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Le Perche vu par Valérie Beaumont

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22 juin 2008

 © RF/JC.FrancisPrĂ©parant toujours actuellement pour la grille d’Ă©tĂ© de France Culture, plusieurs Ă©missions sur l’histoire des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es amĂ©ricaines, j’ai pris un peu de recul du cĂ´tĂ© de Travaux Publics. Je cède donc volontiers ma place, sur ce Blog Ă  d’autres collaborateurs de Jean Lebrun. Toutefois, il y a plusieurs jours, le temps d’une journĂ©e j’ai pu orchestrer pour Jean Lebrun au cĂ´tĂ© de ValĂ©rie Beaumont, Sophie Montagne et Laurent Rousseaux, une Ă©mission rĂ©alisĂ©e dans le Perche. Pour aller plus loin, je cède, cet espace Ă  ValĂ©rie Beaumont (photo ci-contre) oĂą elle nous parle justement de Travaux Publics et en particulier de son sĂ©jour dans le Perche pour l’Ă©mission du 28 mai 2008

Le Perche par Valérie Beaumont

Le rythme pressĂ© des pas qui martèlent le sol, les talons qui claquent mĂ©tronomiquement, une routine radiophonique Ă  maintenir, la mĂŞme chaĂ®ne, inlassablement, l’ascension de l’immeuble, sans sherpa, une fleur de trop dans le tapis et les courses qui dĂ©gringolent jusqu’au premier. Le blasphème n’est pas loin des lèvres. Je vais rater les premières minutes de ce qui sonne le dĂ©but d’un rituel quotidien: le dĂ©bouchage d’une bouteille, l’aiguisage du couteau, l’étalage des ingrĂ©dients nĂ©cessaires Ă  la prĂ©paration du repas du soir et l’allumage du poste de radio posĂ©e au-dessus de ma tĂŞte, entre le thĂ© vert, le bol-pamplemousse et la poupĂ©e vaudou des bayous. Lire la suite »

SonĂ r 2008 : Le fil de Mary-Anne

Escapade europĂ©enne 2 commentaires »
22 juin 2008

Il y a quelques lustres de cela, alors que le festival prenait une ampleur considĂ©rable, un confrère un brin caustique (Etait-ce dans Technikart ?) avait eu cette formule cinglante : « El SonĂ r, c’est le club Mickey de la hype europĂ©enne ! ». Abordable, sensuelle et sĂ©ductrice, Barcelone contribue certes Ă  drainer une foule adulescente, hĂ©doniste et parfois rĂ©gressive, mais ce gigantesque rassemblement dĂ©diĂ© aux « Musiques avancĂ©es » -comprenez, tout ce qui touche Ă  l’expĂ©rimentation Ă©lectronique plus ou moins dansante- reste malgrĂ© tout le plus passionnant d’Europe, mariant habilement les grosses pointures du dancefloor avec des curiositĂ©s undergound et des dĂ©couvertes dĂ©coiffantes. Lire la suite »

Yves Saint Laurent et la mémoire de la voix par Sophie Berger

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9 juin 2008

Sophie Berger © RF/JC.FrancisPrĂ©parant actuellement pour la grille d’Ă©tĂ© de France Culture, plusieurs Ă©missions sur l’histoire des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es amĂ©ricaines, j’ai pris, quelques temps, un peu de recul du cĂ´tĂ© de Travaux Publics. Je cède donc volontiers ma place, sur ce Blog Ă  d’autres collaborateurs de Jean Lebrun. Ce soir, un billet signĂ© Sophie Berger (photo ci-contre) qui a eu la charge et l’honneur de prĂ©parer, en peu de jours, l’Ă©mission du 4 juin 2008 sur Yves Saint Laurent

Yves Saint Laurent et la mémoire de la voix

Faire une Ă©mission en hommage Ă  Yves Saint Laurent après la nouvelle de son dĂ©cès semble s’imposer tout en mĂŞme temps que naĂ®t le sentiment que le moment offre l’Ă©cueil de l’Ă©motion et de la canonisation hâtive. Comment en parler sans que la mĂ©lodie ne sonne dĂ©finitivement faux ? Comment assembler quelques notes qui donnent corps Ă  celui qui n’a plus vie ?  C’est peut-ĂŞtre moins aux proches,  aux nombreux hommes et femmes qui s’empressent de parler d’ « Yves »  et de jouer la comĂ©die du merveilleux Ă  l’imparfait, peut-ĂŞtre moins Ă  ceux-lĂ , qu’Ă  celui-ci qu’il faudrait donner voix. Celui-ci ?   Peut-ĂŞtre serait-il un peu plus juste d’Ă©couter seulement, le temps d’une Ă©mission, Yves Saint Laurent lui-mĂŞme, dont la voix se dĂ©roule en bobines dans les couloirs de l’INA. Lire la suite »

Le Quebec, du catholicisme Ă  la religion du developpement durable

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9 juin 2008

En attendant, devant la porte du studio de Radio-Canada, la ministre du dĂ©veloppement durable, qui s’en Ă©tait allĂ©e “se dĂ©lier les jambes” quelques
instants, j’avise son attachĂ© de presse. Ce jeune homme gourmĂ© n’est pas
terriblement parlant, comme on dit Ă  QuĂ©bec; il me vient nĂ©anmoins Ă  l’esprit de l’entreprendre sur l’histoire du site gouvernemental d’oĂą, chaque jour, il envoie communiquĂ© sur communiquĂ© (le lundi notre bilan carbone, le mardi les gaz Ă  effet de serre, le mercredi les algues tueuses des lacs …): “Votre immeuble s’appelle Marie Guyard, n’est-ce pas le nom de Marie de l’Incarnation avant sa prise d’habit?” StupĂ©faction de mon nterlocuteur. Il ignore visiblement tout du personnage et, la ministre survenant et rĂ©clamant ses services, je renonce Ă  lui raconter l’histoire de cette jeune veuve tourangelle qui, dans les antiques annĂ©es 163O, lâcha tout pour entrer au couvent Ă  Tours avant de s’Ă©tablir en Nouvelle France. C’est son fils, Dom Claude Martin, qui nous l’a fait connaĂ®tre: abandonnĂ© sur le carreau et d’abord furieux, manifestant mĂŞme avec quelques camarades au pied de sa clĂ´ture pour la rĂ©cupĂ©rer, il devint moine Ă  son tour et passa sa vie entière Ă  reconstituer Ă  distance l’aventure mystique de sa mère, l’une des plus Ă©tonnantes du Grand Siècle. A quoi bon dire tout cela Ă  un garçon d’abord occupĂ© du prĂ©sent, tendu, ou le faisant croire, vers l’avenir et pour qui tout ce qui est ancien est sans doute dĂ©modĂ©?La veille, au crĂ©puscule, j’avais assistĂ© malgrĂ© moi Ă  une petite scène fugitive, et qui m’avait touchĂ©. Je passais devant la maison de la CongrĂ©gation Notre-Dame au moment oĂą en sortait, Ă  pas pressĂ©s, un couple d’une vingtaine d’annĂ©es. Une religieuse, une vieille tante peut-ĂŞtre, qu’ils avaient dĂ» visiter en coup de vent, tentait de les retenir sur le perron en multipliant sourires et exclamations de reconnaissance mais les jeunes gens couraient dĂ©jĂ  vers leur voiture, fuyant la bâtisse austère dont la porte se referma sur leur parente engloutie dans le silence. La scène avait durĂ© quelques secondes, elle suffisait pour montrer que le catholicisme , au QuĂ©bec, ne pouvait plus ĂŞtre entendu. LittĂ©ralement, il ne parlait plus. Lire la suite »

Vue de la Rochelle

Travaux Photos 1 commentaire »
26 mai 2008

Bandeau Belem © © RF/JC.Francis Lire la suite »

Après les assises du journalisme de Lille: la langue des médias

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26 mai 2008

Les secondes Assises du journalisme viennent de s’achever. “Travaux Publics” y a tenu sa petite place, au bar comme de bien entendu et Ă  l’heure du cocktail quotidien. Pour rĂ©unir des professionnels d’une profession qui a beaucoup de raisons de s’inquiĂ©ter de son avenir, le lieu, en plein centre de Lille, citĂ© d’affaires internationale, Ă©tait parfaitement choisi. Son nom, d’abord, “Le nouveau siècle” : les journalistes sont des dĂ©vots du nouveau, ils savent d’expĂ©rience comment le rĂ©cit cathodique qu’ils construisent quotidiennement, sĂ©quence après sĂ©quence, Ă©touffe peu Ă  peu le rĂ©cit historique sous les fausses Ă©vidences de la modernitĂ©. L’atmosphère de l’endroit n’Ă©tait pas non plus pour surprendre les gens de presse : ils sont dorĂ©navant habituĂ©s Ă  se laisser guider par des hĂ´tesses gourmĂ©es, Ă  travers un labyrinthe moquettĂ©, jusqu’au pied d’une tribune oĂą s’Ă©changent des discours parfois enflammĂ©s mais qui ne dĂ©clenchent jamais d’incendie : les rĂ©glements de sĂ©curitĂ© font que les plafonds sont ignifugĂ©s. Dans ce sinistre dĂ©cor pour managers, quand il s’est agi de trouver un saint patron Ă  l’assemblĂ©e qu’ils tenaient, les professionnels de la profession ont nĂ©anmoins choisi le polonais Richard  Kapuscinski. Celui qui ne travaillait jamais en “pool” ni dans les zones rĂ©servĂ©es, celui qui, jusqu’Ă  sa disparition rĂ©cente, put se permettre, protĂ©gĂ© par sa rĂ©putation exceptionnelle et aussi son habitude de la pauvretĂ©, de refuser ce Ă  quoi ses admirateurs se retrouvent prĂ©cisĂ©ment condamnĂ©s aujourd’hui. Lire la suite »

Un dîner au collège, chez le principal

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19 mai 2008

 Il arrive que des auditeurs nous traitent Ă  leur table. A Metz, un beau matin, nous avons  mĂŞme eu l’heureuse surprise de dĂ©couvrir  que la note de toute l’Ă©quipe avait Ă©tĂ© rĂ©glĂ©e Ă  l’avance…

Ici, il s’agit seulement d’un dĂ®ner, dans le logement de fonction d’un principal de collège. L’appartement n’a pas les mĂŞmes charmes que le vieil hĂ´tel de Metz mais se rĂ©vèle, Ă  l’usage, tout Ă  fait convenable: merci aux collectivitĂ©s locales qui construisent et entretiennent beaucoup mieux que l’Education nationale. J’ai Ă©tĂ© conviĂ© en solo - qui, d’ailleurs, aurait voulu m’accompagner dans cette banlieue assez reculĂ©e? Et, pour l’occasion, le chef d’Ă©tablissement a rĂ©uni toute sa petite famille. Sa couvĂ©e, nourrie, dès le plus jeune âge, comme Ă  la becquĂ©e, par France Culture, ne laisse pas de surprendre dans le climat d’aujourd’hui: les deux enfants entendent travailler dans la fonction publique! Et leurs conjoints pareillement. D’entrĂ©e de jeu, ils me servent un acte de foi en l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral: j’aime bien goĂ»ter cela, c’est plus prĂ©cieux qu’un apĂ©ritif.

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L’Honneur du Surimi

Rond de serviette 1 commentaire »
12 mai 2008

Comme chaque annĂ©e Ă  la mĂŞme Ă©poque, lorsque les remparts de Saint-Malo sont pris d’assaut par une foule bruissante d’Ă©crivains, d’Ă©diteurs et par un public toujours plus avide de voyages et d’Ă©tonnement, les festivaliers les plus aguerris Ă  ce genre de rassemblement auront pris l’utile prĂ©caution d’activer, plusieurs jours ou plusieurs semaines Ă  l’avance, la manivelle Ă  rĂ©servation, dĂ©sireux d’occuper –entre deux dĂ©bats– les tables-clĂ©s dans les meilleurs restaurants de la rĂ©gion. Olivier Roellinger, l’incontournable capitaine corsaire de la gastronomie cancalaise, prĂ©sent depuis de nombreuses annĂ©es sur le festival, avec les rencontres “Saveurs du Monde”, est bien Ă©videment le chouchou de tous les esthètes de la langue, de ceux maniant aussi bien la plume que la fourchette. Lire la suite »

RĂ©ponse Ă  une enquĂŞte: “A quoi sert un journaliste ?”

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5 mai 2008

La question que pose JerĂ´me Bouvier pour ses Assises du journalisme de Lille me trotte dans la tĂŞte depuis quelques nuits. Je suis comme le Capitaine Haddock sur le Ramona, Ă  qui on a demandĂ©: “Dormez-vous la barbe sous les draps ou bien au-dessus ?”: j’enverrais bien mon interrogateur par dessus bord. Mais si j’ai appris une chose du mĂ©tier, c’est la bienveillance; je me plie Ă  l’exercice. Cependant, l’Ă©vitisme et l’orgueil Ă©tant ma seconde nature, je vais, si vous le permettez, ne parler qu’en mon nom propre. Lire la suite »

Une matinée et une après-dînée à Ornans

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27 avr 2008

Gustave Courbet aimait bien un certain Jean Journet dont il fit mĂŞme un portrait. C’Ă©tait un brave potard un rien naĂŻf. Il avait quittĂ© ses bocaux pour prĂŞcher la bonne parole fouriĂ©riste Ă  travers la France. Jusqu’au coup d’Ă©tat de 1851, qui mit fin Ă  ses rĂŞves, il parcourait le pays, sac au dos, grande canne de marche en main.

Ce 26 avril, Travaux publics, avec son matĂ©riel d’enregistrement lĂ©ger, sa perche… et sa voiture, est justement Ă  Ornans, chez Courbet. La maison qui l’aurait vu naĂ®tre, devenue depuis 1971 musĂ©e Ă  lui consacrĂ©, va fermer pour trois ans: sĂ©curitĂ©, rajeunissement, agrandissement obligent. En ce moment-clĂ©, l’Institut Courbet, autrefois appelĂ© Association des amis du
peintre, tient à 11h30 son assemblée générale.

Sans Robert Fernier, son fondateur, sans son fils Jean-Jacques, imaginatif continuateur, sans les camaraderies qu’ils ont su fĂ©dĂ©rer, Ornans n’aurait pas retrouvĂ© son enfant prodige. La petite ville fort heureusement restĂ©e industrielle ne connaĂ®trait pas un tel tourisme. Les expositions de l’Institut attirent autour de vingt mille visiteurs payants l’Ă©tĂ©. Bien davantage encore en 1996 quand fut exposĂ©e, en primeur, “L’origine du monde”. Entre la source de la Loue, Ă  quelques kilomètres en aval, oĂą s’entrevoit le secret obscur des entrailles de la terre, et ces autres lèvres, peintes, qui articulaient des sons inintelligibles sur les murs de son musĂ©e, Ornans, cette annĂ©e-lĂ , tutoyait le centre de la planète. Lire la suite »