Silence, le blog de Travaux Publics va couler. Sans doute les plongeurs les plus malins du net pourront-ils le retrouver sous les eaux et les fureteurs dénicher en librairie le petit livre collectif issu de notre équipe, “Le journalisme en chantier”, édité par une maison au nom marin, Bleu autour.
Qu’on se rassure, ce sabordage est parfaitement organisé, avec le concours des meilleures compagnies d’assurance. Pour ma part, je suis tranquillement installé à quai. J’ouvre, dans peu de jours, un blog que je rédigerai dans le confort de nos bureaux et qui va prendre naturellement le relais de celui qui se clôt. J’y raconterai comment les émissions que je contribue à préparer, notamment “A voix nue” et “Sur les docks”se préparent, comment, en somme, elles s’arment.Et comment, ensuite, elles reviennent à bon port, et dans quel état. Aucun de mes aiëux n’a rassemblé assez de moyens pour devenir un vrai armateur mais je me souviens que certains étaient capitaines, d’autres, charpentiers de marine ; l’un d’entre eux a même participé à la construction du dernier “Pourquoi pas?” du commandant Charcot…
Pourquoi pas, donc, un “making-of”? Non ! C’est le titre d’une rubrique quotidienne de “Libération”! Le blog s’intitulera “Quai de Seine”. La vignette qui l’illustrera représentera un capitaine bougon, lequel regardera d’un oeil vigilant les bateaux qui appareillent… Premier départ le lundi 12.
“Le journalisme en chantier” sera présenté par Jean Lebrun: a Paris le 7.12, 16h aux Cahiers de Colette; le 13.12, 19h30, à la librairie Tropiques, 63 rue Raymond Losserand; a Brest signature au Quartz dans le cadre de “Longueur d’ondes”, le 6.12 à 16 h.
Non classé 11 commentaires »1 déc 2008
“Le journalisme en chantier” à été présenté à El Sur le 4 novembre 2008 par Jean Lebrun et Alexis Ipatovtsev. Vidéo par Antoine Châtelet
LEBRUN ET IPATOVTSEV presentation du livre a El Sur
envoyé par travauxpublics
Le dernier livre de Jean Lebrun - “Le journalisme en chantier” sera presenté à El Sur, 35 boulevard St.Germain, à Paris, le 4 novembre a 18h. Avec Jean Lebrun et Alexis Ipatovtsev.
Il est disponible dans toutes les bonnes librairies, directement ou par commande. Il vient de paraître aux éditions Bleu Autour …
Présentation de l’éditeur :
« Au terme d’un voyage radiophonique au long cours,
ces pages veulent laisser comme un sillage. Histoire de rêver à ce que pourrait être, à l’avenir, un journalisme actif », écrit Jean Lebrun, qui a eu de ce métier une pratique artisanale, décalée, joyeuse, aujourd’hui peut-être anachronique.
Ces pages ressemblent à ses émissions en direct du café El Sur, à Paris, ou du Bar de l’Hospitalet, sur le Larzac : une conversation dont il serait l’hôte et à laquelle il convie ses équipiers et auditeurs, souvent blogueurs désormais. Les temps changent, sans qu’il faille désespérer d’un artisanat nouveau.
NUIT BLANCHE 2008
Pour un oui ou pour un non
de Nathalie Sarraute
par Jean Lebrun et Hugues Quester
enregistrement en public chez Bob a Blumerey
prise de son: Alexis Ipatovtsev
Une émission de Radio Blumerey
Après l’appareillage de la rentrée, quelques nouvelles de l’équipage de Travaux Publics…
Merci pour les témoignages de sympathie que vous continuez à nous adresser : ce blog, qui va rester accessible encore un moment, c’est un quai d’où vous persistez à nous dire “au revoir” pendant que nous autres, les équipiers de “Travaux Publics”, avons appareillé dans des directions diverses.
Deux d’entre nous, Vincent Lemerre et Benoit Lagane, participent au RenDez-Vous qui s’est en partie substitué à Travaux Publics. Après Du Grain à Moudre, qui mouline les thèmes politiques, sociaux, économiques qui étaient un peu les nôtres, le RenDez-Vous paraît plus radicalement différent; la démarche, qu’accompagnent Vincent et Benoit avec leur souci de précision, a cependant quelque chose de commun avec la nôtre : l’ouverture de Travaux Publics était plus géographique, plus sociale; celle de Laurent Goumarre plus générationnelle mais dans les deux cas il s’agit de se porter, non sans dangers et bravement, aux frontières de notre public.
Alexis Ipatovtsev et Sophie Berdah - qui signe maintenant : Bober - se retrouvent tous deux aux frontières de… l’horaire, à Minuit/dix. Si vous ne pouvez plus écouter, à cette heure tardive, Alexis, auquel tant d’entre vous s’étaient un peu identifiés, suivez les auditeurs de France Culture de plus en plus nombreux à utiliser le podcast. Et d’ici peu, Alexis va ouvrir un blog voisin de celui-ci et qui sera beaucoup plus “actif”: l’Europe vue depuis minuit dix, de biais et de profil.
Nos réalisateurs ont, eux aussi, suivi des chemins différents. Laurent Rousseaux reprend des études de journalisme à Strasbourg tandis que Jean-Christophe Francis travaille maintenant avec Sonia Kronlund dans Les pieds sur terre. Il y retrouve quelques uns de nos pigistes qui collaborent avec cette équipe. D’autres piaffent d’impatience, ayant repris leur métier traditionnel sans l’échappée belle de Travaux Publics ou, pire, ils chôment. Le mieux loti est évidemment Emmanuel Giraud : il rejoint en octobre, comme pensionnaire, la Villa Medicis. La République a jugé nécessaire que soient représentés à Rome les arts culinaires… Gageons qu’Emmanuel, au bout d’un an de séjour, nous préparera un festin de Trimalchion à sa façon.
Quant à moi… Un auditeur, ex-capitaine au long cours, m’a écrit:” Descendu de votre passerelle, vous allez vous ennuyer dans un bureau”. Eh bien, ce n’est pas encore le cas. D’abord je circule d’un bureau à l’autre, d’un étage à l’autre, cherchant à coordonner les envies et les humeurs de chacun. Retrouvant la Maison ronde après beaucoup d’absences, j’ai l’impression d’être en reportage : il faut dire qu’il se produit plus de changements à France Culture, où notre nouveau directeur est attendu le 6 octobre, que je ne l’avais imaginé. Je viens d’envoyer à l’impression un petit livre sur notre expérience commune. Titre provisoire : Le frisson du dehors. J’avais pensé dans un premier temps à : La liberté nous aime encore. L’ originalité de ce modeste volume, qui sera illustré par les photos de Jean-Christophe ? Il a été largement réalisé à partir de vos témoignages, favorables ou non. La radio est une conversation sans fin. Si, une autre particularité : comme ce blog, comme tant de rendez-vous que nous avons eus, ce livre sera difficile à trouver, édité qu’il sera en octobre par Bleu Autour, à… Saint-Pourçain-sur-Sioule. On ne se refait pas, on est artisan ou on ne l’est pas. L’artisan ne sert pas, il travaille et il chante.
A bientôt donc, et en toute fidélité.
Jean LEBRUN
PPDA aurait reçu 45 000 messages lui disant kenavo, Travaux Publics en est encore loin du compte. Il est vrai que l’antenne quitte PPDA avant qu’il ne la quitte. Il faut toujours savoir partir à temps. Un merci particulier à ceux qui l’ont compris et le disent dans leurs courriels. Dans les médias le renouvellement générationnel des audiences, si difficile, passe notamment par le renouvellement générationnel des producteurs et des animateurs. Dans mes nouvelles fonctions, j’aiderai les nouveaux venus, c’est ce qui m’a toujours le plus passionné dans ce métier, et, rassurez-vous, je veillerai, dans la mesure de mes forces à ce qu’ils restent fidèles à ce qui fonde la légitimité de France Culture.
Juste une remarque à celui qui, fidèlement et régulièrement, signe Sexus Empiricus. C’est vrai, naguère, au temps ancien de Culture Matin, je prenais peu de vacances et il fallait “presque l’intervention des forces de l’ordre” pour me contraindre à m’éloigner du studio. Les formes changent mais les habitudes restent : cet été, je m’éloignerai … De mon stylo, je compte rassembler quelques réflexions issues de notre expérience commune d’auditeurs et de journalistes. Cela fera l’objet d’un nouveau petit livre aux vaillantes et discrètes éditions Bleu Autour : ce sera ma modeste contribution aux états généraux de la presse de cet automne, convoqué par Nicolas Sarkozy, ça y est j’ai encore prononcé son nom, il est temps que je m’arrête.
Certains auditeurs souhaitaient en savoir un peu plus sur Blumerey, c’est pourquoi au travers de quelques photos je vous ferai découvrir ce petit village de Haute Marne.
Un petit village de Haute Marne
Depuis deux ans, je me prépare à l’échéance. On m’a d’abord laissé entendre qu’il me fallait expier de quelques années de responsabilité, dans l’équipe de direction de France Culture, les vingt deux années de liberté qu’on m’avait généreusement octroyées à l’antenne. Je me suis peu à peu convaincu. N’ai-je pas tenté tous les exercices possibles et imaginables: au petit matin, l’escalade par la terrasse du Conseil d’Etat, du bureau du ministre de la Culture et le soir, en plein hiver, l’accès en raquettes jusqu’à un studio improvisé dans un refuge du Haut Jura ? Il ne me resterait qu’à faire une émission pendu au plafond et la tête en bas mais n’est-ce dangereux pour un monument historique de France Culture?
Un jour, Claude-Jean Philippe m’a questionné: “Vous passez tellement de temps à préparer vos émissions, les questions que vous posez aux invités comme leurs réponses que vous ne leur laissez pas le loisir de seulement commencer, qu’on se demande quelle vie vous menez.” Sur le moment, je n’ai pas su que dire et voilà, quatre ans plus tard, je réagis: j’arrête. La radio telle que je la pratique exige un tel engagement physique que le bonhomme risque de s’user. Surtout, avec l’âge, le vieil acrobate que je suis devenu ne peut plus prétendre provoquer l’admiration ou l’identification chez les jeunes générations: bien malin est celui qui sait aujourd’hui sauter du trapèze des classiques à celui des adolescents et tendre son fil entre des univers culturels éclatés, atomisés, individualisés. Mieux vaut retrouver cet anonymat que j’ai toujours désiré. Lire la suite »


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