Il y a trente ans de cela, j’ai songĂ© Ă faire ma vie dans le Perche. Depuis, quand, de loin en loin, j’y retourne, j’ai l’impression de revenirau plus près de moi-mĂŞme. Ce jeudi, mon pĂ©lĂ©rinage dĂ©bute Ă l’HĂ´tel du Dauphin, le seul monument qui vaille Ă L’Aigle, avec l’Ă©glise Ă©videmment, lourde et riche motte de beurre normande. Mais c’est après le repas, trente kilomètres au Sud, que le philtre opère : la route commence Ă serpenter, les maisons abandonnent leur appareillage de briques pour se couvrir de crĂ©pis clairs, Ă l’horizon la forĂŞt bleuit, la voiture roule plus doucement, les bavardages inutiles s’y Ă©touffent. Silence. La Trappe est Ă deux pas : Chateaubriand, la visitant pour prĂ©parer sa “Vie de RancĂ©”, parvenait mĂŞme Ă y guetter l’Ă©cho des lointains malouins: “Si l’on entendait du bruit, ce n’Ă©tait que le son des arbres ou le murmure de quelques ruisseaux mais on n’Ă©tait pas bien certain de n’avoir pas ouĂŻ la mer”. Lire la suite »
Tous les billets de février 2008
Ces deux Ă©missions Ă la Maison des parents, si difficiles Ă prĂ©parer, sifragiles, ont ressemblĂ© aux meilleurs marchĂ©s de banlieue, tels qu’on peutles goĂ»ter dans la ville voisine de Saint-Denis par exemple. DominiqueBromberger avait fait l’effort de venir de Paris, sa canne de grandaccidentĂ© dans une main, son beau livre d’enquĂŞte sur Clichy-sous-Bois dansl’autre. Des auditeurs avaient quittĂ©, par curiositĂ© ou par sympathie, leurspavillons tranquilles (j’imagine qu’ils avaient branchĂ© l’alarme avant departir, c’est fou ce qu’il y a de systèmes d’alarme dans cette ville…):deux d’entre eux Ă©taient mĂŞme descendus de la colline, si proche, sidiffĂ©rente, de Montmorency. Mustapha, Fanny, Sarah, Farah avaient prĂ©parĂ©des reportages, non sans difficultĂ© car il leur avait fallu apprivoiser etle matĂ©riel technique et leurs interlocuteurs. Et chacun regarda - j’allaismĂŞme dire: considĂ©ra - l’autre avec prĂ©caution, presque avec respect.Comme le long des allĂ©es d’un marchĂ©, quand le plaisir de la dĂ©couverte estsi puissant qu’on fait le maximum pour ne pas le gâcher, d’ un mot ou d’ungeste qui passerait pour dĂ©placĂ©.   Lire la suite »
RĂ©sumĂ© de l’Ă©pisode prĂ©cĂ©dent : Je me suis aventurĂ©, il y a quelques jours sur un terrain glissant : l’Ă©vocation d’une Ă©mission apprĂ©ciĂ©e pendant mon enfance “Winnie l’Ourson”. EZ, auditrice historique de France Culture, me l’a bien fait remarquer. Curieuse image que celle que j’ai pu donner, d’un collaborateur de France Culture, pauvre adulescent, larme Ă l’Ĺ“il, Ă©voquant sur ce blog ses petites madeleines tĂ©lĂ©visuelles. Pourtant, j’assume sans rougir mon billet prĂ©cĂ©dent et je crois profondĂ©ment en la force de ces programmes dans nos histoires personnelles - qu’ils soient tĂ©lĂ©visuels ou radiophoniques - et que l’on aime retrouver comme autant de repères quelques annĂ©es plus tard …
- TĂ©lĂ© … transmission - Episode 2 -
 Pour rĂ©pondre plus longuement Ă la question que certains d’entre vous doivent se poser, en particulier EZ, mais pourquoi donc parler sur ce blog de mon goĂ»t pour la tĂ©lĂ©vision et les sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es en particulier ?
Je vais tenter d’y rĂ©pondre. Lire la suite »
Petite scène de la vie de province Ă Millau, sous-prĂ©fecture de l’Aveyron bien assoupie en ce premier jour de fĂ©vrier. De nombreux gendarmes ont pris position en face de l’HĂ´tel de Ville. Le bruit court en ville qu’un ministre est attendu. Quel ministre? On ne sait. Un quidam un peu informĂ© prĂ©cise qu’il s’agit seulement d’un secrĂ©taire d’Etat: “un nommĂ© Marleix.” Il serait chargĂ© des Anciens combattants (”Si, si, c’est un poste qui existe toujours”) et il viendrait  rendre visite Ă son ami, le maire Jacques Godfrain. Peu après, alors que les voitures officielles sont enfin arrivĂ©es, le capitaine des gendarmes entre, mission accomplie, dans un bar de la place et confirme: “J’ai livrĂ© le colis”. En rĂ©alitĂ©, Alain Marleix, en dĂ©pit de son titre un peu dĂ©risoire au gouvernement, est un des hommes les plus importants de l’UMP: chargĂ© des investitures aux Ă©lections, il connaĂ®t  le pays comme sa poche.  D’un hublot d’avion, il sait distinguer la troisième circonscription de l’Ain de la seconde. Elu pour sa part dans le Cantal, il ne se formaliserait pas, s’il les entendait, des commentaires madrĂ©s que font dans son dos les bienheureux habitants du Massif central. Millau, c’est son monde. Un monde qui s’efface: presque plus rien n’y tĂ©moigne de la grande activitĂ© de mĂ©gisserie d’autrefois: plus de gants ni de peaux dans les vitrines des commerces. Le Palais de Justice, rĂ©putĂ© abriter le plus petit tribunal de grande instance de France, vient d’ĂŞtre rayĂ© de la carte par Rachida Dati. Il y a quelques annĂ©es encore, notre Ă©mission lui avait rendu visite: le prĂ©sident nous avait confiĂ© qu’il aimait rendre ses jugements en compagnie de son chien dissimulĂ© sous la table et, le soir tombant, nous l’avions vu se diriger tranquillement, avec le mĂŞme animal, jusqu’au bar de la place oĂą l’attendait peut-ĂŞtre le capitaine de gendarmerie pour un partie de rami. Lire la suite »


Imprimer