Après l’appareillage de la rentrée, quelques nouvelles de l’équipage de Travaux Publics…
Merci pour les témoignages de sympathie que vous continuez à nous adresser : ce blog, qui va rester accessible encore un moment, c’est un quai d’où vous persistez à nous dire “au revoir” pendant que nous autres, les équipiers de “Travaux Publics”, avons appareillé dans des directions diverses.
Deux d’entre nous, Vincent Lemerre et Benoit Lagane, participent au RenDez-Vous qui s’est en partie substitué à Travaux Publics. Après Du Grain à Moudre, qui mouline les thèmes politiques, sociaux, économiques qui étaient un peu les nôtres, le RenDez-Vous paraît plus radicalement différent; la démarche, qu’accompagnent Vincent et Benoit avec leur souci de précision, a cependant quelque chose de commun avec la nôtre : l’ouverture de Travaux Publics était plus géographique, plus sociale; celle de Laurent Goumarre plus générationnelle mais dans les deux cas il s’agit de se porter, non sans dangers et bravement, aux frontières de notre public.
Alexis Ipatovtsev et Sophie Berdah - qui signe maintenant : Bober - se retrouvent tous deux aux frontières de… l’horaire, à Minuit/dix. Si vous ne pouvez plus écouter, à cette heure tardive, Alexis, auquel tant d’entre vous s’étaient un peu identifiés, suivez les auditeurs de France Culture de plus en plus nombreux à utiliser le podcast. Et d’ici peu, Alexis va ouvrir un blog voisin de celui-ci et qui sera beaucoup plus “actif”: l’Europe vue depuis minuit dix, de biais et de profil.
Nos réalisateurs ont, eux aussi, suivi des chemins différents. Laurent Rousseaux reprend des études de journalisme à Strasbourg tandis que Jean-Christophe Francis travaille maintenant avec Sonia Kronlund dans Les pieds sur terre. Il y retrouve quelques uns de nos pigistes qui collaborent avec cette équipe. D’autres piaffent d’impatience, ayant repris leur métier traditionnel sans l’échappée belle de Travaux Publics ou, pire, ils chôment. Le mieux loti est évidemment Emmanuel Giraud : il rejoint en octobre, comme pensionnaire, la Villa Medicis. La République a jugé nécessaire que soient représentés à Rome les arts culinaires… Gageons qu’Emmanuel, au bout d’un an de séjour, nous préparera un festin de Trimalchion à sa façon.
Quant à moi… Un auditeur, ex-capitaine au long cours, m’a écrit:” Descendu de votre passerelle, vous allez vous ennuyer dans un bureau”. Eh bien, ce n’est pas encore le cas. D’abord je circule d’un bureau à l’autre, d’un étage à l’autre, cherchant à coordonner les envies et les humeurs de chacun. Retrouvant la Maison ronde après beaucoup d’absences, j’ai l’impression d’être en reportage : il faut dire qu’il se produit plus de changements à France Culture, où notre nouveau directeur est attendu le 6 octobre, que je ne l’avais imaginé. Je viens d’envoyer à l’impression un petit livre sur notre expérience commune. Titre provisoire : Le frisson du dehors. J’avais pensé dans un premier temps à : La liberté nous aime encore. L’ originalité de ce modeste volume, qui sera illustré par les photos de Jean-Christophe ? Il a été largement réalisé à partir de vos témoignages, favorables ou non. La radio est une conversation sans fin. Si, une autre particularité : comme ce blog, comme tant de rendez-vous que nous avons eus, ce livre sera difficile à trouver, édité qu’il sera en octobre par Bleu Autour, à … Saint-Pourçain-sur-Sioule. On ne se refait pas, on est artisan ou on ne l’est pas. L’artisan ne sert pas, il travaille et il chante.
A bientôt donc, et en toute fidélité.
Jean LEBRUN


Imprimer
18 septembre 2008 à 11:27
Bonjour,
Je me disais qu’il manquait quelquechose. J’ai trouvé!
C’est bête, j’aime bien Julie, Raphaël, et Brice mais quand même, j’aimais bien, avant.
A bientôt.
23 septembre 2008 à 23:19
Un lundi de Pâques alors que les premiers rayons printanniers fleurissaient Paris, vous m’avez emmenée à New York, où en compagnie de Cendrars je rêvais américain.
Merci pour vos voyages partagés!
Aza (Librairie Cendrars NY city)
24 septembre 2008 à 8:23
Le rêve du capitaine au long cours ? “Quitter le mouillage à la voile et prendre le large….”
“La radio est une conversation sans fin” mais comment faire quand l’Autre est devenu silencieux ? Vous étiez la voix, nous étions l’écoute : intime, amicale, confiante, admirative… fidèle.
Impensable de ne plus vous entendre.
Que de voix chères se sont tues à France Culture.
Inconsolable, je suis inconsolable.
Dites quand reviendrez-vous ? “Dis au moins le sais-tu que tout le temps qui passe ne se rattrape guère, que tout le temps perdu ne se rattrape plus”
25 septembre 2008 à 21:49
A france culture il manque une voix !!!
un jour à Toulouse, j’avais mis un visage sur cette voix …
mais malgré tout, la magie de la radio continuait : une voix, une vraie voix …….
merci pour ces années de plaisir !!
28 septembre 2008 à 11:48
Vous parlez des grands changements opérés à France Culture. Ils sont en effet bien palpables à l’antenne, et la station semble maintenant émettre selon deux axes seulement :
- le perpétuel débat technocratique : l’enchaînement sans fin d’émissions d’actualité. Chaque éternuement politique ou économique est disséqué, démonté, analysé. C’est le versant science-po de la station
- la réduction du champ culturel à la promotion immédiate des produits qui “viennent de sortir”. La station met la création en veilleuse (heures impossibles) pour placer au prime-time la promo jeune et branché (ou “générationnelle”), souvent répétitive (même produit vendu sur des émissions différentes, artistes qui font le tour de la grille).
Il ne semble plus y avoir de place pour autre chose. On s’endort à écouter France Culture devenir un genre de “think-tank” sans passion ni goût de la découverte. Il y aurait tellement de champs de connaissances à explorer, tellement d’enthousiasmes à faire suivre. Malheureusement, ce type de radio, populaire et imaginatif, est en train d’être étouffé par une petite bande de technocrates.
Vous êtes l’Homme de radio de l’histoire, vous avez été promu, vous êtes à l’intérieur. N’y a-t-il rien que vous ne puissiez faire à ce sujet? Ce serait triste de constater que vous seriez complice de ce système. Il n’est pas normal, un dimanche matin, par exemple, lorsqu’on veut se changer les idées, de se faire raser par les mêmes débats économico-politiques, technocratico-géopolitique, sciencepolitico-soporifiques que l’on entend partout ailleurs. Où donc est partie l’imagination radiophonique? Les ambitions culturelles? Le goût de l’érudition partagée?
Faites quelque chose, on vous en supplie.
1 octobre 2008 à 19:42
Et toujours pas un mot sur la charette des licenciements à Radio France (pour cause de “trop vieux”), dont Alain Gerber fait partie. Vous avez su adroitement mettre en scène votre promotion par un tour de chant d’un orgueil effarant (cf la dernière de Travaux Publics) et qui franchement m’a fait changer d’avis à votre sujet. Et là , toujours pas d’humilité, ou même de la plus petite mention pour vos illustres collègues qui n’avaient pas la chance de travailler au service de l’actualité la plus brûlante, et qui ont été jugés “inutiles”. Un peu de décence, s’il vous plait, M. Lebrun. Le service du public fiche le camp, et vous restez muet.
4 octobre 2008 à 9:01
Vous nous manquez toujours!J’aime bien “du grain à moudre” que j’écoute depuis longtemps. Je “podcasterai” l’émission d’Alexis Ipatostev quand elle commencera. J’apprécie aussi “les nouveaux chemins de la connaissance” que j’enregistre tous les jours
5 octobre 2008 à 16:08
Oui vous nous manqué toujours. Pourquoi vous êtes vous trop agé et pas les bénis oui oui de culture matin?? j’aurai préféré l’inverse .Bel automne!
6 octobre 2008 à 9:02
La voix de IPATOVSTEF attrapée au vol l’autre nuit m’a ravie
“les revoila “ai je pensé,comme si tout d’un coup tout pouvait recommencer…………..
Du coup, je me suis mise à esperer dénicher un petit blog avec vos news quelque part - et m’y voila
Que dire? Surtout la difficulté à entrer dans un automne pluvieux sans ce repère qu ‘est ELSUR
Et puis je vous commande deux exemplaires de “Le frisson du dehors”
Dès qu’il est sorti, merci pour un petit mail - ce sera un beau cadeau de noel pour tous les fans de “Travaux publics”
Dites moi vite quand il sortira? car je dois repartir dans mon ile Rodrigues bientot, et aimerai l’avoir dans ma poche
ANNE vivrodrigues@hotmail.com - 06 62 43 70 40
6 octobre 2008 à 15:36
merci à Alexis Ipatovstef d’avoir repris contact avec nous. J’espère que les chômeurs de Travaux Publics (et les autres de france-Culture!)vont bientôt retrouver du boulot.
contente de savoir que jean-christophe oeuvre avec Sonia Kronlund, cette émission est épatante, comme celle de Pierre Chevalier (et celle de Raphaël Enthoven et de Julie et Brice)
à bientôt
6 octobre 2008 à 21:08
Un grand merci à Alexis Ipatovstef pour nous avoir contactés par e-mail, ce e-mail qui nous donne l’impression d’avoir fait partie d’une grande famille qui a eu du plaisir à se retrouver tous les soirs à 18 h 30 pour partager “Travaux Publics”.
Je ne me “retrouve” pas dans “RenDez-Vous” qui part dans tous les sens, à mon goût. Question de génération ou d’habitude, peut-être.
10 octobre 2008 à 0:49
Bonne suite à vous
France culture est le dernier refuge de la reflexion grand publique. J’espere, malgré votre arret, la reduction Du Grain à Moudre, que sais je encore … que cet ilot indispensable resistera. Si cela suit la meme voie que France Inter, je ne suis pas tres confiant.
10 octobre 2008 à 7:59
bonjour à vous,
quelle belle surprise de vous avoir entendu ce vendredi 10 Oct.. vous êtes vraiment un monstre du micro.. bravo jean.
mohamed.
10 octobre 2008 à 12:16
France-Culture, peuple de la voix, accompagne mes déplacements et une bonne partie de mes nuits. Jean Lebrun et société (de Travaux publics) sont des voix comme le cinéma a produit des gueules. Voie de la dérision et de l’humour grinçant, voie de l’ironie et de la tendresse conjuguée, voie de la maïeutique et de la recherche du juste, au moins ouverte à la diversité et à la curiosité, entrevue des esprits. Merci à vous de vos Travaux publics, merci d’(e m’)avoir offert ces concerti pour cordes vocales et orchestre, dirigés de voix de Maître par Monsieur Jean.
Souhaitant que France-Culture ne tombe pas sans passion dans un conformisme béat d’une actualité “appareillée” !!!
Yannick
15 octobre 2008 à 10:03
Bonjour,
Vous parlez de l’équipage de Travaux Publics : les Vincent Lemerre, Benoit Lagane, Laurent Goumarre sont issus de l’ “écurie” Lebrun. Ils sont vos “poulains”, vous les avez formés. Ils vous admirent. Or, vous mesurez la qualité de la daube que ces glorieux successeurs nous servent tous les soirs. Vous sentez-vous responsable de cette dégradation de l’art radiophonique? Merci de me répondre.
20 octobre 2008 à 13:40
Bonjour,
Merci à Jean et son équipe que j’écoutais déjà du temps de “culture matin” ,puis “pot au feu” (je n’aimais pas le titre,mais le contenu,oui).J’ai apprécié que vous ayez formé beaucoup de journalistes, je ne sais pas qui va s’en charger aujourd’hui.Veillez-y de votre perchoir…
25 octobre 2008 à 10:37
Cher Jean Lebrun, c’est finalement triste le soir, France Culture sans vous, je me demandais ce qui ne collait pas, mais c’est l’ambiance. Le grain moulu par Julie Cl. et Brice C. est fort intelligent, mais à cette heure de l’apéro cette intelligence-là est un peu lourde à ceux qui mettent du perrier dans le whisky ou préfèrent songeusement une bière blanche. Minuit/dix a du piquant, je m’y mets en riant avec plaisir, allez, Jean, vous avez aussi formé notre goût d’auditeurs, si longtemps, nous ne pouvons qu’avoir les exigences de liberté et de rire dans la Grande Culture que vous nous avez fait tâter!
Alors vite, encore un verre de rosé bien frais, ou de cidre, et pourquoi pas ce champagne de derrière les fagots ? Ne dites pas que c’est fini, faites-nous savoir que la saveur culturelle est toujours d’actualité, que diantre, elle n’a tout de même, heureusement, jamais été cotée en bourse!
Je vous embrasse fort, Anne MLP.
28 octobre 2008 à 18:58
Vous balayez d’un coup de revers vos autres collaborateurs. A vrai dire je ne connais pas du tout Benoit ni Sophie. Que sont devenus les Raphael les Kahaled, les Augustins, j’ai encore en mémoire l’excellente émission depuis Séte, préparé par le turc Ayati. Il sont chômeurs?
5 novembre 2008 à 18:01
Une nouvelle fois merci à Alexis Ipatovstef qui nous envoie une page de contacts e-mail (on a l’impression de faire vraiment partie d’une famille à part, à résister à la médiocrité mass-médiatique ambiante), avant de nous annoncer la parution “Le Journalisme en chantier”.
6 novembre 2008 à 11:40
Bonjour,
en tant qu’amoureuse de France Culture, il est vrai que la voix de Jean Lebrun, à tous les sens du terme, me manque… Mais laissons s’installer les nouvelles voix : elles ont besoin de faire leur nid. Il me semble qu’en tant qu’auditeur, il faut prendre l’habitude des émissions pour les apprécier pleinement. Et les voix de leurs animateurs se peaufinent.
Merci donc à vous tous : bon vent !
6 novembre 2008 à 21:40
Je suis d’accord avec tous les commentaires précédents. J’écoute FC depuis mes 16 ans en 1976… et ce que j’ai préféré c’est culture matin (bien loin déjà !).
Ce qui était important dans vos émissions c’était de donner la parole à la province. C’est nous les vrais et multiples visages de la France qu’aiment les étrangers.
D’accord pour dire que beaucoup d’émissions actuelles “brassent” la même soupe en pensant que c’est intello à fond alors que l’on est dans un effet de mode cantonné à une bulle parisienne, que l’on n’est pas plus avancé à la fin de l’émission qu’au début et que l’on n’a même pas passé un moment agréable, parce que la radio à l’origine ça faisait rêver les gens.
Ma mère aussi était une auditrice fidèle de pot au feu et travaux publics et regrette de ne plus pouvoir vous écouter. Elle n’a pas d’ordinateur alors je vous porte sa parole.
On continue à penser à vous, sachez-le.
26 novembre 2008 à 20:46
quelle plaisir de vous réentendre jean lebrun, c’est un enchantement, je vais acheter votre livre … vous avez comme même une sacrée voix et décidément vous nous manquez vous et votre émission avec votre façon à vous de nous interpeller et de nous captiver, vous êtes comme un charmeur….bien à vous fatiha
29 novembre 2008 à 22:29
Une émission qui s’arrête … et c’est le problème du statut des collaborateurs. ! On ne peut parler de charrette de ” licenciements” puisque ce type de travail est sans doute rétribué dans le cadre de salariés intermittents. N’est-ce pas ?
Ouf ! On peut retrouver le staff des collaborateurs de “Travaux Publics” dans d’autres plages horaires de France Culture. Mais, il y a de moins chanceux ? J’imagine que Raphaël Kraff pédale encore quelque part avec d’autres intervieww dans ses besaces ou que d’autres réinventent le métier, hors de la bienveillance du patron tutélaire. Parce que c’est comme ça dans la maison ronde. Pas fonctionnaires, je crois !