Et si, bientĂ´t, la messe Ă©tait dite au “Monde”? On devine l’angoisse d’Eric Fottorino. D’un oeil, il guette la porte de son bureau: un administrateur judiciaire va-t-il la passer? Et, de l’autre, il contemple la pendule de Beuve, Ă©trange fĂ©tiche survivant encore aux dĂ©mĂ©nagements et aux amĂ©nagements.
Tous, en ce moment, se rĂ©fèrent encore au nom du père fondateur, Alain Minc lui-mĂŞme qualifie Cebrian, aspirant Ă  l’augmentation de capital, de …Beuve-MĂ©ry espagnol. Cela m’a donnĂ© l’idĂ©e de revenir au portrait qu’avait dressĂ© Jean Sulivan de son vieil ami dans un livre rĂ©cemment rééditĂ© par ApogĂ©e Ă  Rennes. Beuve, dit-il, c’Ă©tait une lumière noire: Ă  l’interieur, il n’y voyait plus goutte mais Ă  l’exterieur, Ă  sa façon, bougonne, il rayonnait. Cet homme qui ne croyait plus Dieu attendait encore l’exemple de quelques maĂ®tres. Pour notre Ă©poque de proxĂ©nĂ©tisme gĂ©nĂ©ralisĂ©, il en est devenu un.
Je ne veux Ă©videmment pas dire qu’il puisse nous servir de guide dans la grande transformation de la lecture et de l’Ă©criture que nous vivons. Nous dĂ©crivions l’autre soir le Post, la nouvelle plate-forme amĂ©nagĂ©e par Le Monde interactif, oĂą les internautes Ă©changent, en mĂŞme temps que les journalistes, vidĂ©os, enregistrements, propos plus ou moins dĂ©cousus. Beuve regarderait cela comme la poule considère le couteau qu’elle a couvĂ©. Lire la suite »