C’est là que se trouve le Chargé de réalisation pendant l’émission. Moi, par exemple. De cet emplacement je peux observer, écouter et donner mes instructions aux techniciens, tout en étant en contact avec notre producteur, Jean Lebrun. Lui travaille sur le fond et moi sur la forme de l’émission. J’interviens sur sa préparation puis sur la coordination du direct. Si tout va bien je passe inaperçu, mais en cas de souci, c’est à moi de trouver une solution, et vite !
Un jour, si cela vous intéresse, je vous donnerai quelques exemples des « incidents » d’antenne auxquels nous sommes parfois confrontés. Mais aujourd’hui, je vous propose de vous installer avec moi derrière la vitre pour découvrir le déroulement de l’émission parisienne côté coulisses.
9h-15h
Je réalise, en présence des journalistes, le montage de tout ce qui sera diffusé le soir même dans l’émission : leurs reportages, des extraits d’autres émissions, des sources sonores, des archives, etc. Concrètement, nous partons de plusieurs heures de rush pour finir avec une dizaine d’éléments d’environ 2 minutes. Et rassurez-vous, je prends aussi le temps d’aller déjeuner ;°)
15h
Je me rends à la discothèque de Radio France (une des plus grandes d’Europe) pour emprunter les disques que j’ai commandés auprès des documentalistes en fonction du thème de l’émission. Ces musiques serviront de plages musicales pendant l’émission pour introduire un sujet ou un invité. Elles doivent être très brèves car au-delà de 20 secondes, Jean trouve déjà ça trop long !
17h
J’arrive à El Sur où je retrouve les techniciens en train d’installer le matériel (micros HF, console, lecteurs…). Jean nous rejoint. Il dépose son énorme sac rempli de livres, de journaux, de documents en tout genre puis s’installe pour écouter tous les éléments sonores que j’ai préparés, choisir ceux qui seront diffusés et éventuellement les retoucher. Il m’indique également l’ordre de passage qui me servira de conducteur pendant le direct.
17h55
Nous entendons la voix d’Albert Jacquard à l’antenne. C’est le signal. Dans 4 minutes 30, Jean annoncera le Journal.
Studio 168 de la maison de la radio
18h
Pendant le Journal, Jean accueille ses invités puis fait un tour dans le public en vue de le faire participer pendant le direct. Moi, j’en profite pour caler tous les éléments, c’est-à -dire programmer les plages sur les lecteurs et choisir les débuts et fins des plages musicales. Je peaufine mon conducteur et je prends des photos des invités pour illustrer le site de l’émission.
18h30
Le direct commence. Maintenant, j’observe le ballet orchestré par Jean. On pourrait croire qu’une fois lancée, l’émission se déroule comme sur des rails et que je peux m’en tenir à mon conducteur. Mais ce serait oublier l’improvisation inhérente à tout direct dont Jean raffole… A moi de repérer tout changement de sujet pouvant modifier l’ordre dans la diffusion des éléments. J’écoute donc attentivement mais sans avoir le temps de réfléchir à ce qui se dit réellement car moi je pense déjà à la suite. Si vous me demandez à la fin ce que j’ai pensé de l’émission, je vous répondrai donc uniquement par rapport au rythme et à l’enchaînement des différents éléments. Déformation professionnelle !
19h30
Fin de l’émission. La tension se relâche. Mais l’enregistrement continue, si le débat se poursuit. Cela servira aussi à enrichir le site.
20h30
J’envoie les photos, les reportages non diffusés et éventuellement l’après-émission à Benoît Lagane en charge de notre site.
Voilà comment se passe une journée type à Paris, même si chaque émission est différente du fait des invités, des réactions du public, de la présence de musiciens en direct, etc. Mais bon, vous avez déjà un bon aperçu. Et une prochaine fois je vous dirai comment cela se passe quand nous partons en province… Alors à bientôt avec des photos inédites pour illustrer mes propos.
Post-scriptum
Pour le cĂ´tĂ© historique, sachez que j’ai commencĂ© Ă travailler avec Jean sur l’émission « Pot au feu », c’est-Ă -dire juste avant le passage au XXIème siècle. Nous avons vĂ©cu ensemble le passage de l’analogique au numĂ©rique, du monde rĂ©el (bandes, bobines ou bobs pour les initiĂ©s) au monde virtuel que reprĂ©sente l’informatique. Finie la relation charnelle que nous avions avec ce ruban magnĂ©tique ; fini le son matĂ©rialisĂ© par un petit bout de bande que nous collions sur notre Ă©paule ou un coin de table pour l’incorporer un peu plus loin dans le reportage que nous montions ; fini aussi le visage admiratif du producteur devant ce spectacle. Aujourd’hui notre magie a disparue au profit de techniques plus visuelles, plus rapides, plus compactes et plus variĂ©es tant en formats de son (44,1 Khz, 48 Khz, Wav, Mp3) qu’en types de supports (Carte Flash, ClĂ© Usb, Cd audio, DVD).



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14 dĂ©cembre 2007 à 18:33
et alors, comment ça se passe quand c’est Bucarest ou Varsovie ??? moi j’attends un jour Moscou, c’est programmĂ© ? moi je ne suis qu’un auditeur Ă distance mais qui apprĂ©cie, bcp. merci !
18 dĂ©cembre 2007 à 9:56
Bonjour,
Pour ce qui est de Bucarest, je vous invite à regarder le prochain billet qui y sera consacré.
18 dĂ©cembre 2007 à 19:09
AH,Monsieur,vous avez bien du talent d’ĂŞtre capable de jongler tant au niveau du fond(Illustrations sonores pertinentes),que celui de la technique(MP3,WMA,Khz &Mhz…).Et si un jour Jean Lebrun vous donnait le micro pour nous initier Ă toute cette technique ainsi que les enjeux financiers qu’elle cache(pourquoi les constructeurs n’adoptent-ils pas un format standar,”piratage”,”flicage”,drm,etc…Salutations & FĂ©licitations .
9 janvier 2008 à 15:38
Merci pour cette information et cette découverte.
Bonne continuation Ă toute l’Ă©quipe.
Un fidèle auditeur.