Le dernier livre de Jean Lebrun - “Le journalisme en chantier”  sera presenté à El Sur, 35 boulevard St.Germain, à Paris, le 4 novembre a 18h. Avec Jean Lebrun et Alexis Ipatovtsev.
Il est disponible dans toutes les bonnes librairies, directement ou par commande. Il vient de paraître aux éditions Bleu Autour …
Présentation de l’éditeur :
« Au terme d’un voyage radiophonique au long cours,
ces pages veulent laisser comme un sillage. Histoire de rêver à ce que pourrait être, à l’avenir, un journalisme actif », écrit Jean Lebrun, qui a eu de ce métier une pratique artisanale, décalée, joyeuse, aujourd’hui peut-être anachronique.
Ces pages ressemblent à ses émissions en direct du café El Sur, à Paris, ou du Bar de l’Hospitalet, sur le Larzac : une conversation dont il serait l’hôte et à laquelle il convie ses équipiers et auditeurs, souvent blogueurs déÂsormais. Les temps changent, sans qu’il faille désespérer d’un artisanat nouveau.



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31 octobre 2008 à 10:41
Que de fleurs jetées entre soi, que de compliments internes, que de courbettes pour une émission qui n’était qu’une table ronde dans un bistrot! L’admiration religieuse de Jean Lebrun, ex-grand homme de radio (depuis qu’il a quitté la matinale) n’a plus de bornes. J’ai encore en mémoire la dernière de Travaux Publics, honteuse d’autocongratulations, lourde de compliments jetés à soi-même. Cette messe avait été orchestrée par Jean Lebrun lui-même, dans un grand accès de modestie (mettre en scène ses propres éloges, c’est tout de même fort!).
Et à côté de cela, toujours pas un mot pour les débarqués de force de la station (bonjour Alain Gerber!), ou la calamiteuse nouvelle génération (Goumarre, Lemerre etc.) formée par ses soins…
1 novembre 2008 à 14:32
Déjà envie de me plonger dans ce livre. Merci de continuer ainsi en nous donnant à lire sur ce qu’on a vécu en écoutant ou participant.
Cette façon de travailler que vous nous avez faite rencontrer laisse des traces. Sur l’importance de provoquer de la conversation et (donc) de l’opinion. Il y eu des échanges variés et vifs parfois. Car la parole était ainsi offerte. Appuyée par des apports auxquels on n’avait pas pensé ou pas eu accès.-Quel travail en amont!!- Offrir de la parole pour continuer ensuite à penser et dire.
Votre enrichissement sur les gens, les lieux divers est évidente. Vers ainsi une connaissance du tissu humain, social et citoyen auxquels vous vous adressez, et la mise en valeur du dire individuel.
C’est un apport face à ce que je nomme avec d’autres comme “journalisme de bureau” - souvent aussi imposé par le temps du scoop ou les moyens financiers - Car nous auditeurs, souvent, on se sent en-dehors de ce qui est écrit ou dit sur “nous”. Impression qu’on parle de nous sans nous connaître.
Passé à la programmation j’imagine que cela va transpirer un peu.
“journalisme en chantier” : humilité que tout est à faire et sans doute jamais terminé. Tel que vous êtes. Donc souhait que vous participiez à des changements sur la profession, chacun avec ses thèmes.
A bientôt après la lecture.
2 novembre 2008 à 3:49
Que de méchanceté de la part de Ronaldo…
5 novembre 2008 à 9:59
Bonjour,
je voudrais, au travers de ce blog, saluer un compatriote qui vient souvent se restaurer dans une vieille brasserie parisienne dans laquelle je travaille.
Mr jean Lebrun saura me reconnaitre.
A bientôt cher compatriote et bon vent à vous !
8 novembre 2008 à 16:59
Non non, pas de méchanceté, chère Marie-Christine, juste du constat, et de l’agacement de lire ces éloges préfabriqués(Jean Lebrun, passeur de parole, chuchoteur de l’intime, murmureur du réel etc…). Travaux Publics était une émission-spectacle, avec un format très très inconfortable d’écoute, une instrumentalisation des gens pour sensationnaliser le contenu (effet de cirque radiophonique), une répétition des mêmes sujets, un effet de club “science-po” très prononcé, et un mépris profond pour ses critiques etc… Et voir Jean Lebrun a présent se glorifier en artisan humble de l’art radiophonique, quel comble! Il suffit de regarder à présent les journalistes qu’il a formés, quel beau travail. Tant d’hypocrisie, c’est tout de même difficile à supporter.
Jean Lebrun a cessé de faire de la radio dès qu’il a quitté la tranche matinale. Le reste n’est que démagogie non-radiophonique.
10 novembre 2008 à 0:08
Cher Jean Lebrun,“. Mais rien sur la patience, le sérieux, la douleur, le travail nécessaires pour faire advenir l’expérience des auditeurs à la parole. Pour un livre de “narcissique”, je ne trouve pas ce livre fanfaron. Je le trouve même plutôt pudique. Merci en tout cas. Car, comme a dit la Première Dame de France “c’était sympa, vos questions”.
Pour être tout à fait honnête, j’ai un problème avec votre idée de l’auditeur expert ; cette idée que nous en saurions plus que vos prestigieux invités, que vive la téléinformatique grâce à laquelle nous serons bientôt auditeurs, experts, journalistes nous-mêmes. Cette idée m’évoque l’émission que Benoît Lagane et Eric Vérat ont consacrée cet été à The West Wing. Leur belle émission L’Amérique en 24 épisodes était mon réveil-matin. Ce matin-là , c’était un peu différent des autres jours. Pour analyser la série consacrée à l’Administration du Président Bartlet, nos deux reporters s’étaient avisés qu’ils avaient, à la Maison, un expert en président en la personne de leur confrère Ali Baddou. Alors ils ont fait du Jean Lebrun, ils sont sortis de leur studio et sont allés à la rencontre de leur public-expert. Il est toujours parfait, Ali Baddou, esprit raffiné et vrai gentleman. Seulement, c’était sympa, les gars, il serait bien resté parler avec eux, mais il avait comme un truc sur le gaz alors… J’ai tellement rigolé que j’ai réveillé la maison et qu’on m’a pourrie toute la journée.
Justement mardi, aprés avoir quitté El Sur, j’ai revu l’épisode 2 de la 4ème saison ; c’est vraiment mon épisode préféré. On y voit tous ces gens exceptionnels au mieux de la quintessence d’eux-mêmes. Debbie Fiderer qui a du flair, de l’humour, qui reste elle-même en présence du pouvoir et qui est la meilleure secrétaire du monde, et la plus discrète. Charlie qui est si jeune mais qui est déjà un grand éducateur, qui a amené sa petite sÅ“ur au niveau académique et qui va remettre le jeune Anthony dans le droit chemin. Le Président et Sam qui sera président un jour, ensemble dans le bureau ovale pour une fois. Et la jolie Donna, petite cousine US de Jean Lebrun, qui rappelle aux deux stratèges de campagne électorale qu’il y a des gens dont on ignore le nom qui savent des choses parce qu’ils les vivent. Il y a ce chic type, Matt Kelley, qui a du courage et de l’honneur et qui va leur donner une idée pour mieux faire leur job, une idée pour que la politique rende la vie des gens un peu moins difficile. Mais pour avoir cette idée-là , justement, il fallait savoir écouter les gens. Or, comme vous l’écrivez, la prise de parole ne se décrète pas. Et pourtant, comme disait Duras “on peut parler de sa vie toute sa vie. La vie est considérable.” C’est qu’il s’en faut de beaucoup qu’un vécu constitue une expérience. Sans la mise en forme, impossible de snetir ce qu’on sent, de connaître ce qu’on sait, de regarder ce que l’on vit.
Les deux stratèges ont eu de la chance, le citoyen au grand cÅ“ur était méditatif ; ils n’eurent qu’à l’écouter. Pour vous, c’était une toute autre affaire. Il fallait parler à l’auditeur pour qu’il découvre qu’il avait quelque chose à dire. Alors que tant de beaux esprits vous aient reproché de monopoliser la parole…! Votre livre dit beaucoup de choses, et de bien belles. Mais il ne dit presque rien de la part maïeutique de votre activité d’interviewer. Juste Alexis “on sait mener l’entretien” et vous “la seule méthode (…) est de faire voir
11 novembre 2008 à 14:30
Bonjour Monsieur Lebrun,
Encore un bouquin concocté par un de France Culture! Que d’ouvrages! Que de farine au moulin de la Maison Ronde! enfin. C’est bien.Voici un texte bien modeste, en ce même pas mémorable jour de pluie mais en ce mémorable 11, de novembre…
Enthousiasme. Morosité. Affects par lesquels passe l’humanité tout entière, ou presque, depuis l’élection, le 5 novembre dernier, de Barack Obama. Merveilleuse tout de même que scandaleuse humanité ! Heureuse de voir avec quelle élégance la famille d’un homme incarnant à lui seul la multiplicité culturelle s’est présentée aux électeurs. Michelle, Barack et leurs deux petites filles, dans un halo de sérénité non feinte. Malheureuse, en quelque manière, de réaliser que tout cela, presque inconditionnellement soutenu par la finance mondiale, pourrait peut-être ouvrir des perspectives jusqu’ici inédites. Je soupçonne tout particulièrement une certaine gauche, celle croyant encore à la politique du pire, de ne pas se réjouir de ce vote du citoyen des Etats Unis. Pas de panique, cependant ! Nous apprenons la recrudescence des ventes d’armes depuis ledit vote, sous prétexte que le nouveau président aurait envisagé la possibilité de restreindre l’accès à ce type de bien de consommation. Nous vivons décidément une époque on ne peut plus formidable ! Mais, que le petit blanc, et protestant, se rassure : hors de question pour Obama d’abolir la peine de mort ! Ouf !
« Mais en toute vérité, mon cher More, à ne vous rien cacher de ce que j’ai dans l’esprit, il me semble que là où existent les propriétés privées, là où tout le monde mesure toutes choses par rapport à l’argent, il est à peine possible d’établir dans les affaires publiques un régime qui soit à la fois juste et prospère ; à moins que vous n’estimiez juste que les meilleures des choses reviennent aux pires des gens, ou que vous ne jugiez heureux que tous les biens se partagent entre les gens les moins nombreux, et sans même que ceux-ci s’en trouvent entièrement satisfaits, alors que les autres sont dans la dernière misère. »
Sur l’île sans lieu envisagée par Thomas More, il se pourrait bien que nous dénichions le seul coquillage qui, pressé contre une oreille attentive, ne ferait entendre rumeur de la mer, mais un chant, celui-là même qui réunit les « damnés de la terre », leur laissant entendre, et ils l’entendirent, la possibilité du soulèvement. Et ils se soulevèrent. Et ils virent l’Île, sachant qu’ils ne devraient jamais l’atteindre. La force de Barack Obama réside sans nul doute en ce renouement, cette reconnexion avec le chant, celé dans un coquillage, sur Utopia. Pour cela, le remercier. Cela étant, n’est-il pas, hélas, hautement improbable qu’il parvienne à faire que le meilleur aille aux meilleurs, sachant que les modalités d’évaluation du meilleur et du pire, des meilleurs et des pires, sont pour le moins compromises. Pour longtemps, je crois. Pour longtemps…
« Une lutte convulsive entre les deux pouvoirs s’alluma alors en moi : l’un voulait que je reprenne des forces pour renouveler le sacrifice, l’autre aspirait à un repos auquel les souffrances traversées lui donnaient quand même droit ! »
Ô combien grande, parfois, est la tentation de ne plus écouter que sa fatigue et de ne plus réclamer que la chaise sur laquelle s’asseoir, à moins de la placer entre soi… et l’abîme.
23 novembre 2008 à 0:21
Bien d’accord avec Ronaldo. Je trouve aussi cette auto-satisfaction permanente et cette comédie de l’artisanat journalistique indécentes et nauséeuses. TP avait d’immenses défauts qu’a bien pointés Ronaldo et que j’ai eu l’occasion également de signaler. Entre autres, son insolente démagogie (mettre sur un pied d’égalité le paroissien de El Sur et le professeur du Collège de France). Mais voilà , le nouveau public de France Culture aime avoir l’illusion de participer, d’être entendu, de réagir… Ségolénisme de bistrot. Quel leurre… Personnellement, j’écoute la radio pour écouter des hommes de radio, des invités intéressants et compétents, un art de la radio, pas mes semblables tenir des propos que je pourrais tenir sur le pas de ma porte. Alors, permettez-moi de trouver, avec d’autres auditeurs critiques, que la maîeutique de la parole de l’auditeur est un bien risible et bien pompeux effort.
Quant à la prétendue chaleur humaine de Jean Lebrun, permettez-moi d’en douter fortement.
Cette chaîne, enfin, a oublié le sens du mot “déontologie”. À longueur d’antenne on s’invite entre soi et on se fait une publicité honteuse et gratuite pour des ouvrages non publiés par Radio France. Apparemment, cela ne dérange personne, ni l’ancien Mediateur, ni la Direction, ni les producteurs eux-mêmes.
Comment voulez-vous qu’on ne soit pas saisis d’écÅ“urement ?
EZ
28 novembre 2008 à 21:57
cher Jean, j’ai lu votre livre “juornalisme en chantier” entre le métro et les embouteillages du trafic automobile de Paris et puis le métro et j’aurais même pris un stopeur (et sans reproche qui n’aurait pas eu peur et pas d’argent dans les poches) pour qu’il me lise la suite tandis que je roulais dans la brume sur la route nationale 4 vers Strasbourg la nuit qui a suivi l’acquisition d’icelui dans le coin de la Bastille où règne encore votre esprit de révolte à l’état de fusion, mais personne n’a élevé son pouce au long cours de mon retour vers la frontière de l’ombre et j’ai fini votre livre “journalisme en chantier” dans les pauses bienvenues de mon travail de jardinier municipal de cette grande ville d’Alsace qui se la joue capitale de l’Europe. Autant vous dire que votre voix je l’ai aimée, qu’elle m’a bien souvent réveillé, encouragé, remis à l’ouvrage. J’aime le coeur qui vous bat, l’esprit qui vous tient droit, l’âme qui vous vibre. J’aime ce temps qui nous fait d’une, et cette lune qui nous illumine la nuit. Mais, même si je vous aime du plus clair de ce moi dont l’éclat m’éblouit au point de cécité, votre livre “journalisme en chantier”, aussi honnête, au pointillisme, ausi précis dans la suite des contradictions dévoilées, aussi mathématique dans votre contrition définitive (comment s’y réduire quand une intelligence et une voix établissenr un tel degré d’intimité subtile) ne m’a pas rassasié de mon désir de vous comprendre. Il existe si peu de bonnes raisons pour ne pas lâcher prise , votre essence radiophonique en est une. Et d’une, d’eux, tous, qui ne savent pas vous le dire et dont je suis l’insignifiant écho.
Bien sûr on peut vous chercher sur Rue 89, on peut vous traquer entre la maison de la Radio et le quartier de Georges Brassens quand il aimait la Jeanne, mais c’était tellement chic d’allumer la radio sur votre fréquence à l’heure dite et que votre voix nous dise qu’on réfléchissait encore, malgré tout.
alain
1 décembre 2008 à 11:44
Comment, en lisant Alain, ne pas voir en Jean Lebrun un enre de récipient pour toutes sortes de transferts… Parle-t-on vraiment de la même personne?
14 décembre 2008 à 0:48
c’est quand même incroyable cette foi dans un après fragile du gladiateur indomptable! Moi, j’avais traversé un sacré paquet d’hivers au contact du froid, attendu le pouce en l’air debout au bord des routes vers je ne savais où mais plus loin, pénétré des cercles où je n’étais pas le bienvenu, confronté ma solitude la plus stricte au mutisme de la matière du bois, de la pierre, du métal et de la connerie des hommes, touché d’un souffle la fin de moi au défini des choses quand Georges Brassens a chanté dans le poste, et après lui Léonard Cohen et Bob Dylan et puis Jacques Brel et Bobby Lapointe, et quand la voix de Jean Lebrun m’est parvenue enfin, libre, joyeuse, profonde et attentive à son interlocuteur dans un solo d’intelligence où parfois je retrouvais le Jimmy Hendrix d’avant la fin, j’ai eu le sentiment qu’on inventait la radio et que j’y assistais, Arthur, sans récipient sinon le récit patient d’une légende hors du temps!
alain