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SonĂ r 2008 : Le fil de Mary-Anne

Escapade europĂ©enne 2 commentaires »
22 juin 2008

Il y a quelques lustres de cela, alors que le festival prenait une ampleur considĂ©rable, un confrère un brin caustique (Etait-ce dans Technikart ?) avait eu cette formule cinglante : « El SonĂ r, c’est le club Mickey de la hype europĂ©enne ! ». Abordable, sensuelle et sĂ©ductrice, Barcelone contribue certes Ă  drainer une foule adulescente, hĂ©doniste et parfois rĂ©gressive, mais ce gigantesque rassemblement dĂ©diĂ© aux « Musiques avancĂ©es » -comprenez, tout ce qui touche Ă  l’expĂ©rimentation Ă©lectronique plus ou moins dansante- reste malgrĂ© tout le plus passionnant d’Europe, mariant habilement les grosses pointures du dancefloor avec des curiositĂ©s undergound et des dĂ©couvertes dĂ©coiffantes. Lire la suite »

L’Honneur du Surimi

Rond de serviette 1 commentaire »
12 mai 2008

Comme chaque annĂ©e Ă  la mĂŞme Ă©poque, lorsque les remparts de Saint-Malo sont pris d’assaut par une foule bruissante d’Ă©crivains, d’Ă©diteurs et par un public toujours plus avide de voyages et d’Ă©tonnement, les festivaliers les plus aguerris Ă  ce genre de rassemblement auront pris l’utile prĂ©caution d’activer, plusieurs jours ou plusieurs semaines Ă  l’avance, la manivelle Ă  rĂ©servation, dĂ©sireux d’occuper –entre deux dĂ©bats– les tables-clĂ©s dans les meilleurs restaurants de la rĂ©gion. Olivier Roellinger, l’incontournable capitaine corsaire de la gastronomie cancalaise, prĂ©sent depuis de nombreuses annĂ©es sur le festival, avec les rencontres “Saveurs du Monde”, est bien Ă©videment le chouchou de tous les esthètes de la langue, de ceux maniant aussi bien la plume que la fourchette. Lire la suite »

Antony Cointre fait son cirque

In Vinas No Veritas 0 commentaire »
11 avr 2008

Ancien comĂ©dien, Antony Cointre a la voix qui porte, la gouaille Ă©patante des piliers de bar de l’Est parisien et, accessoirement, il a toujours aimĂ© faire le clown. VoilĂ  quelques annĂ©es que l’animal a dĂ©laissĂ© les bistrots canailles de la capitale pour s’installer Ă  DingĂ©, Ă  quelques kilomètres de Rennes, sur la route de Saint-Malo. Depuis l’ancien presbytère oĂą il a Ă©lu domicile, on pourrait presque apercevoir l’imposant château de Combourg, tout proche. Oh, ce n’est pas une fervente passion pour Chateaubriand qui a motivĂ© l’installation d’Antony Cointre dans ce paisible village d’Ille-et-Vilaine. Disons que c’Ă©tait plutĂ´t dans la logique dĂ©ambulatoire de ce cuisinier ambulant, partagĂ© entre l’appel dĂ©chirant des huĂ®tres cancalaises et les implorations Ă©mouvantes des poulets “Coucou de Rennes”… Lire la suite »

Retour Ă  Alba (3)

Escapade europĂ©enne 0 commentaire »
20 jan 2008

Alors, ce dĂ©jeuner ? Me demanderez-vous…
Et bien oui, j’Ă©tais tout de mĂŞme venu pour ça. Plus d’un an de fantasmes et de spĂ©culations avant de pouvoir retourner sur la place principale d’Alba, et de grimper les quelques marches qui mènent au Piazza Duomo. Entre temps, le jeune prodige de chef avait dĂ©crochĂ© sa première Ă©toile au guide Michelin, et s’Ă©tait fait repĂ©rĂ© par quelques uns des plus malins critiques europĂ©ens. Lire la suite »

Retour Ă  Alba (2)

Escapade europĂ©enne 1 commentaire »
19 jan 2008

C’est bien beau de dĂ©barquer en Italie, mais encore faut-il savoir oĂą loger. Entre le palazzo ĂĽber-baroque, avec lit Ă  baldaquin, dentelles envahissantes et dĂ©coration surchargĂ©e, et l’agriturismo les pieds dans le lisier, il est parfois difficile de trouver le juste milieu. Vous cherchez une chambre simple et agrĂ©able ? Hum… Autant essayer de rĂ©server une table au Dorsia, dirait Pat Bateman ! Lire la suite »

Retour Ă  Alba

Escapade europĂ©enne 0 commentaire »
18 jan 2008

J’ai eu la chance de passer quelques jours, l’an dernier, dans les collines des Langhe, au coeur du Piemont, pour rĂ©aliser un reportage sur la truffe blanche d’Alba (la fameuse Tuber magnatum pico).
Pris en main, comme bien souvent, du matin au soir, par de bonnes âmes s’Ă©vertuant Ă  me faire dĂ©couvrir les secrets du mot (‘il tartufo‘) et de la chose (’tajarin con tartufo‘ , ‘risotto con tartufo‘ ‘carne cruda con tartufo‘, etc.), j’ai parfois eu l’impression de passer Ă  cĂ´tĂ© d’adresses allĂ©chantes, de personnages attachants, de paysages enivrants. Lire la suite »

L’enfer vert des blogs culinaires

Chroniques (Ă  caractère gastronomique) 2 commentaires »
8 jan 2008

Je n’ai malheureusement pas encore suffisamment d’expĂ©rience dans la blogosphère pour pouvoir en tirer une quelconque expĂ©rience rĂ©trospective, c’est pourquoi je me suis cantonnĂ©, ce soir, Ă  observer, d’un oeil curieux, la prolixitĂ© savoureuse de quelques blogs consacrĂ©s aux plaisirs de la table, et la dimension quasi-encyclopĂ©dique que revĂŞt certains d’entre-eux quand le nombre de notes du blog en question commence Ă  dĂ©passer le nombre d’ouvrages de ma propre bibliothèque culinaire. GĂ©nĂ©ralement, lorsque je tombe sur un de ces monstres chronophages qui font rĂ©fĂ©rence dans le petit milieu gastronomique, afin de pouvoir ingurgiter la masse des recettes, des rĂ©cits, des Ă©tats d’âmes comestibles, des conseils spirituels et spiritueux, j’entame une lecture Ă  double sens. Non qu’il y ait Ă  dĂ©couvrir un sens cachĂ© dans la recette du cake aux olives, (il ne faut tout de mĂŞme pas pousser mĂ©mĂ© dans la soupe aux orties) ; mais je partage dans ce cas ma lecture entre les notes rĂ©centes, avide que je suis d’hĂ»mer l’air du temps, de m’imprĂ©gner de la contemporanĂ©itĂ© de cette plume, et je vais dans le mĂŞme temps rebrousser chemin afin dĂ©couvrir les fondations du blog, les premiers pas, les tâtonnements, les infos essentielles qui m’auraient Ă©chappĂ©s pour avoir une vision globale de l’auteur et de son oeuvre. Lire la suite »

L’inexorable avancĂ©e de la pourriture

Chroniques (Ă  caractère gastronomique) 0 commentaire »
11 déc 2007

Il n’y a pas d’autre mot, c’est la poisse !
Atteint d’agueusie pile au moment oĂą, après des mois, des annĂ©es d’intrigues, de magouilles et d’infiltration des rĂ©seaux cynĂ©gĂ©tiques les moins permĂ©ables, j’avais rĂ©ussi Ă  obtenir… une paire de bĂ©casses dodues ! Autant dire, le Saint Graal des gourmets, la pierre philosophale des gastronomes. Et croyez moi, j’en connais certains qui seraient prĂŞt Ă  vendre leurs enfants en bas-âge, leur parents, voire leurs grands-parents en pièce dĂ©tachĂ©es s’il le fallait, pour dĂ©guster ne serait-ce qu’une seule bouchĂ©e de ces succulents oiseaux interdits Ă  la vente…
Me voilĂ  donc le plus heureux des gastronomes, puisque possĂ©dant deux spĂ©cimens de ces oiseaux tant convoitĂ©s, et le plus malheureux des hommes, puisque dĂ©possĂ©dĂ© de l’odorat et du goĂ»t, condamnĂ© Ă  un cruel dilemme Ă  trois dimensions : la maladie, le temps, les bĂ©casses…
Dois-je me rĂ©soudre Ă  manger maintenant ce gibier excquis, quitte Ă  ne rien sentir, et Ă  n’Ă©prouver aucun plaisir ? Ou bien dois-je attendre patiemment la fin de cet ignoble rhume pour pouvoir profiter du fumet dĂ©licat des bĂ©casses, au risque Ă©videmment, de les dĂ©guster complètement faisandĂ©es, si ce n’est en voie de putrĂ©faction totale ?
PlutĂ´t que d’en ĂŞtre rĂ©duit Ă  scruter tous les jours avec anxiĂ©tĂ© le bas de mon rĂ©frigĂ©rateur afin d’observer, impuissant, l’inexorable avancĂ©e de la pourriture, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© offrir ces bĂ©casses Ă  un mangeur hyper-moderne digne ce somptueux prĂ©sent.

Champagne et musique (Bonus)

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5 déc 2007

A l’instar de certaines émissions de radio, les magazines “papier” sont parfois trop riches. (Oh, je ne parle pas de phynances, ne vous emballez pas, Père Ubu !). Mais il arrive que certains sujets soient particulièrement excitants, les journalistes prolixes et enthousiastes, les reportages plantureux et les photographes très fiers de leur abondante production. Et dans ce cas, que ce soit en radio ou en presse écrite, que fait-on ? Et bien… “on dégorge”, comme disent à la fois Jean Lebrun et les vignerons champenois !

A ce propos, j’ai publié ce mois-ci dans le magazine Saveurs (Hors-Série “Spécial Fêtes”), avec la complicité du compositeur Bruno Mantovani, un dossier consacré aux accords entre champagne et musique. Pour chaque bouteille sélectionnée, correspond un air à écouter pendant la dégustation, choisi avec brio par le maestro Mantovani…

Hélas, le support papier n’est pas toujours extensible et une partie de notre travail a du passer à la trappe. Je vous propose donc ici en “bonus” une savoureuse correspondance  entre l’oreille et le palais qui n’a pas pu être publiée dans “Saveurs”…

Bruno Mantovani / photo (c) Maurice Rougemont

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Grève, petits pâtés et truffes en chocolat

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21 nov 2007

Dans ma tendre jeunesse, lorsque les mouvements lycĂ©ens se dĂ©couvraient des ardeurs frondeuses, lorsque les appels Ă  la manif’ prenaient des allures de mobilisation gĂ©nĂ©rationnelle, et lorsque les voix muantes des brochettes d’adolescents se galvanisaient de slogans-ritournelles, j’avais notĂ© qu’un certain nombre de petits malins profitaient de l’occasion pour cultiver leur passion et dĂ©velopper leurs aptitudes au farniente, Ă  la paresse, pour tout dire, Ă  la glande, loin, très loin des regards rĂ©probateurs de leurs camarades syndiquĂ©s :
« Qu’avez-vous fait de vos jours de grève, malheureux ? »
« Mais… rien, bien sĂ»r ! » aurait pu rĂ©pondre Jean Eustache…
Et aujourd’hui encore, une minoritĂ© baillante, hĂ©sitante sans ĂŞtre indiffĂ©rente, se gardant bien d’enfourcher les chevaux de la rĂ©volte comme de s’encarter au parti des râleurs, s’organise tant bien que mal pour profiter de chaque instant d’immobilisme ferroviaire, pour jouir de cette brèche entrouverte dans la temporalitĂ© salariale…
Du temps, certes, mais du temps pour quoi faire, me demanderez-vous ? Et bien pour cuisiner, pardi ! Parce que ce n’est certainement pas dans l’affolement des journĂ©es ordinaires que l’on peut s’attaquer Ă  la cuisson d’un gigot de sept heures, ou se lancer dans les orfèvreries chantournĂ©es d’une bible de la pâtisserie baroque… Chaque minute de grève devient du temps de mijotage disponible et chaque enjambĂ©e dans l’escalade des blocages permet ainsi un pas de plus dans la connaissance du Grand Larousse Gastronomique…
Ce n’est plus « Sous les pavĂ©s, la plage »,
mais « Sous les pavés, la pâte sablée ! »
C’est scandaleux ! Hurleront certains, on dilapide l’hĂ©ritage de Mai 68 Ă  coup de crème renversĂ©e et de truffes en chocolat…
Mais mĂ©fiez-vous ! Une cuisson ratĂ©e, une casserole qui dĂ©borde, une marmite qui sent le roussi, les bouillonnements d’humeurs ne sont jamais très loin et la situation peut se renverser (comme une crème). Les indĂ©cis des fourneaux pourraient très bien venir nourrir les rangs des agitĂ©s, que ce soit d’un cĂ´tĂ© ou de l’autre, usant de petits pâtĂ©s chauds ou de truffes en chocolats comme autant d’instruments contondants, de projectiles alimentaires savoureux.
On ne se méfie jamais assez des truffes en chocolats.

Bonus :

C’est un pâtissier de Chambéry, Louis Dufour, qui aurait inventé les truffes en 1895. Grand lecteur de Charles Fourier, il devina le potentiel subversif de ces friandises en mélangeant du chocolat avec de la crème fraîche.

Pour 4 grévistes en colère

Préparation : 10 min
Cuisson 5 min
Réfrigération : 8 h

200 g de chocolat noir amer (70% cacao)
10 cl de crème fraîche
50 g de beurre demi-sel
100 g de cacao en poudre « amer »

Dans une grande casserole au bain-marie, faites fondre le chocolat, la crème fraîche et le beurre. Lorsque l’ensemble est bien fondu, retirez du feu et laissez tiédir. Mettez cette préparation au réfrigérateur pour 8 h environ. Etalez le cacao en poudre sur une grande assiette. Sortez la préparation du réfrigérateur. Formez de petites boules avec les doigts, puis roulez-les dans le cacao.