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Les flashbacks du rétroviseur : Archipel du langage et no man’s land du dialogue

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9 avr 2008

Mardi 26 Février 2008

21 H

Café La belle équipe à la Croix-Rousse à Lyon

Ă€ la recherche de la bonne parole, j’ai trouvĂ© asile en terre orale, entre le classicisme, la novlangue et le vernaculaire, tous les derniers mardis du mois, comĂ©diens endimanchĂ©s, slameurs sans maisons de disques ni subventions de la Drac, paroliers nostalgiques de Brel, crieurs publics, manutentionnaires standards, rentiers en quĂŞte d’adrĂ©naline, fĂ©ministes masochistes en manque de machistes, journalistes pistant de l’islam bisounours ou un estropiĂ© repenti dans la crĂ©ation pour articles tendance, altermondialistes stagiaires ou juniors souvent accompagnĂ©s de politologues en dreadlocks, Ă©tudiants en philosophie et professeurs en moralitĂ©, amoureux de la belle poĂ©sie venu alpaguer l’imposture moderne, rappeurs ayant perdu leur MJC et leurs numĂ©ros de dĂ©partement, soixante-huitards sur leurs Ă©ternels retours perdant en compĂ©tition avec les dĂ©clinologues de banlieue, partageurs d’Histoires et voyageurs en GĂ©ographies, establishment dĂ©complexĂ© et underground convenu… En somme la France, ici rĂ©unie devant une assemblĂ©e de muettes. Lire la suite »

Les flashbacks du rétroviseur : Villeurbanne cherche maire et électeurs…

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5 avr 2008

 Mardi 26 Février 2008

10 h 54

Gare de la Part- Dieu

ExpulsĂ© manu militari du TGV par le flow et le flux de la race des commerciaux aux kits mains libres greffĂ©s Ă  mĂŞme l’acouphène et l’attachĂ© case en guise d’appendice de reproduction, sur le quai je continue mes tractations dans la langue de l’administration avec la prĂ©fecture afin d’obtenir la liste des candidats aux municipales de Villeurbanne, avant le second tour, si possible, en français, s’il vous plaĂ®t… Lire la suite »

Médiathèque(s)

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1 mar 2008

” Cher journal extime,

 Les tribulations pouvant instrumentaliser la monotonie des bipèdes modernes que nous sommes, sont légions.

On pourrait décemment se satisfaire des hasards des dégats collatéraux de la circulation humaine. Croiser l’un connu, rencontrer l’autre, mendicité confuse des êtres capitalisant leurs temps par peur du vide. Le sort avait une autre planification avec les escaliers en jachêre du métro comme décor en roue libre, un journal gratuit abandonné négligemment sur la scène du crime, moteur, action, en décelérant dans la descente des marches, le pas aérien, j’effleure le dit journal et défis la loi de la gravité la durée d’un instant, au ralentit… Et rien pour amortir ma chute, si ce n’est ce premier baiser avec sol parisien…

Résultat des courses une médaille d’or de figure artistique de chute ascensionnelle en escalier, et suite à de multiples absences au cours de biologie en 5ème la découverte tardive et douloureuse du ligament croisé antérieur du genou droit. Souffrant dans ma chaire devant l’indifférence du reste de la cour des miracles, les besoins de l’homme qui marche enfin presque debout reprennent le dessus, l’obsession de l’objet alliée à mon addiction névrotique au web 2.0 à la vue d’un ordinateur me pousse à chercher de manière compulsive mon Big Brother portable, et là, ce fut le drame, je ne pu qu’assister impuissant à la mort clinique de mon compagnon de plastique.

Que vais-je devenir ? 

J’avais jadis reniĂ© stylo et papier et remplacĂ© mon cerveau par wikipedia …

Que me reste-t-il ?

Après avoir étudié les pistes de l’inconscient collectif et de la télépathie, j’ai dû me résoudre à accepter la fatalité, la bibliothèque allait être ma seule alternative. Sachant que je refuse, par humanisme, que les gérants de cyber café payent l’ISF, mon choix est fait, le kit de survie composé d’un téléphone portable et… d’un téléphone portable enfin prêt, mon agoraphobie dans la poche gauche et mon gel-main sans rinçage dans la droite, je pars arpenter le bitume avec l’élégance de la démarche de grand corps malade.

N’ayant plus Mappy pour m’orienter dans l’espace urbain, j’ai été contraint de demander ma route à mes semblables faisant semblant de ne pas entendre. 25 min de contre-indications, me voilà devant la médiathèque. C’est le culte du verre et de l’acier,  je ne suis pas architecte, mais on peut y voir écrit entre la ferraille, l’art de lire … Ou lire de l’art, une fois passé le portail de sécurité, je suis cueilli à froid par le regard du videur, excusez-moi du vigile. Mon impression générale de lieu de consommation commença par cette introduction digne d’une grande surface.

Une fourmilière grandeur nature où Noé pourrait faire ses courses avant le prochain déluge pétrolier, on trouve toujours, les passionnés vivant la littérature comme un premier choc, les chercheurs croisant des idées au coin de l’inattendu, les studieux travaillant pour leurs retraites dès le secondaire, la bande décimée, des irréductibles lecteurs d’histoires illustrées, ceux et celles scrutant un lieu de rencontre ou de contes, quelle belle image d’Epinal, d’Uxegney ou de Golbey…

Ceci demeure la norme, mais une nouvelle espèce en voix d’expansion colonise la médiathèque, il serait simple de le décrire comme un cadavre haute couture maculé de logo ou non, compilant à même le textile tous les appendices hi-tech possibles et inimaginables.

J’ai un problème, je crois qu’il me ressemble ou l’inverse …

Une demi-heure, afin d’avoir accès à un poste informatique made in Bill Gates, avant cela dans la file d’attente V.I.P,  j’ai dû braver les sonneries et les vibrations intempestives des téléphones portables, écouter les slogans publicitaires énoncés à l’impératif par les gardiens de jours, enfin les bibliothécaires, jouer à cache-cache, à cloche pied derrière la tête d’un quidam, avec le vigile qui voulait apparemment se faire un ami.

Etrange, à quelques pas de là je constate que la zone dédiée à la consultation des quotidiens est vide, puis vint la délivrance sommet extatique de bonheur mes doigts sur un clavier, j’ai senti jaillir en moi de l’endomorphine et quelques larmes.

Mes esprits revenus, le poste quitté,  j’ai l’impression de me retrouver dans un self-service, avec la technologie ou les employés comme épouvantail. Les handicapés ont toujours un accès limité aux étages, il ne manque plus que des caméras à chaque rayon pour créer de l’insécurité dans les médiathèques.

 Les plus jeunes, même accompagnés, lorgnent déjà sur les ordinateurs, adaptation ou conditionnement à vous de voir, je ne peux me résoudre à penser que ce type de lieux soient là pour donner le goût de l’informatique. La confusion des genres au nom du nombre ferait presque oublier l’utilisation originelle, à tout vouloir faire, on ne fait plus rien ou peut être que je ne décris que des fausses vérités ou des vrais mensonges.

Faut-il faire son choix ?

Apparemment oui, entre vivre dans un musĂ©e ou dans un futur commanditĂ© … Enfin j’y rĂ©flĂ©chirai demain Ă  l’heure de ma connexion quotidienne … “