Le Quebec, du catholicisme Ă la religion du developpement durable
Non classĂ© 2 commentaires »9 juin 2008
En attendant, devant la porte du studio de Radio-Canada, la ministre du dĂ©veloppement durable, qui s’en Ă©tait allĂ©e “se dĂ©lier les jambes” quelques
instants, j’avise son attachĂ© de presse. Ce jeune homme gourmĂ© n’est pas
terriblement parlant, comme on dit Ă QuĂ©bec; il me vient nĂ©anmoins Ă l’esprit de l’entreprendre sur l’histoire du site gouvernemental d’oĂą, chaque jour, il envoie communiquĂ© sur communiquĂ© (le lundi notre bilan carbone, le mardi les gaz Ă effet de serre, le mercredi les algues tueuses des lacs …): “Votre immeuble s’appelle Marie Guyard, n’est-ce pas le nom de Marie de l’Incarnation avant sa prise d’habit?” StupĂ©faction de mon nterlocuteur. Il ignore visiblement tout du personnage et, la ministre survenant et rĂ©clamant ses services, je renonce Ă lui raconter l’histoire de cette jeune veuve tourangelle qui, dans les antiques annĂ©es 163O, lâcha tout pour entrer au couvent Ă Tours avant de s’Ă©tablir en Nouvelle France. C’est son fils, Dom Claude Martin, qui nous l’a fait connaĂ®tre: abandonnĂ© sur le carreau et d’abord furieux, manifestant mĂŞme avec quelques camarades au pied de sa clĂ´ture pour la rĂ©cupĂ©rer, il devint moine Ă son tour et passa sa vie entière Ă reconstituer Ă distance l’aventure mystique de sa mère, l’une des plus Ă©tonnantes du Grand Siècle. A quoi bon dire tout cela Ă un garçon d’abord occupĂ© du prĂ©sent, tendu, ou le faisant croire, vers l’avenir et pour qui tout ce qui est ancien est sans doute dĂ©modĂ©?La veille, au crĂ©puscule, j’avais assistĂ© malgrĂ© moi Ă une petite scène fugitive, et qui m’avait touchĂ©. Je passais devant la maison de la CongrĂ©gation Notre-Dame au moment oĂą en sortait, Ă pas pressĂ©s, un couple d’une vingtaine d’annĂ©es. Une religieuse, une vieille tante peut-ĂŞtre, qu’ils avaient dĂ» visiter en coup de vent, tentait de les retenir sur le perron en multipliant sourires et exclamations de reconnaissance mais les jeunes gens couraient dĂ©jĂ vers leur voiture, fuyant la bâtisse austère dont la porte se referma sur leur parente engloutie dans le silence. La scène avait durĂ© quelques secondes, elle suffisait pour montrer que le catholicisme , au QuĂ©bec, ne pouvait plus ĂŞtre entendu. LittĂ©ralement, il ne parlait plus. Lire la suite »


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