chez moi entre la cuisine et le bureau, à ajouter au compte goûte liens ou biblio sur le site de l’émission … Ce soir,  impossible pour moi d’assister à  cette dernière à El Sur, ma petite famille qui vient de s’agrandir avait besoin de ma présence à la maison, c’est donc avec tendresse que j’ai écouté, ce dernier rendez-vous argentin et parisien … Difficile d’en écrire plus … Peut-être dans quelques jours … Alors pour marquer le coup, je laisse, avec grand plaisir cet espace “virtuel” à Sophie Berger qui vous propose de partager avec elle sa photographie personnelle du lieu … Merci à elle …
Au Café El Sur
Des pensées remontent à la surface au rythme des bulles qui se pressent contre la paroi d’un verre de bière argentine. On repense à l’article du journal que l’on vient de refermer. En écho, un autre journal, celui de France Culture. Il est 18h20 au Café El Sur. De petits paquets de gens par petites tables. Un Å“il sur le boulevard, une gorgée de bière. On repense à ce que l’on pourrait avoir envie de dire sur ce que l’on a lu dans le journal. On saurait de quoi on parle, on a l’expérience du terrain. Oh, bien sûr, il y a les blogs ou les « post » de nombreux médias sur internet, mais il faudrait oser y aller, poser noir sur blanc des mots qui apparaîtraient à l’écran… On ferait entendre la fanfare quand on hésite à sortir la flûte à bec. Alors on sait qu’on va se taire, à moins que… Lire la suite »

Préparant toujours actuellement pour la grille d’été de France Culture, plusieurs émissions sur l’histoire des séries télévisées américaines, j’ai pris un peu de recul du côté de Travaux Publics. Je cède donc volontiers ma place, sur ce Blog à d’autres collaborateurs de Jean Lebrun. Toutefois, il y a plusieurs jours, le temps d’une journée j’ai pu orchestrer pour Jean Lebrun au côté de Valérie Beaumont, Sophie Montagne et Laurent Rousseaux, une émission réalisée dans le Perche. Pour aller plus loin, je cède, cet espace à Valérie Beaumont (photo ci-contre) où elle nous parle justement de Travaux Publics et en particulier de son séjour dans le Perche pour l’émission du 28 mai 2008 …
Le Perche par Valérie Beaumont
Le rythme pressé des pas qui martèlent le sol, les talons qui claquent métronomiquement, une routine radiophonique à maintenir, la même chaîne, inlassablement, l’ascension de l’immeuble, sans sherpa, une fleur de trop dans le tapis et les courses qui dégringolent jusqu’au premier. Le blasphème n’est pas loin des lèvres. Je vais rater les premières minutes de ce qui sonne le début d’un rituel quotidien: le débouchage d’une bouteille, l’aiguisage du couteau, l’étalage des ingrédients nécessaires à la préparation du repas du soir et l’allumage du poste de radio posée au-dessus de ma tête, entre le thé vert, le bol-pamplemousse et la poupée vaudou des bayous. Lire la suite »
Il y a quelques lustres de cela, alors que le festival prenait une ampleur considérable, un confrère un brin caustique (Etait-ce dans Technikart ?) avait eu cette formule cinglante : « El Sonà r, c’est le club Mickey de la hype européenne ! ». Abordable, sensuelle et séductrice, Barcelone contribue certes à drainer une foule adulescente, hédoniste et parfois régressive, mais ce gigantesque rassemblement dédié aux « Musiques avancées » -comprenez, tout ce qui touche à l’expérimentation électronique plus ou moins dansante- reste malgré tout le plus passionnant d’Europe, mariant habilement les grosses pointures du dancefloor avec des curiosités undergound et des découvertes décoiffantes. Lire la suite »

Préparant actuellement pour la grille d’été de France Culture, plusieurs émissions sur l’histoire des séries télévisées américaines, j’ai pris, quelques temps, un peu de recul du côté de Travaux Publics. Je cède donc volontiers ma place, sur ce Blog à d’autres collaborateurs de Jean Lebrun. Ce soir, un billet signé Sophie Berger (photo ci-contre) qui a eu la charge et l’honneur de préparer, en peu de jours, l’émission du 4 juin 2008 sur Yves Saint Laurent …
Yves Saint Laurent et la mémoire de la voix
Faire une émission en hommage à Yves Saint Laurent après la nouvelle de son décès semble s’imposer tout en même temps que naît le sentiment que le moment offre l’écueil de l’émotion et de la canonisation hâtive. Comment en parler sans que la mélodie ne sonne définitivement faux ? Comment assembler quelques notes qui donnent corps à celui qui n’a plus vie ? C’est peut-être moins aux proches, aux nombreux hommes et femmes qui s’empressent de parler d’ « Yves » et de jouer la comédie du merveilleux à l’imparfait, peut-être moins à ceux-là , qu’à celui-ci qu’il faudrait donner voix. Celui-ci ?  Peut-être serait-il un peu plus juste d’écouter seulement, le temps d’une émission, Yves Saint Laurent lui-même, dont la voix se déroule en bobines dans les couloirs de l’INA. Lire la suite »

En attendant, devant la porte du studio de Radio-Canada, la ministre du développement durable, qui s’en était allée “se délier les jambes” quelques
instants, j’avise son attaché de presse. Ce jeune homme gourmé n’est pas
terriblement parlant, comme on dit à Québec; il me vient néanmoins à l’esprit de l’entreprendre sur l’histoire du site gouvernemental d’où, chaque jour, il envoie communiqué sur communiqué (le lundi notre bilan carbone, le mardi les gaz à effet de serre, le mercredi les algues tueuses des lacs …): “Votre immeuble s’appelle Marie Guyard, n’est-ce pas le nom de Marie de l’Incarnation avant sa prise d’habit?” Stupéfaction de mon nterlocuteur. Il ignore visiblement tout du personnage et, la ministre survenant et réclamant ses services, je renonce à lui raconter l’histoire de cette jeune veuve tourangelle qui, dans les antiques années 163O, lâcha tout pour entrer au couvent à Tours avant de s’établir en Nouvelle France. C’est son fils, Dom Claude Martin, qui nous l’a fait connaître: abandonné sur le carreau et d’abord furieux, manifestant même avec quelques camarades au pied de sa clôture pour la récupérer, il devint moine à son tour et passa sa vie entière à reconstituer à distance l’aventure mystique de sa mère, l’une des plus étonnantes du Grand Siècle. A quoi bon dire tout cela à un garçon d’abord occupé du présent, tendu, ou le faisant croire, vers l’avenir et pour qui tout ce qui est ancien est sans doute démodé?La veille, au crépuscule, j’avais assisté malgré moi à une petite scène fugitive, et qui m’avait touché. Je passais devant la maison de la Congrégation Notre-Dame au moment où en sortait, à pas pressés, un couple d’une vingtaine d’années. Une religieuse, une vieille tante peut-être, qu’ils avaient dû visiter en coup de vent, tentait de les retenir sur le perron en multipliant sourires et exclamations de reconnaissance mais les jeunes gens couraient déjà vers leur voiture, fuyant la bâtisse austère dont la porte se referma sur leur parente engloutie dans le silence. La scène avait duré quelques secondes, elle suffisait pour montrer que le catholicisme , au Québec, ne pouvait plus être entendu. Littéralement, il ne parlait plus. Lire la suite »