Oui, comme une conversation à poursuivre, avec autant de rencontres inattendus. Et la geste ordinaire est toujours d’un humour qui balaie le gris de la vie. S’il vous plaît laissez-moi encore cette respiration …
Bienvenue sur le Blog de l'équipe de Travaux Publics, émission de Jean Lebrun diffusée tous les soirs de 18h30 à 19h30 sur France Culture ... Retrouvez les contributions de Jean-Christophe Francis, Emmanuel Giraud, Alexis Ipatovtsev, Benoît Lagane et Jean Lebrun
11 novembre 2008 à 22:40
Bonjour,
j’ai rencontré Jean Lebrun lors du tournage de la présentation de Rue 89. J’aimerais lui écrire. A quelle adresse puis-je le faire?
Simon G
13 novembre 2008 à 9:26
Question : est-ce vraiment éthiquement acceptable d’utiliser un site de service public comme plate-forme publicitaire du livre d’un de ses employés? La pratique de s’inviter entre soi pour promouvoir ses propres livres à France Culture est déjà bien répandue. Je vois que le copinage passe à l’heure numérique. Jean Lebrun n’a plus d’émission car il a été promu, et basta. Pensez-vous que les vrais licenciés de la station, les débarqués de talents ont eu droit à leur plate-forme promotionnelle financée par la redevance? France Culture est devenue une station de débats d’opinion, alors débattons-en.
Merci
19 novembre 2008 à 16:45
Si l’équipe de Travaux Publics avait voulu faire un livre commercial,elle aurait choisi un autre éditeur que Bleu autour, maison aussi discrète et artisanale que nous voulions l’être et elle trouverait d’autres moyens de promotion que ce blog situé au bout d’un labyrinthe. Si nous signalons ce livre, qui est le fruit d’une expérience collective, et gardons ce blog quelques semaines encore,c’est que nous voulons disposer, tel le Petit Poucet, quelques pierres d’attente, avant que ne s’ouvrent de plus grands espaces de participation sur le site de France Culture. promotion, non, poursuite d’une conversation, oui.
Jean Lebrun
23 novembre 2008 à 18:23
La question d’Orane est pertinente.
En attendant, petit éditeur ou pas, il est difficile de contester que ce livre est un produit vendable et donc achetable et vous ne pourrez pas nier non plus l’aspect auto-promotionnel de votre campagne.
Ouvrons donc le débat, comme le suggère Orane. Pourquoi tant d’invitations entre soi sur France Culture ? Pourquoi tant de publicité gratuite ? il m’est arrivé de poser la question à plusieurs reprises au médiateur qui, comme à son habitude, se conduisait en avocat- supporter de la station et des producteurs plus qu’en Médiateur.
Mais vous ne pouvez nous empêcher de penser qu’il y a là quelque chose d’anormal, quand on invite pendant une demi-heure ou une heure un producteur maison à parler de son dernier livre. C’est profondément choquant et profondément contraire à toute déontologie. Et cela est devenu désormais régulier. Le pire est que les producteurs n’ont même pas conscience de se servir gratuitement d’un outil public, au seul motif qu’ils travaillent dans la maison et sont donc des potes.
Cordialement, E. Z. Paris
24 novembre 2008 à 12:39
J’emprunte de nouveau l’identité d’Alexis pour répondre mais à bien des égards, nous sommes interchangeables.
En la matière,à France Culture,comme dans plusieurs autres medias, nous avons fixé des règles. Nous veillons à ce que les publications de nos collaborateurs ne soient ni négligées ni surexposées. Quand elles sont présentées,elles sont identifiées comme venant d’un producteur de la chaine.Si elles devaient être sur-représentées, la réunion hebdomadaire de programmes met le hola.De toute façon, la même règle s’applique aux auteurs producteurs ou non producteurs : le maximum des passages est de trois par publication.
Et juste une remarque malicieuse pour finir : ne supposez pas qu’entre producteurs, règne nécessairement le plus grand accord.Nous sommes plutôt d’accord pour ne pas être d’accord. Et pour préferer donc inviter à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur de nos murs.
Jean Lebrun
25 novembre 2008 à 22:49
Merci pour votre réponse, Jean Lebrun.
Mais vous savez, peu nous importe de savoir si vous vous détestez ou si vous vous adorez à France Culture… Ce sont des détails de votre vie interne qui n’intéressent pas beaucoup les auditeurs (ou certains d’entre eux). Nous jugeons ce que nous écoutons. Or, lorsque l’auditeur constate que l’on invite trois fois de suite le même producteur ou la même productrice pour son dernier roman, dont il ou elle parle avec une complaisance certaine devant un micro ami (échange de bons procédés ?), il se pose quelques questions.
Vous m’apprenez cette règle des trois passages maximum. La pratique ainsi codifiée n’en est que plus choquante. Dans tous les cas, certains (que je ne nommerai pas) ont bien trois “amis” disposés à les inviter.
Que cela ne pose aucun cas de conscience, voilà qui ne manque pas d’être assez inquiétant pour la bonne santé éthique de la station et de ses artisans.
Cordialement,
EZ
29 novembre 2008 à 13:10
Livre achetable, vendable ? Je me régale de ce que j’y trouve de chair et d’humus. Dépêchez-vous surtout d’aller quérir un exemplaire au café El Sur, si vous passez par le boulevard Saint Germain ! L’accueil y reste chaleureux aussi …
Avec “Le journalisme en chantier”, on évoque un travail où l’épaisseur humaine garde une place. L’attitude journalistique adoptée s’efforce de ne pas distribuer de réponses, mais plutôt de provoquer des questions. Celles qui restent à faire surgir, bien sûr … et que vous ruminez l’émission terminée.
Oui, comme une conversation à poursuivre, avec autant de rencontres inattendus. Et la geste ordinaire est toujours d’un humour qui balaie le gris de la vie. S’il vous plaît laissez-moi encore cette respiration …
En quoi, la liberté de l’un et l’autre s’en trouve-t-elle amoindrie ?
Cordialement.
Chantal COLLET
30 novembre 2008 à 16:23
Quand je vous lis, Chantal, je prends conscience que nous avons deux conceptions diamétralement opposées de la radio et que probablement, à en croire le succès de son émission et l’adhésion de ses nombreux fan, Jean Lebrun a gagné son pari.
) C’est tout compte fait une évolution très récente dont on peut imaginer qu’elle n’a rien d’irréversible (avec Jean Lebrun là où il est, on en doute, mais rêvons toujours).
Nous sommes apparemment entrés dans une nouvelle ère, celle de la sacro-sainte interactivité – à moins que ce ne soit celle de la radio-thérapie de groupe – . Elle séduit un auditorat nombreux, avide d’humanité, mais laisse sceptiques les plus anciens. Car finalement, depuis quand sollicite-t-on autant l’auditeur ? depuis quand toutes ces grand-messes publiques et fusionnelles où un gourou envoûte ses ouailles (il y a un peu de cela, tout de même
La radio de l’offre, celle qui propose un produit fini, sans sollicitation de l’auditeur était-elle donc si inhumaine ? si intellectuelle ? si froide ? Si indifférente ? La connaissiez-vous ? D’où vient ce besoin de partage fraternel, d’échange, de dorlotage collectif entre le grand journaliste et les sans-voix dans une sorte de radio cocooning ?
Vous parlez de “journalisme” mais là encore, l’évolution est très récente. Bien des producteurs tournants (une espèce en voie de disparition sur la chaîne, je vous l’accorde) n’étaient pas de formation journaliste sur France Culture, me semble-t-il. L’entrée massive des journalistes sur FC, le gonflement de la rédaction et des journaux a un nom et une date. Qui dit que l’on doive faire du “journalisme” sur FC ? Justement, en ce qui me concerne et je ne suis pas la seule, si j’écoute FC, c’est pour échapper au journalisme et aux journalistes et entendre autre chose.
Cordialement,
Emma
1 décembre 2008 à 11:29
Je suis plutôt d’accord avec Emma : quand j’allume la radio, ce n’est pas vraiment pour enchanter un quotidien gris, pour avoir l’impression d’appartenir à un réseau social ou pour entendre la voix de “vrais gens” dont on laisserait enfin la parole. Je suis un ancien auditeur de France Inter, et vraiment, je souhaiterai que l’on évite de suivre cette pente naturelle qui mène vers Daniel Mermet (le journalisme de revendication) et Macha Béranger (faire parler les “sans-voix”). Il est naturel de voir en un medium radiophonique (surtout quand celui-ci est le dernier, en France, à pouvoir diffuser ces contenus culturels!) quelque chose de “plus” que cela. Malheureusement, on a “journalisé” à outrance la station, et comme le journaliste est par définition l’expert du temps présent, l’éventail de sujets et de thèmes se trouve dramatiquement réduit. Le sentiment qui se dégage est que est que la découverte et l’apprentissage ont disparu de la station, et que quelque part, dans un bureau important, quelqu’un considère France Culture comme un simple dépositaire de toutes les opinions tous les sujets à la mode. C’est le principe de la “République de la Parole”, énoncé par Jean Lebrun. La table ronde perpétuelle. Le zinc circulaire. On donne l’impression d’une interactivité, et que nous renvoie-t-on? Nous, nous même, notre actualité, nos opinions, nos conflits. Il est devenu difficile de se faire des souvenirs de bons moments de radio, avec cette manière de faire. Tout ce qui nous reste sont des catalogues d’opinions, hésitantes, sans passions, sans enthousiasme. Les grands vulgarisateurs de connaissances ont disparu au profit des petits diffuseurs d’opinions. Après France Culture, il n’y a plus de radio de contenus. S’il vous plait, ne laissez pas les journalistes d’actualité “terminer” ce qui reste de la station… France Culture est un grand labyrinthe tapissé de miroirs. Il est impossible d’échapper à son image, à son air du temps, et on ne nous croit pas assez intelligents pour apprendre des choses. C’est triste.
1 décembre 2008 à 11:42
Emma,
Je m’étonne que vous n’y avez vu qu’une sorte d’amateurisme dans le mode de fonctionnement de Travaux Publics. Acteur dilettant, Jean Lebrun ? Si c’était le cas, je crierai aussi haro sur le baudet. j’ai toujours perçu, de sa part, un travail minutieux et inquisiteur : un labour qui fait émerger l’ultime question … à la fin des 60 minutes de temps d’antenne !
Et je vous rejoins pour apprécier tous les discours savants de FC que j’écoute avec jubilation, quand je peux y faire mon miel.
Cordialement à vous.
Chantal Collet