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Tous ses billets

“Le journalisme en chantier” sera prĂ©sentĂ© par Jean Lebrun: a Paris le 7.12, 16h aux Cahiers de Colette; le 13.12, 19h30, Ă  la librairie Tropiques, rue Raymond Losserand; a Brest signature au Quartz dans le cadre de “Longueur d’ondes”, le 6.12 Ă  16 h.

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1 déc 2008

“Le journalisme en chantier”   à été  présenté à El Sur le 4 novembre 2008 par  Jean Lebrun et Alexis Ipatovtsev. Vidéo par Antoine Châtelet


LEBRUN ET IPATOVTSEV presentation du livre a El Sur
envoyé par travauxpublics

Jean Lebrun, artisan-journaliste par Jean-Marie Borzeix

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10 nov 2008

http://www.nonfiction.fr/article-1783-p1-jean_lebrun_artisan_journaliste.htm

Radio Blumerey

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5 oct 2008

NUIT BLANCHE 2008

Pour un oui ou pour un non

de Nathalie Sarraute

par Jean Lebrun et Hugues Quester

enregistrement en public chez Bob a Blumerey

prise de son: Alexis Ipatovtsev

radio blumerey

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Une émission de Radio Blumerey

Bienvenue chez les … ?

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31 mar 2008

 © wikimedia commons

Il y a des Ă©missions dont la raison d’ĂŞtre est loin d’ĂŞtre Ă©vidente mĂŞme pour ceux qui les prĂ©parent. Ni avant, ni pendant, ni mĂŞme après la diffusion. Cette fois c’Ă©tait Ă  Metz. Comme souvent, on n’arrivait pas Ă  trouver le sujet de vendredi. D’autant plus que le vendredi Ă©tait un jour saint et que l’on se prĂ©parait Ă  le passer en terres concordataires, Ă  Metz. Le choix des invitĂ©s un jour fĂ©riĂ©…vous imaginez !

Bref, cinq jours avant l’Ă©mission nous n’avions pas d’Ă©mission. C’est Ă  ce moment prĂ©cis que Jean Lebrun a ouvert « La Semaine de Metz » qui titrait « Bienvenue chez les Mosellans ». Tout un dossier fait Ă  la manière de « Bienvenue chez les Ch’tis ». Voici une idĂ©e de gĂ©nie ! On fera la mĂŞme chose ! Jean Lebrun a lu le dossier, mais pas vu le film. Moi, Ă©tant Ă  Paris, je ne pouvais pas lire « La Semaine», donc je me suis procurĂ© le film de Dany Boon. Lire la suite »

Friday on my mind

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8 mar 2008

« …et puis, il faut qu’on dĂ©cide ou est-ce qu’on va le 21 et le 22 fĂ©vrier ? » La question a Ă©tĂ© lancĂ©e par Jean Lebrun fin janvier à la fin de la rĂ©union du lundi de « Travaux Publics ».  J’ai proposĂ© Annemasse. Parce qu’il faut suivre la campagne des Ă©lections municipales, parce que cette campagne est intĂ©ressante lĂ -bas (le maire quitte la mairie après 30 ans), et parce qu’on pourra Ă©voquer les pratiques dĂ©mocratiques en Suisse voisine, prĂ©parant ses votations au mĂŞme moment que la France. « D’accord, mais que pourra-t-on trouver comme sujet de vendredi  ? »

Le problème est toujours de trouver un autre sujet pour la deuxième Ă©mission dans une ville ou l’on a jamais mis les pieds auparavant et dont la presse nationale parle peu (la presse rĂ©gionale est absente de notre bibliothèque et gĂ©nĂ©ralement payante sur Internet). Lire la suite »

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ELECTIONS, FRANCE PROFONDE 3 commentaires »
30 jan 2008

Vous avez remarquĂ© ? Nous sommes de nouveau en pleine campagne Ă©lectorale ! Tant mieux pour nous, intermittents du spectacle faisant des Ă©missions radiophoniques Ă  caractère journalistique. Rien ne parait, en effet, plus facile que d’inviter toutes les tĂŞtes des listes et organiser un dĂ©bat en public autour des problèmes locaux ou l’actualitĂ© nationale. Et ça va attirer du monde ! Il suffit de trouver une ville ou la bataille sera intĂ©ressante. Tenez, Ă  Tours, par exemple.

Mardi, 15 janvier 2008, 10h45 : premier coup de fil au cabinet du maire sortant et candidat a sa propre succession. Je lui propose la participation Ă  l’Ă©mission consacrĂ© Ă  la reforme administrative selon le plan Attali. La première rĂ©action de l’attachĂ© de presse est courtoise Ă  la française - on me propose de communiquer par courrier Ă©lectronique. Ce que je fais a 10h56. J’indique que Mr. le Maire sera en face d’un reprĂ©sentant de l’opposition municipale - campagne Ă©lectorale oblige. J’attends la rĂ©ponse. Lire la suite »

Les civilisés en civil

civilisation, IDENTITE NATIONALE 3 commentaires »
18 jan 2008

Parfois la vie nous réserve des rapprochements inhabituels.

Tenez, il y a trois semaines je me suis retrouvé dans un RER en Russie.

Entrent deux policiers. J’ai peur. Pourquoi ? Parce que j’ai oubliĂ© mon passeport Ă  la maison. Mais j’ai de la chance - mon visage est “europĂ©en-nordique”. Les policiers trouvent facilement ce qu’ils recherchent - un visage plutĂ´t “sudiste”. “ContrĂ´le d’identitĂ©”, “suivez-nous s’il vous plait”. A vrai dire je n’ai pas entendu “s’il vous plait”, mais leurs comportements sont assez courtois. La suite est facile Ă  imaginer: un pauvre immigrĂ© choisi va dĂ©penser son salaire journalier pour un bakchich et poursuivra son chemin.

Il y a trois jours je me suis retrouvé à la Gare Montparnasse pour une mission à Tours.

Trois personnes m’arrĂŞtent au dĂ©but du quai. Lire la suite »

Mon premier blog

blog 11 commentaires »
8 jan 2008

©Alexis Ipatovtsev

Mon premier « blog » a Ă©tĂ© commencĂ© le 17 fĂ©vrier 1976. J’avais 10 ans. Ca dĂ©jĂ  Ă©tĂ© une publication collective. Mon grand-père, Nicolas Ipatovtsev, 76 ans, peintre, m’a envoyĂ© une lettre pour me remonter le moral – depuis des semaines j’enchaĂ®nais les grippes et les angines. La lettre Ă©tĂ© inhabituelle – par sa forme elle m’entraĂ®nait dans le jeu qui s’est transformĂ© en ma profession actuelle. Nicolas Alexeevich me proposait de chroniquer les actualitĂ©s de la presse soviĂ©tique et les Ă©vĂ©nements familiaux. Presque tous les jours on prenait des notes, on les mettait  sur le papier, on les illustrait avec nos dessins et on se renvoyait les billets des « Dernières Nouvelles ». Tel Ă©tait le nom de notre correspondance a nous deux. Elle a durĂ© seulement quelques mois. Mon grand-père est mort la mĂŞme annĂ©e en octobre. Je n’avais plus de correspondant, mais j’ai dĂ©cidĂ© de continuer. Pour sa mĂ©moire. Il y a une semaine j’ai retrouvĂ© dans mes archives pĂ©tersbourgeoises quatre volumineux classeurs avec plus de 400 numĂ©ros de nos « Nouvelles ». Les dernières traitaient les jeux olympiques Ă  Moscou ainsi que les grèves Ă  Gdansk. Lire la suite »

Le verre est vide

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19 nov 2007

strasbourgparisengreve.jpg

Ah comme c’est confortable de voyager pendant la grève de la SNCF ! Samedi, 18h16, TGV Strasbourg-Paris. Voiture numéro 11. Quatre voyageurs, l’auteur de ce billet, envoyé spécial de France Culture en Alsace inclus ! Les autres font la grève du train ou ont eu peur et pris l’avion. Ils sont plus précautionneux, ils lisent les journaux, ils comprennent la logique des mouvements sociaux…

Moi j’observe. Lire la suite »

Etre et avoir : Courte leçon sur l’identité nationale

IDENTITE NATIONALE 0 commentaire »
18 mar 2007

« Vous avez l’accent belge ! » m’a dit la future-ex directrice de France Culture en 1994. C’était assez drôle comme remarque, vu mon niveau de français - à l’époque je confondais « j’ai » et « je suis ». Bernard Lebrun (traduisez du breton en français) de France Inter avait vu plus juste en 1992 - dans son bureau, sur le tableau, c’était marqué «le ruskoff ». C’étaient, il y a 15 ans, mes débuts à la Maison de la Radio…
Quand je suis né, un voisin de mes parents, le grand académicien Likhachev, a regardé mes yeux asiatiques et a tout de suite prononcé le verdict : « région d’Olonets, typique du nord finno-hongrois !!! »

Je me suis habitué à tout. On me prend pour un suédois, un polonais, un allemand, un tchécoslovaque (malgré le fait que le pays n’existe plus)… Et chaque fois, je dis « je suis de Saint-Pétersbourg ». « Ah, donc vous êtes russe ! » s’excitent généralement mes interlocuteurs. Et là, je ne sais plus quoi répondre.

Il y a trois ans, dans la ville d’où je viens, dans une voiture faisant taxi, j’ai affiché un sourire en y observant trois icônes en plastique, accrochées au pare-brise. « Que regardes-tu ? » m’a demandé le chauffeur, l’air assez provocant. « Nash ? » C’était le moment de vérité – « nash » veut dire « notre ». Je ne savais pas quoi répondre, mais j’avais vite compris que pour lui « les siens » étaient uniquement les chrétiens orthodoxes. Pour détendre l’ambiance, j’ai juste hoché la tête. « Donc, russe ! » a conclu mon chauffeur agressif, l’air soulagé.

Effectivement, j’ai un passeport de la Fédération de Russie. Donc, russe. En plus j’ai été vraiment fier de l’avoir – l’aigle à deux têtes au lieu de la faucille et du marteau. Il me sert à traverser la frontière russe et à aller voter. Je respecte la Constitution démocratique de 1993 et ses valeurs, je m’intéresse à ce qui se passe en Russie aujourd’hui. Mais ça relève des devoirs du citoyen ; mes origines familiales diverses et variés et l’identité est chose si intime et complexe.

Il y a 20 ans, à l’époque du socialisme je ne me posais pas des questions sur mon identité. Mais je me souviens, que sur mon ancien passeport était indiqué : « citoyen soviétique de nationalité russe ». Nationalité égale origines. Donc on ne pouvait logiquement pas être russe et ukrainien et finnois et juif, etc. ( juif, c’était aussi une nationalité). Pourtant ma grande mère se disait toujours russe, malgré ses origines territoriales ukrainiennes et la foi de ses grands-parents juive. Sur son passeport était marqué : « citoyenne soviétique de nationalité juive ». Aujourd’hui elle aurait été russe tout court. Sur le papier et dans son intimité. Pas dans les regards des autres.

Un autre souvenir. L’un de mes grand-pères se disait ukrainien, mais quand, en 1989, à Berlin-Ouest, secteur américain, j’ai rencontré son cousin très éloigné, le destin m’a présenté le premier vrai russe. C’est lui qui se définissait ainsi et je l’ai cru. Il était né à Belgrade, avait vécu toute sa vie au Royaume-Uni, mais parlait ma langue maternelle. Sa famille était partie pendant la Guerre Civile en 1919, le mienne était restée. Son père, évêque aux Etats-Unis, transmis la foi, la liberté, l’indépendance, les recettes de la cuisine russe, la culture… Tout ce que mes parents ne pouvaient plus transmettre dans les conditions de la prison soviétique douce. Donc, lui, aucun doute, russe, mais moi ? Quand une citoyenne française Nina Berberova est venue à Leningrad la même année, j’ai vu (à la télé) la dernière pétersbourgeoise vivante. Donc, « je suis de Saint-Pétersbourg ». Pas plus, par respect des autres.

J’ai raconté tout ça un soir à Toulouse à une étrange équipe de rugby. Ils étaient venus pour soutenir leur futur candidat aux élections locales devant les producteurs de France Culture. Tous du même quartier, réputé « difficile ». Leur candidat ne l’était apparemment pas. A ma question naïve : « pourquoi choisir les gens d’ailleurs pour représenter votre quartier ? », les rugbymen ont répondu comme un seul homme: « Mais nous sommes discriminés !!! » « Nous n’avons pas le niveau !!! ». « Nous sommes algériens ici!!! ». « Et depuis quand les algériens ont-ils obtenu le droit de vote en France ? »- ma question était sans doute assez provocante pour déclencher un cours entier de l’histoire du colonialisme français, qui se termina par une phrase inoubliable : « Je suis français par ce que mon père s’est battu a mort contre la France dans les rangs du FLN ! » Le silence s’est abattu. Puis un autre rugbyman a remarqué timidement : « Non, là tu déconnes, c’est moi qui suis français, parce que mon grand-père à fait la guerre du 14 à coté des français ». Pour ne pas refaire une nouvelle guerre d’Algérie, le troisième rugbyman m’a demandé : « Et toi, tu es de quelle nationalité ? Tu as un accent !!! » Et là j’ai raconté mon histoire.

Je n’ai pas mentionné que, depuis le 22 février 1999, j’ai une carte nationale d’identité de la République française. Question d’avoir et d’être, sans doute.