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Tous les billets de mars 2008

Bienvenue chez les … ?

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31 mar 2008

 © wikimedia commons

Il y a des Ă©missions dont la raison d’ĂŞtre est loin d’ĂŞtre Ă©vidente mĂŞme pour ceux qui les prĂ©parent. Ni avant, ni pendant, ni mĂŞme après la diffusion. Cette fois c’Ă©tait Ă  Metz. Comme souvent, on n’arrivait pas Ă  trouver le sujet de vendredi. D’autant plus que le vendredi Ă©tait un jour saint et que l’on se prĂ©parait Ă  le passer en terres concordataires, Ă  Metz. Le choix des invitĂ©s un jour fĂ©riĂ©…vous imaginez !

Bref, cinq jours avant l’Ă©mission nous n’avions pas d’Ă©mission. C’est Ă  ce moment prĂ©cis que Jean Lebrun a ouvert « La Semaine de Metz » qui titrait « Bienvenue chez les Mosellans ». Tout un dossier fait Ă  la manière de « Bienvenue chez les Ch’tis ». Voici une idĂ©e de gĂ©nie ! On fera la mĂŞme chose ! Jean Lebrun a lu le dossier, mais pas vu le film. Moi, Ă©tant Ă  Paris, je ne pouvais pas lire « La Semaine», donc je me suis procurĂ© le film de Dany Boon. Lire la suite »

A Reims et Ă  Metz, les socialistes Ă  la barre

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30 mar 2008

Dominique Gros pĂ©nètre, en compagnie de son petit-fils, dans le grand bureau du maire qui est dĂ©sormais le sien. La place de l’Hotel de Ville de Metz a Ă©tĂ© dessinĂ©e par Blondel et on sait le principe de base de cet architecte: les fonctions de l’Ă©difice doivent ĂŞtre visibles; chacun, du dehors, doit en avoir une lecture nette. Jean-Marie Rausch, d’instinct, y avait adhĂ©rĂ©: les Messins, dont il ne cherchait pas Ă  se faire aimer, et qu’il rencontrait peu ou seulement en sortant de son automobile, savaient de quel Ă©tage, et derrière quelles fenĂŞtres violemment Ă©clairĂ©es, il les opĂ©rait Ă  distance. Longtemps, très longtemps, ils s’en Ă©taient trouvĂ©s rassurĂ©s. Mais, craignant que la main du vieux praticien ne finisse par trembler vraiment, ils avaient fini par le congĂ©dier… Ce Vendredi-Saint, tandis que la pluie tombe dehors en averses violentes, Dominique Gros, l’Ă©lu des Rameaux, fait donc visiter son nouveau domaine Ă  son petit-fils. Le lieu est blanc, d’un blanc chirurgical. Partout, des Ă©crans plasma. Le petit-fils passe de l’un Ă  l’autre, s’Ă©merveille. Le grand’père rĂ©pond: “Tu sais, ce n’est pas vraiment mon truc.” Pourtant, l’avantage de tout le bric-Ă -brac informatique dont aimait Ă  s’entourer Jean-Marie Rausch, c’est qu’il permet, d’une part, de piloter avec prĂ©cision le lourd vaisseau d’une municipalitĂ© et, d’autre part, quand il y a mutinerie Ă  bord, de quitter son poste très rapidement. Pas d’archives Ă  dĂ©barrasser, on n’a mĂŞme pas besoin de faire de discours puisque l’imprimante est dĂ©branchĂ©e , on dit juste “bye bye” au personnel qu’on a commandĂ© pendant un tiers de siècle et les disques durs qu’on a emportĂ©s dans la poche de son pardessus, on les glisse, au retour chez soi, dans les ordinateurs de la maison, si on en a encore une… Rausch est parti comme cela! Et le petit-fils de Dominique Gros devrait lui suggĂ©rer de mĂ©diter la leçon. La victoire de Metz, est si fragile… Au premier tour, la moitiĂ© des inscrits s’est abstenue, le total des Ă©lecteurs de Gros n’aurait pas rempli le stade du FC Metz et, au second, que se serait-il passĂ© si une partie de la droite n’avait pas obstinĂ©ment refusĂ© de rejoindre Rausch? J’oserais presque, mais je ne veux pas raviver une plaie jamais cicatrisĂ©e, comparer cette municipale Ă©trange Ă  l’Ă©lection de… Nancy dĂ©crite dans “Lucien Leuwen”: dans un coin, se tient un redoutable manipulateur pour qui importe peu la perte de son camp du moment qu’il continue de tirer les fils; les nancĂ©iens du roman de Stendhal le redoutaient, les messins l’identifieront sous les traits d’un sĂ©nateur qui, infatigablement, dit toujours non: quel que soit l’objet sur lequel il penche sa tĂŞte disproportionnĂ©e, il le complique. Lire la suite »

Metz et Nancy irréconciliables?

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24 mar 2008

Chez Jehanne d’Arc, le cafĂ© si accueillant de SaĂŻd et Maryse, en buvant un schlouk de mirabelle ou un baron de bière, nous avons tentĂ© d’adapter Ă  l’endroit le succès de Dany Boon. “Bienvenue chez les mosellans”, avions-nous titrĂ© l’Ă©mission. Et, ma foi, l’Ă©bauche d’intrigue que nous avons Ă©crite ensemble tenait Ă  peu près debout. Les personnages, en tout cas, Ă©taient rĂ©unis: le journaliste venu d’Auvergne et restĂ© lĂ  pour sa retraite qu’il consacre Ă  rĂ©diger un blog, “Moselle humiliĂ©e”, le juriste distinguĂ© qui fraternisait au comptoir avec la communiste italienne d’Audun-le-Tiche et beaucoup d’autres encore que Christian, le peintre du quartier Saint-Louis, aurait pu portraiturer en marge de notre scĂ©nario collectif. Bien sĂ»r, nous-mĂŞmes, les animateurs de “Travaux publics”, avons Ă©tĂ© moquĂ©s, traitĂ©s de parisiens, incapables de regarder la Moselle autrement que par les fenĂŞtres d’un TGV mais c’Ă©tait de bonne guerre. L’esprit Dany Boon, tel qu’il triomphe actuellement dans tout le pays, affirme qu’on ne peut bien vivre (c’est Ă  dire bien rigoler mais aussi pleurer Ă  l’unisson) qu’entre quatre z’yeux et en mettant l’accent sur le pays et les dialectes. Or le centre, qu’Ă  France-Culture, nous reprĂ©sentons Ă  notre corps dĂ©fendant, c’est le principe de sĂ©rieux et de rĂ©alitĂ©. Il faut donc aller contre, quitte Ă  paraĂ®tre idiot: l’idiotisme peut ĂŞtre un particularisme… Lire la suite »

Vue de Montserrat

Travaux Photos 2 commentaires »
17 mar 2008

 © © RF/JC.Francis

Jeudi, 19h30, notre Ă©mission Ă  Belesta, situĂ© Ă  quelques kilomètres de Perpignan, se termine. Nous prenons la route pour l’Espagne, et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  Monserrat, Ă  quelques kilomètres de Barcelone. Notre sommeil a Ă©tĂ© quelque peu perturbĂ© par le cĂ´tĂ© extraverti des Espagnols mais malgrĂ© cela nous sommes heureux de dĂ©couvrir ce monastère. Vu de notre hĂ´tel, il paraĂ®t très haut perchĂ©. Effectivement, il nous faut pas moins de trente minutes de montĂ©e pour arriver au parking amĂ©nagĂ© pour accueillir un grand nombre de touristes (sans parler du train Ă  crĂ©maillère, du tĂ©lĂ©phĂ©rique et du funiculaire). Mon premier sentiment est que cela ressemble un peu Ă  un parc d’attraction, surtout que nous croisons beaucoup d’enfants, mais passĂ©e cette première impression, on se retrouve dans un lieu tout Ă  fait magnifique et somptueux. En fait, il s’agit d’un rassemblement de jeunes choristes pour qui ce lieu est très rĂ©putĂ©. Lire la suite »

Montserrat, le catholicisme loin de la guerre civile

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16 mar 2008

Avant de grimper jusqu’Ă  la grandiose abbaye bĂ©nĂ©dictine de Montserrat, antique lieu de rassemblement des catholiques catalans, sanctuaire de la splendeur liturgique, je lisais ce qu’Abdelwahab Meddeb Ă©crivait d’une visite qu’il fit au mausolĂ©e Moulay Idriss Ă  Fès. Assis sur une natte, adossĂ© au fĂ»t d’une colonne, il se laissait emporter par les volutes du chant, ainsi qu’on peut le faire Ă  Montserrat: “L’architecture s’observe miroir du chant, se dĂ©cline ainsi l’amour que l’homme porte Ă  son Seigneur, amour aussi infini que les embruns Ă©manant de toutes les Ă©cumes qui ne cessent de s’Ă©parpiller Ă  travers l’intĂ©gralitĂ© du temps; pendant que les spectateurs s’installent, certains partent, d’autres restent, d’autres reviennent, ils font de l’espace qui les rassemble une sorte de peau de lĂ©opard mobile. LĂ  se reconnaĂ®t la santĂ© d’un islam populaire, vernaculaire, en concertation avec la diversitĂ© qu’instaure l’expĂ©rience du sacrĂ©, naturellement rebelle Ă  l’uniformitĂ© thĂ©ologique.”Je ne crois qu’Ă  demi aux rapprochements pieux que des demi-ignorants tiennent absolument Ă  faire entre les diffĂ©rents monothĂ©ismes. NĂ©anmoins, ce vendredi matin, quand nous arrivons sur le parvis de Montserrat, nous nous retrouvons dans la mĂŞme situation que Meddeb Ă  Fès. Des groupes circulent en tous sens, des paroisses ou des associations en pĂ©lĂ©rinage derrière leurs fanions, des classes venues rencontrer l’Ă©cole de musique du monastère: “une sorte de peau de lĂ©opard mobile”, le catholicisme vernaculaire!Le catholicisme catalan, en tout cas…  Lire la suite »

Belesta, dîner de têtes du Front

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10 mar 2008

En contrebas de BĂ©lesta, très loin, Ă  huit kilomètres, coule la TĂŞt qui va vers la mer. Mais, au sommet du village perchĂ©, ce qui fait foi, c’est le rempart. Pierre, par exemple, l’hĂ´te de “Travaux publics” de ce soir: il est, avant le temps des maternitĂ©s, le dernier-nĂ© de l’intramuros, il y a installĂ© son restaurant, il ne va pas se laisser intimider par le premier venu, mĂŞme Ă©lu, qui monte d’en bas…Dont acte: nous respecterons son code de conduite et nous entendrons fort bien au point de rester dĂ®ner chez lui. Au menu, la frontière telle qu’elle fut dĂ©placĂ©e, plus au Sud, par le traitĂ© des PyrĂ©nĂ©es en 1659 : BĂ©lesta ne se trouve plus Ă  la limite du royaume et on sent, chez les habitants, comme un regret de ne plus ĂŞtre l’avant-poste de la France. Reste Ă  dĂ©cortiquer, autour de la table, le chevauchement entre l’occitan et le catalan: l’oreille bien exercĂ©e peut enregistrer sans cesse des glissements. Jean-Claude Garnier, un chercheur du CNRS, qui vient d’installer ses quartiers dans une Ă©troite maison des vieux murs, insiste: ” Il y a aussi la frontière que votre oeil ne peut voir; vous aimez, Ă  BĂ©lesta, les secrets des profondeurs depuis que vous avez retrouvĂ© une sĂ©pulture nĂ©olithique dans une grotte; eh bien, sans le savoir, vous vous trouvez Ă  la limite tectonique de la France et de l’Espagne…” Passe un frisson. On aime bien l’immobilitĂ© ici, mais Ă  condition qu’une attente, aussi vague soit-elle, lui donne un sens. Et si, demain, un tremblement de terre menacait la tranquillitĂ© des jours? Lire la suite »

Friday on my mind

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8 mar 2008

« …et puis, il faut qu’on dĂ©cide ou est-ce qu’on va le 21 et le 22 fĂ©vrier ? » La question a Ă©tĂ© lancĂ©e par Jean Lebrun fin janvier à la fin de la rĂ©union du lundi de « Travaux Publics ».  J’ai proposĂ© Annemasse. Parce qu’il faut suivre la campagne des Ă©lections municipales, parce que cette campagne est intĂ©ressante lĂ -bas (le maire quitte la mairie après 30 ans), et parce qu’on pourra Ă©voquer les pratiques dĂ©mocratiques en Suisse voisine, prĂ©parant ses votations au mĂŞme moment que la France. « D’accord, mais que pourra-t-on trouver comme sujet de vendredi  ? »

Le problème est toujours de trouver un autre sujet pour la deuxième Ă©mission dans une ville ou l’on a jamais mis les pieds auparavant et dont la presse nationale parle peu (la presse rĂ©gionale est absente de notre bibliothèque et gĂ©nĂ©ralement payante sur Internet). Lire la suite »

Michelet, Tocqueville, continuons leur combat…

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2 mar 2008

Les beaux esprits modernisants se moquent de Jean-Marie Cavada qui incarnerait, Ă  les en croire, la “Marche du siècle”… passĂ©. Que vont-ils dire de “Travaux publics” : poursuivant notre campagne de restauration des monuments historiques, nous consacrons coup sur coup deux Ă©missions Ă  … Michelet puis Ă  Tocqueville ? Eh oui, il est un Ă©diteur assez fou, FrĂ©bourg aux Equateurs, pour rééditer l’”Histoire de France” du premier (dix sept volumes!) et des lecteurs assez sages pour continuer Ă  lire, du second, “La dĂ©mocratie en AmĂ©rique”. Pis, nos invitĂ©s, Paule Petitier et Paul Viallaneix pour Michelet et Lucien Jaume pour Tocqueville ont passĂ© des dizaines d’annĂ©es en compagnie de leurs deux hĂ©ros sans avoir eu l’impression de s’abstraire de notre propre temps ! A dire vrai, Paule et Paul, tous deux enfants du vieux peuple des campagnes, n’auraient pas Ă©changĂ© l’Ă©lĂ©gant et mĂ©lancolique Alexis contre leur cher Jules ? Et Lucien, dans sa sagesse, ne se serait pas pris de passion pour le dit Jules, ce sauvage qui piĂ©tine sa chaire du Collège de France comme un cheval sa stalle Ă  l’Ă©curie. On peut, comme moi, aimer le premier XIXe dans sa totalitĂ© mais aussi y faire ses choix, en fonction des sympathies qui sont les siennes aujourd’hui. Michelet et Tocqueville, de toute façon, ne se prĂŞtent guère aux sectarismes et aux chapelles : le premier peut faire figure de rassembleur car il a beaucoup Ă©voluĂ© dans ses convictions; quant au second, Ă©nigmatique, enveloppĂ© de voiles, il ne les a guère laissĂ© deviner, ce qui lui permet encore d’intĂ©resser et d’embarrasser tout Ă  la fois la gauche et la droite. Lire la suite »

Médiathèque(s)

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1 mar 2008

” Cher journal extime,

 Les tribulations pouvant instrumentaliser la monotonie des bipèdes modernes que nous sommes, sont légions.

On pourrait décemment se satisfaire des hasards des dégats collatéraux de la circulation humaine. Croiser l’un connu, rencontrer l’autre, mendicité confuse des êtres capitalisant leurs temps par peur du vide. Le sort avait une autre planification avec les escaliers en jachêre du métro comme décor en roue libre, un journal gratuit abandonné négligemment sur la scène du crime, moteur, action, en décelérant dans la descente des marches, le pas aérien, j’effleure le dit journal et défis la loi de la gravité la durée d’un instant, au ralentit… Et rien pour amortir ma chute, si ce n’est ce premier baiser avec sol parisien…

Résultat des courses une médaille d’or de figure artistique de chute ascensionnelle en escalier, et suite à de multiples absences au cours de biologie en 5ème la découverte tardive et douloureuse du ligament croisé antérieur du genou droit. Souffrant dans ma chaire devant l’indifférence du reste de la cour des miracles, les besoins de l’homme qui marche enfin presque debout reprennent le dessus, l’obsession de l’objet alliée à mon addiction névrotique au web 2.0 à la vue d’un ordinateur me pousse à chercher de manière compulsive mon Big Brother portable, et là, ce fut le drame, je ne pu qu’assister impuissant à la mort clinique de mon compagnon de plastique.

Que vais-je devenir ? 

J’avais jadis reniĂ© stylo et papier et remplacĂ© mon cerveau par wikipedia …

Que me reste-t-il ?

Après avoir étudié les pistes de l’inconscient collectif et de la télépathie, j’ai dû me résoudre à accepter la fatalité, la bibliothèque allait être ma seule alternative. Sachant que je refuse, par humanisme, que les gérants de cyber café payent l’ISF, mon choix est fait, le kit de survie composé d’un téléphone portable et… d’un téléphone portable enfin prêt, mon agoraphobie dans la poche gauche et mon gel-main sans rinçage dans la droite, je pars arpenter le bitume avec l’élégance de la démarche de grand corps malade.

N’ayant plus Mappy pour m’orienter dans l’espace urbain, j’ai été contraint de demander ma route à mes semblables faisant semblant de ne pas entendre. 25 min de contre-indications, me voilà devant la médiathèque. C’est le culte du verre et de l’acier,  je ne suis pas architecte, mais on peut y voir écrit entre la ferraille, l’art de lire … Ou lire de l’art, une fois passé le portail de sécurité, je suis cueilli à froid par le regard du videur, excusez-moi du vigile. Mon impression générale de lieu de consommation commença par cette introduction digne d’une grande surface.

Une fourmilière grandeur nature où Noé pourrait faire ses courses avant le prochain déluge pétrolier, on trouve toujours, les passionnés vivant la littérature comme un premier choc, les chercheurs croisant des idées au coin de l’inattendu, les studieux travaillant pour leurs retraites dès le secondaire, la bande décimée, des irréductibles lecteurs d’histoires illustrées, ceux et celles scrutant un lieu de rencontre ou de contes, quelle belle image d’Epinal, d’Uxegney ou de Golbey…

Ceci demeure la norme, mais une nouvelle espèce en voix d’expansion colonise la médiathèque, il serait simple de le décrire comme un cadavre haute couture maculé de logo ou non, compilant à même le textile tous les appendices hi-tech possibles et inimaginables.

J’ai un problème, je crois qu’il me ressemble ou l’inverse …

Une demi-heure, afin d’avoir accès à un poste informatique made in Bill Gates, avant cela dans la file d’attente V.I.P,  j’ai dû braver les sonneries et les vibrations intempestives des téléphones portables, écouter les slogans publicitaires énoncés à l’impératif par les gardiens de jours, enfin les bibliothécaires, jouer à cache-cache, à cloche pied derrière la tête d’un quidam, avec le vigile qui voulait apparemment se faire un ami.

Etrange, à quelques pas de là je constate que la zone dédiée à la consultation des quotidiens est vide, puis vint la délivrance sommet extatique de bonheur mes doigts sur un clavier, j’ai senti jaillir en moi de l’endomorphine et quelques larmes.

Mes esprits revenus, le poste quitté,  j’ai l’impression de me retrouver dans un self-service, avec la technologie ou les employés comme épouvantail. Les handicapés ont toujours un accès limité aux étages, il ne manque plus que des caméras à chaque rayon pour créer de l’insécurité dans les médiathèques.

 Les plus jeunes, même accompagnés, lorgnent déjà sur les ordinateurs, adaptation ou conditionnement à vous de voir, je ne peux me résoudre à penser que ce type de lieux soient là pour donner le goût de l’informatique. La confusion des genres au nom du nombre ferait presque oublier l’utilisation originelle, à tout vouloir faire, on ne fait plus rien ou peut être que je ne décris que des fausses vérités ou des vrais mensonges.

Faut-il faire son choix ?

Apparemment oui, entre vivre dans un musĂ©e ou dans un futur commanditĂ© … Enfin j’y rĂ©flĂ©chirai demain Ă  l’heure de ma connexion quotidienne … “