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De Besançon et d’autres villes moyennes supĂ©rieures…

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20 avr 2008

Marc Bloch après l’ “Ă©trange dĂ©faite” de 1940: “Ce qui vient d’ĂŞtre vaincu, c’est notre chère petite ville. Ses journĂ©es au rythme trop lent, ses administrations somnolentes, l’oisivetĂ© de ses cafĂ©s de garnison, sespoliticailleries Ă  courte vue, son artisanat de gagne-petit.”  

Depuis, le temps est venu des villes supĂ©rieures. Elles disputent Ă  larĂ©gion parisienne la palme du bonheur de vivre: leur lutte est dĂ©jĂ  gagnĂ©e. Et, entre elles, elles s’arrachent les fonctions mĂ©tropolitaines de demain : lĂ , un âpre combat fait rage qui laisse beaucoup de fières citĂ©s sur lechemin, condamnĂ©es Ă  n’ĂŞtre plus que des agglomĂ©rations moyennes dansl’ombre de plus grandes.  

Soit, dix ans après le constat de Marc Bloch et Ă  l’aube des Trente glorieuses, quatre vieilles capitales d’antiques provinces, oĂą “Travauxpublics” a rĂ©cemment pris ses aises : Rennes, Grenoble, Montpellier,Besançon. De belles villes qui avaient les mĂŞmes raisons d’ĂŞtre fières de leur patrimoine, de leurs grands hommes et de leurs robins, de leurs fonctionnaires et de leurs militaires. Mais quelle diffĂ©rence dans leur dĂ©veloppement Ă  la hauteur de nos annĂ©es 2000, alors qu’elles partaient avec des atouts comparables, qu’elles dĂ©collaient ensemble dans les annĂ©es 5O-60 et qu’elles devenaient toutes cinq d’importants noeuds de communication !  Lire la suite »

La Radio en énigmes

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13 avr 2008

Habib Bourguiba aimait les Ă©nigmes. L’une d’entre elles s’appliquerait fort bien Ă  France-Culture : on sait que les producteurs, soucieux d’ĂŞtre complets et irrĂ©prochables, y voient toujours trop grand quand ils composent leurs Ă©missions. “Si la porte est très Ă©troite et l’armoire très large, que faites-vous?”, demandait le sage de Tunis Ă  ses visiteurs. A cette question, Ă  France Culture, on serait tentĂ© de rĂ©pondre: donnez-moi les moyens de mes lĂ©gitimes ambitions, dĂ©molissez  le mur  qui gĂŞne le passage de mon meuble dont vous savez bien qu’il est indispensable Ă  l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral… “Pas du tout, rĂ©plique depuis l’outre-tombe le vieux malin, songez plutĂ´t Ă  dĂ©monter l’armoire”. Profitable leçon qu’illustrait autrefois, au grand siècle de ma bonne citĂ© malouine, l’armoire du mĂŞme nom: avec ses caissons et ses tiroirs, elle avait grande allure et Ă©tait fort commode mais on pouvait la disposer aussi bien dans une cabine de bateau que dans la plus grande salle d’un manoir puisqu’elle se dĂ©faisait et se reconstituait comme on voulait. Une Ă©mission de radio, c’est tout pareil et mĂŞme mieux: on peut la remonterĂ  l’envers, elle doit encore tenir debout. Lire la suite »

Antony Cointre fait son cirque

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11 avr 2008

Ancien comĂ©dien, Antony Cointre a la voix qui porte, la gouaille Ă©patante des piliers de bar de l’Est parisien et, accessoirement, il a toujours aimĂ© faire le clown. VoilĂ  quelques annĂ©es que l’animal a dĂ©laissĂ© les bistrots canailles de la capitale pour s’installer Ă  DingĂ©, Ă  quelques kilomètres de Rennes, sur la route de Saint-Malo. Depuis l’ancien presbytère oĂą il a Ă©lu domicile, on pourrait presque apercevoir l’imposant château de Combourg, tout proche. Oh, ce n’est pas une fervente passion pour Chateaubriand qui a motivĂ© l’installation d’Antony Cointre dans ce paisible village d’Ille-et-Vilaine. Disons que c’Ă©tait plutĂ´t dans la logique dĂ©ambulatoire de ce cuisinier ambulant, partagĂ© entre l’appel dĂ©chirant des huĂ®tres cancalaises et les implorations Ă©mouvantes des poulets “Coucou de Rennes”… Lire la suite »

Les flashbacks du rétroviseur : Archipel du langage et no man’s land du dialogue

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9 avr 2008

Mardi 26 Février 2008

21 H

Café La belle équipe à la Croix-Rousse à Lyon

Ă€ la recherche de la bonne parole, j’ai trouvĂ© asile en terre orale, entre le classicisme, la novlangue et le vernaculaire, tous les derniers mardis du mois, comĂ©diens endimanchĂ©s, slameurs sans maisons de disques ni subventions de la Drac, paroliers nostalgiques de Brel, crieurs publics, manutentionnaires standards, rentiers en quĂŞte d’adrĂ©naline, fĂ©ministes masochistes en manque de machistes, journalistes pistant de l’islam bisounours ou un estropiĂ© repenti dans la crĂ©ation pour articles tendance, altermondialistes stagiaires ou juniors souvent accompagnĂ©s de politologues en dreadlocks, Ă©tudiants en philosophie et professeurs en moralitĂ©, amoureux de la belle poĂ©sie venu alpaguer l’imposture moderne, rappeurs ayant perdu leur MJC et leurs numĂ©ros de dĂ©partement, soixante-huitards sur leurs Ă©ternels retours perdant en compĂ©tition avec les dĂ©clinologues de banlieue, partageurs d’Histoires et voyageurs en GĂ©ographies, establishment dĂ©complexĂ© et underground convenu… En somme la France, ici rĂ©unie devant une assemblĂ©e de muettes. Lire la suite »

Verdun ou la terre intérieure

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6 avr 2008

En 1916, sur la Voie SacrĂ©e, sans cesse dĂ©chaussĂ©e par le gel, passaient quotidiennement près de 2000 vĂ©hicules, chargĂ©s d’hommes et de matĂ©riels: ils allaient nourrir la Bataille, cette insatiable. Aujourd’hui, celui qui a pris Ă  Paris Est l’unique convoi du matin desservant l’improbable gare “TGVMeuse” l’emprunte Ă  son tour pour rejoindre Verdun mais  Ă  bord d’une navette qui aurait paru bien frĂŞle l’AnnĂ©e terrible. Les autres passagers transitent par Châlons et  se retrouvent dans le petit autorail achetĂ© chez Bombardier par la rĂ©gion Champagne-Ardennes. Suippes, Sainte-Menehould, Les Islettes, Clermont-en Argonne et voici, enfin, le terminus…Verdun, qu’on nommait le coeur de la France, n’en est plus qu’un membre nĂ©gligĂ©, quasi disjoint. Lire la suite »

Vue de Verdun

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6 avr 2008

 

 © © RF/JC.Francis

 

Monument de la victoire © © RF/JC.Francis

 

 © © RF/JC.Francis

Le Centre Mondial de la Paix © © RF/JC.Francis Lire la suite »

Les flashbacks du rétroviseur : Villeurbanne cherche maire et électeurs…

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5 avr 2008

 Mardi 26 Février 2008

10 h 54

Gare de la Part- Dieu

ExpulsĂ© manu militari du TGV par le flow et le flux de la race des commerciaux aux kits mains libres greffĂ©s Ă  mĂŞme l’acouphène et l’attachĂ© case en guise d’appendice de reproduction, sur le quai je continue mes tractations dans la langue de l’administration avec la prĂ©fecture afin d’obtenir la liste des candidats aux municipales de Villeurbanne, avant le second tour, si possible, en français, s’il vous plaĂ®t… Lire la suite »

Bienvenue chez les … ?

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31 mar 2008

 © wikimedia commons

Il y a des Ă©missions dont la raison d’ĂŞtre est loin d’ĂŞtre Ă©vidente mĂŞme pour ceux qui les prĂ©parent. Ni avant, ni pendant, ni mĂŞme après la diffusion. Cette fois c’Ă©tait Ă  Metz. Comme souvent, on n’arrivait pas Ă  trouver le sujet de vendredi. D’autant plus que le vendredi Ă©tait un jour saint et que l’on se prĂ©parait Ă  le passer en terres concordataires, Ă  Metz. Le choix des invitĂ©s un jour fĂ©riĂ©…vous imaginez !

Bref, cinq jours avant l’Ă©mission nous n’avions pas d’Ă©mission. C’est Ă  ce moment prĂ©cis que Jean Lebrun a ouvert « La Semaine de Metz » qui titrait « Bienvenue chez les Mosellans ». Tout un dossier fait Ă  la manière de « Bienvenue chez les Ch’tis ». Voici une idĂ©e de gĂ©nie ! On fera la mĂŞme chose ! Jean Lebrun a lu le dossier, mais pas vu le film. Moi, Ă©tant Ă  Paris, je ne pouvais pas lire « La Semaine», donc je me suis procurĂ© le film de Dany Boon. Lire la suite »

A Reims et Ă  Metz, les socialistes Ă  la barre

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30 mar 2008

Dominique Gros pĂ©nètre, en compagnie de son petit-fils, dans le grand bureau du maire qui est dĂ©sormais le sien. La place de l’Hotel de Ville de Metz a Ă©tĂ© dessinĂ©e par Blondel et on sait le principe de base de cet architecte: les fonctions de l’Ă©difice doivent ĂŞtre visibles; chacun, du dehors, doit en avoir une lecture nette. Jean-Marie Rausch, d’instinct, y avait adhĂ©rĂ©: les Messins, dont il ne cherchait pas Ă  se faire aimer, et qu’il rencontrait peu ou seulement en sortant de son automobile, savaient de quel Ă©tage, et derrière quelles fenĂŞtres violemment Ă©clairĂ©es, il les opĂ©rait Ă  distance. Longtemps, très longtemps, ils s’en Ă©taient trouvĂ©s rassurĂ©s. Mais, craignant que la main du vieux praticien ne finisse par trembler vraiment, ils avaient fini par le congĂ©dier… Ce Vendredi-Saint, tandis que la pluie tombe dehors en averses violentes, Dominique Gros, l’Ă©lu des Rameaux, fait donc visiter son nouveau domaine Ă  son petit-fils. Le lieu est blanc, d’un blanc chirurgical. Partout, des Ă©crans plasma. Le petit-fils passe de l’un Ă  l’autre, s’Ă©merveille. Le grand’père rĂ©pond: “Tu sais, ce n’est pas vraiment mon truc.” Pourtant, l’avantage de tout le bric-Ă -brac informatique dont aimait Ă  s’entourer Jean-Marie Rausch, c’est qu’il permet, d’une part, de piloter avec prĂ©cision le lourd vaisseau d’une municipalitĂ© et, d’autre part, quand il y a mutinerie Ă  bord, de quitter son poste très rapidement. Pas d’archives Ă  dĂ©barrasser, on n’a mĂŞme pas besoin de faire de discours puisque l’imprimante est dĂ©branchĂ©e , on dit juste “bye bye” au personnel qu’on a commandĂ© pendant un tiers de siècle et les disques durs qu’on a emportĂ©s dans la poche de son pardessus, on les glisse, au retour chez soi, dans les ordinateurs de la maison, si on en a encore une… Rausch est parti comme cela! Et le petit-fils de Dominique Gros devrait lui suggĂ©rer de mĂ©diter la leçon. La victoire de Metz, est si fragile… Au premier tour, la moitiĂ© des inscrits s’est abstenue, le total des Ă©lecteurs de Gros n’aurait pas rempli le stade du FC Metz et, au second, que se serait-il passĂ© si une partie de la droite n’avait pas obstinĂ©ment refusĂ© de rejoindre Rausch? J’oserais presque, mais je ne veux pas raviver une plaie jamais cicatrisĂ©e, comparer cette municipale Ă©trange Ă  l’Ă©lection de… Nancy dĂ©crite dans “Lucien Leuwen”: dans un coin, se tient un redoutable manipulateur pour qui importe peu la perte de son camp du moment qu’il continue de tirer les fils; les nancĂ©iens du roman de Stendhal le redoutaient, les messins l’identifieront sous les traits d’un sĂ©nateur qui, infatigablement, dit toujours non: quel que soit l’objet sur lequel il penche sa tĂŞte disproportionnĂ©e, il le complique. Lire la suite »

Metz et Nancy irréconciliables?

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24 mar 2008

Chez Jehanne d’Arc, le cafĂ© si accueillant de SaĂŻd et Maryse, en buvant un schlouk de mirabelle ou un baron de bière, nous avons tentĂ© d’adapter Ă  l’endroit le succès de Dany Boon. “Bienvenue chez les mosellans”, avions-nous titrĂ© l’Ă©mission. Et, ma foi, l’Ă©bauche d’intrigue que nous avons Ă©crite ensemble tenait Ă  peu près debout. Les personnages, en tout cas, Ă©taient rĂ©unis: le journaliste venu d’Auvergne et restĂ© lĂ  pour sa retraite qu’il consacre Ă  rĂ©diger un blog, “Moselle humiliĂ©e”, le juriste distinguĂ© qui fraternisait au comptoir avec la communiste italienne d’Audun-le-Tiche et beaucoup d’autres encore que Christian, le peintre du quartier Saint-Louis, aurait pu portraiturer en marge de notre scĂ©nario collectif. Bien sĂ»r, nous-mĂŞmes, les animateurs de “Travaux publics”, avons Ă©tĂ© moquĂ©s, traitĂ©s de parisiens, incapables de regarder la Moselle autrement que par les fenĂŞtres d’un TGV mais c’Ă©tait de bonne guerre. L’esprit Dany Boon, tel qu’il triomphe actuellement dans tout le pays, affirme qu’on ne peut bien vivre (c’est Ă  dire bien rigoler mais aussi pleurer Ă  l’unisson) qu’entre quatre z’yeux et en mettant l’accent sur le pays et les dialectes. Or le centre, qu’Ă  France-Culture, nous reprĂ©sentons Ă  notre corps dĂ©fendant, c’est le principe de sĂ©rieux et de rĂ©alitĂ©. Il faut donc aller contre, quitte Ă  paraĂ®tre idiot: l’idiotisme peut ĂŞtre un particularisme… Lire la suite »