
 A l’occasion de la dernière Ă©mission que Jean Lebrun vient d’animer depuis El Sur avant de prendre la route des festivals et de mettre un terme Ă l’aventure Travaux Publics, il m’est difficile d’Ă©crire quoi que ce soit … l’Ă©motion, sans doute … Alors, comme souvent, lorsque l’Ă©mission a lieu, je suis, chez moi entre la cuisine et le bureau, à ajouter au compte goĂ»te liens ou biblio sur le site de l’Ă©mission … Ce soir,  impossible pour moi d’assister Ă Â cette dernière Ă El Sur, ma petite famille qui vient de s’agrandir avait besoin de ma prĂ©sence Ă la maison, c’est donc avec tendresse que j’ai Ă©coutĂ©, ce dernier rendez-vous argentin et parisien … Difficile d’en Ă©crire plus … Peut-ĂŞtre dans quelques jours … Alors pour marquer le coup, je laisse, avec grand plaisir cet espace “virtuel” Ă Sophie Berger qui vous propose de partager avec elle sa photographie personnelle du lieu … Merci Ă elle …
Au Café El Sur
Des pensĂ©es remontent Ă la surface au rythme des bulles qui se pressent contre la paroi d’un verre de bière argentine. On repense Ă l’article du journal que l’on vient de refermer. En Ă©cho, un autre journal, celui de France Culture. Il est 18h20 au CafĂ© El Sur. De petits paquets de gens par petites tables. Un Ĺ“il sur le boulevard, une gorgĂ©e de bière. On repense Ă ce que l’on pourrait avoir envie de dire sur ce que l’on a lu dans le journal. On saurait de quoi on parle, on a l’expĂ©rience du terrain. Oh, bien sĂ»r, il y a les blogs ou les « post » de nombreux mĂ©dias sur internet, mais il faudrait oser y aller, poser noir sur blanc des mots qui apparaĂ®traient Ă l’Ă©cran… On ferait entendre la fanfare quand on hĂ©site Ă sortir la flĂ»te Ă bec. Alors on sait qu’on va se taire, Ă moins que… Lire la suite »

PrĂ©parant toujours actuellement pour la grille d’Ă©tĂ© de France Culture, plusieurs Ă©missions sur l’histoire des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es amĂ©ricaines, j’ai pris un peu de recul du cĂ´tĂ© de Travaux Publics. Je cède donc volontiers ma place, sur ce Blog Ă d’autres collaborateurs de Jean Lebrun. Toutefois, il y a plusieurs jours, le temps d’une journĂ©e j’ai pu orchestrer pour Jean Lebrun au cĂ´tĂ© de ValĂ©rie Beaumont, Sophie Montagne et Laurent Rousseaux, une Ă©mission rĂ©alisĂ©e dans le Perche. Pour aller plus loin, je cède, cet espace Ă ValĂ©rie Beaumont (photo ci-contre) oĂą elle nous parle justement de Travaux Publics et en particulier de son sĂ©jour dans le Perche pour l’Ă©mission du 28 mai 2008 …
Le Perche par Valérie Beaumont
Le rythme pressĂ© des pas qui martèlent le sol, les talons qui claquent mĂ©tronomiquement, une routine radiophonique Ă maintenir, la mĂŞme chaĂ®ne, inlassablement, l’ascension de l’immeuble, sans sherpa, une fleur de trop dans le tapis et les courses qui dĂ©gringolent jusqu’au premier. Le blasphème n’est pas loin des lèvres. Je vais rater les premières minutes de ce qui sonne le dĂ©but d’un rituel quotidien: le dĂ©bouchage d’une bouteille, l’aiguisage du couteau, l’étalage des ingrĂ©dients nĂ©cessaires Ă la prĂ©paration du repas du soir et l’allumage du poste de radio posĂ©e au-dessus de ma tĂŞte, entre le thĂ© vert, le bol-pamplemousse et la poupĂ©e vaudou des bayous. Lire la suite »
Il y a quelques lustres de cela, alors que le festival prenait une ampleur considĂ©rable, un confrère un brin caustique (Etait-ce dans Technikart ?) avait eu cette formule cinglante : « El SonĂ r, c’est le club Mickey de la hype europĂ©enne ! ». Abordable, sensuelle et sĂ©ductrice, Barcelone contribue certes Ă drainer une foule adulescente, hĂ©doniste et parfois rĂ©gressive, mais ce gigantesque rassemblement dĂ©diĂ© aux « Musiques avancĂ©es » -comprenez, tout ce qui touche Ă l’expĂ©rimentation Ă©lectronique plus ou moins dansante- reste malgrĂ© tout le plus passionnant d’Europe, mariant habilement les grosses pointures du dancefloor avec des curiositĂ©s undergound et des dĂ©couvertes dĂ©coiffantes. Lire la suite »

PrĂ©parant actuellement pour la grille d’Ă©tĂ© de France Culture, plusieurs Ă©missions sur l’histoire des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es amĂ©ricaines, j’ai pris, quelques temps, un peu de recul du cĂ´tĂ© de Travaux Publics. Je cède donc volontiers ma place, sur ce Blog Ă d’autres collaborateurs de Jean Lebrun. Ce soir, un billet signĂ© Sophie Berger (photo ci-contre) qui a eu la charge et l’honneur de prĂ©parer, en peu de jours, l’Ă©mission du 4 juin 2008 sur Yves Saint Laurent …
Yves Saint Laurent et la mémoire de la voix
Faire une Ă©mission en hommage Ă Yves Saint Laurent après la nouvelle de son dĂ©cès semble s’imposer tout en mĂŞme temps que naĂ®t le sentiment que le moment offre l’Ă©cueil de l’Ă©motion et de la canonisation hâtive. Comment en parler sans que la mĂ©lodie ne sonne dĂ©finitivement faux ? Comment assembler quelques notes qui donnent corps Ă celui qui n’a plus vie ? C’est peut-ĂŞtre moins aux proches, aux nombreux hommes et femmes qui s’empressent de parler d’ « Yves » et de jouer la comĂ©die du merveilleux Ă l’imparfait, peut-ĂŞtre moins Ă ceux-lĂ , qu’Ă celui-ci qu’il faudrait donner voix. Celui-ci ?  Peut-ĂŞtre serait-il un peu plus juste d’Ă©couter seulement, le temps d’une Ă©mission, Yves Saint Laurent lui-mĂŞme, dont la voix se dĂ©roule en bobines dans les couloirs de l’INA. Lire la suite »

En attendant, devant la porte du studio de Radio-Canada, la ministre du dĂ©veloppement durable, qui s’en Ă©tait allĂ©e “se dĂ©lier les jambes” quelques
instants, j’avise son attachĂ© de presse. Ce jeune homme gourmĂ© n’est pas
terriblement parlant, comme on dit Ă QuĂ©bec; il me vient nĂ©anmoins Ă l’esprit de l’entreprendre sur l’histoire du site gouvernemental d’oĂą, chaque jour, il envoie communiquĂ© sur communiquĂ© (le lundi notre bilan carbone, le mardi les gaz Ă effet de serre, le mercredi les algues tueuses des lacs …): “Votre immeuble s’appelle Marie Guyard, n’est-ce pas le nom de Marie de l’Incarnation avant sa prise d’habit?” StupĂ©faction de mon nterlocuteur. Il ignore visiblement tout du personnage et, la ministre survenant et rĂ©clamant ses services, je renonce Ă lui raconter l’histoire de cette jeune veuve tourangelle qui, dans les antiques annĂ©es 163O, lâcha tout pour entrer au couvent Ă Tours avant de s’Ă©tablir en Nouvelle France. C’est son fils, Dom Claude Martin, qui nous l’a fait connaĂ®tre: abandonnĂ© sur le carreau et d’abord furieux, manifestant mĂŞme avec quelques camarades au pied de sa clĂ´ture pour la rĂ©cupĂ©rer, il devint moine Ă son tour et passa sa vie entière Ă reconstituer Ă distance l’aventure mystique de sa mère, l’une des plus Ă©tonnantes du Grand Siècle. A quoi bon dire tout cela Ă un garçon d’abord occupĂ© du prĂ©sent, tendu, ou le faisant croire, vers l’avenir et pour qui tout ce qui est ancien est sans doute dĂ©modĂ©?La veille, au crĂ©puscule, j’avais assistĂ© malgrĂ© moi Ă une petite scène fugitive, et qui m’avait touchĂ©. Je passais devant la maison de la CongrĂ©gation Notre-Dame au moment oĂą en sortait, Ă pas pressĂ©s, un couple d’une vingtaine d’annĂ©es. Une religieuse, une vieille tante peut-ĂŞtre, qu’ils avaient dĂ» visiter en coup de vent, tentait de les retenir sur le perron en multipliant sourires et exclamations de reconnaissance mais les jeunes gens couraient dĂ©jĂ vers leur voiture, fuyant la bâtisse austère dont la porte se referma sur leur parente engloutie dans le silence. La scène avait durĂ© quelques secondes, elle suffisait pour montrer que le catholicisme , au QuĂ©bec, ne pouvait plus ĂŞtre entendu. LittĂ©ralement, il ne parlait plus. Lire la suite »

Les secondes Assises du journalisme viennent de s’achever. “Travaux Publics” y a tenu sa petite place, au bar comme de bien entendu et Ă l’heure du cocktail quotidien. Pour rĂ©unir des professionnels d’une profession qui a beaucoup de raisons de s’inquiĂ©ter de son avenir, le lieu, en plein centre de Lille, citĂ© d’affaires internationale, Ă©tait parfaitement choisi. Son nom, d’abord, “Le nouveau siècle” : les journalistes sont des dĂ©vots du nouveau, ils savent d’expĂ©rience comment le rĂ©cit cathodique qu’ils construisent quotidiennement, sĂ©quence après sĂ©quence, Ă©touffe peu Ă peu le rĂ©cit historique sous les fausses Ă©vidences de la modernitĂ©. L’atmosphère de l’endroit n’Ă©tait pas non plus pour surprendre les gens de presse : ils sont dorĂ©navant habituĂ©s Ă se laisser guider par des hĂ´tesses gourmĂ©es, Ă travers un labyrinthe moquettĂ©, jusqu’au pied d’une tribune oĂą s’Ă©changent des discours parfois enflammĂ©s mais qui ne dĂ©clenchent jamais d’incendie : les rĂ©glements de sĂ©curitĂ© font que les plafonds sont ignifugĂ©s. Dans ce sinistre dĂ©cor pour managers, quand il s’est agi de trouver un saint patron Ă l’assemblĂ©e qu’ils tenaient, les professionnels de la profession ont nĂ©anmoins choisi le polonais Richard Kapuscinski. Celui qui ne travaillait jamais en “pool” ni dans les zones rĂ©servĂ©es, celui qui, jusqu’Ă sa disparition rĂ©cente, put se permettre, protĂ©gĂ© par sa rĂ©putation exceptionnelle et aussi son habitude de la pauvretĂ©, de refuser ce Ă quoi ses admirateurs se retrouvent prĂ©cisĂ©ment condamnĂ©s aujourd’hui. Lire la suite »

 Il arrive que des auditeurs nous traitent Ă leur table. A Metz, un beau matin, nous avons mĂŞme eu l’heureuse surprise de dĂ©couvrir que la note de toute l’Ă©quipe avait Ă©tĂ© rĂ©glĂ©e Ă l’avance…
Ici, il s’agit seulement d’un dĂ®ner, dans le logement de fonction d’un principal de collège. L’appartement n’a pas les mĂŞmes charmes que le vieil hĂ´tel de Metz mais se rĂ©vèle, Ă l’usage, tout Ă fait convenable: merci aux collectivitĂ©s locales qui construisent et entretiennent beaucoup mieux que l’Education nationale. J’ai Ă©tĂ© conviĂ© en solo - qui, d’ailleurs, aurait voulu m’accompagner dans cette banlieue assez reculĂ©e? Et, pour l’occasion, le chef d’Ă©tablissement a rĂ©uni toute sa petite famille. Sa couvĂ©e, nourrie, dès le plus jeune âge, comme Ă la becquĂ©e, par France Culture, ne laisse pas de surprendre dans le climat d’aujourd’hui: les deux enfants entendent travailler dans la fonction publique! Et leurs conjoints pareillement. D’entrĂ©e de jeu, ils me servent un acte de foi en l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral: j’aime bien goĂ»ter cela, c’est plus prĂ©cieux qu’un apĂ©ritif.
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Comme chaque annĂ©e Ă la mĂŞme Ă©poque, lorsque les remparts de Saint-Malo sont pris d’assaut par une foule bruissante d’Ă©crivains, d’Ă©diteurs et par un public toujours plus avide de voyages et d’Ă©tonnement, les festivaliers les plus aguerris Ă ce genre de rassemblement auront pris l’utile prĂ©caution d’activer, plusieurs jours ou plusieurs semaines Ă l’avance, la manivelle Ă rĂ©servation, dĂ©sireux d’occuper –entre deux dĂ©bats– les tables-clĂ©s dans les meilleurs restaurants de la rĂ©gion. Olivier Roellinger, l’incontournable capitaine corsaire de la gastronomie cancalaise, prĂ©sent depuis de nombreuses annĂ©es sur le festival, avec les rencontres “Saveurs du Monde”, est bien Ă©videment le chouchou de tous les esthètes de la langue, de ceux maniant aussi bien la plume que la fourchette. Lire la suite »
La question que pose JerĂ´me Bouvier pour ses Assises du journalisme de Lille me trotte dans la tĂŞte depuis quelques nuits. Je suis comme le Capitaine Haddock sur le Ramona, Ă qui on a demandĂ©: “Dormez-vous la barbe sous les draps ou bien au-dessus ?”: j’enverrais bien mon interrogateur par dessus bord. Mais si j’ai appris une chose du mĂ©tier, c’est la bienveillance; je me plie Ă l’exercice. Cependant, l’Ă©vitisme et l’orgueil Ă©tant ma seconde nature, je vais, si vous le permettez, ne parler qu’en mon nom propre. Lire la suite »